Patrick White

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Pourquoi il faut voter

Publication: 03/09/2012 22:21

Lors du dernier scrutin provincial en 2008, seulement 57% des électeurs du Québec ont voté. Ce constat est inacceptable dans une société démocratique et informée comme la nôtre.

En ce sens, il est impératif plus que jamais que chacun d'entre nous aille voter mardi afin de faire la différence, peu importe qui sera porté au pouvoir.

Le Québec est à la croisée des chemins après neuf ans de gouvernement libéral : l'endettement approche les 200 milliards $, la population vieillit rapidement et le système de santé est devenu un gouffre sans fond, la société est profondément divisée sur la question des droits de scolarité, l'exploitation des ressources naturelles, etc.

Il faut donc voter mardi. C'est un devoir de citoyen et non un droit. C'est le fondement même de la démocratie. J'estime qu'on devrait dire à ceux qui ne votent pas qu'ils n'ont pas de raison de chialer ou de critiquer le gouvernement; pas le droit de participer aux lignes ouvertes à la radio, pas le droit d'être publié dans les pages Opinions des journaux, etc, etc Voter, c'est assumer son destin, peu importe qui l'emporte mardi soir.

Nos politiciens méritent notre estime. Ce sont des gens qui travaillent six ou sept jours par semaine et font bien des sacrifices pour l'intérêt public.

Les sondages laissent entrevoir un gouvernement du Parti québécois minoritaire ou majoritaire mardi. Mais avec presque 20% d'indécis et un vote stratégique incertain de nombreux souverainistes, anglophones ou libéraux, on pourrait même avoir une grosse surprise mardi soir. Le vote est serré comme jamais. Chaque vote compte. Que ce soit pour le PQ de Pauline Marois, le PLQ de Jean Charest, la CAQ de François Legault, le Québec Solidaire de Amir Khadir et Françoise David ou l'Option nationale de Jean-Martin Aussant.

La campagne électorale n'a pas avivé l'intérêt public, déclenchée durant les vacances d'été. La campagne, comme toutes les autres, a été trop longue, trop négative et a escamoté encore une fois les grands enjeux qui préoccupent les gens : l'éducation, le coût de la vie, l'emploi, la conciliation travail-famille, l'endettement collectif, etc.

Mme Marois a tenté de faire une campagne prudente et sans bruit, à la «ronron petit patapon», mais ça n'a pas fonctionné. Elle s'est embourbée dans les contradictions sur le référendum, la citoyenneté québécoise et la loi 101 au cégep. Elle peut dire merci à la lassitude des citoyens envers le gouvernement libéral de Jean Charest. On doit cependant noter sa résilience quand on pense à la crise que le PQ a vécu l'automne dernier. Elle a gardé le cap.

Jean Charest est mal parti. Il n'est pas clair non plus s'il sera réélu dans la circonscription de Sherbrooke. S'il n'est pas chef de l'opposition officielle mardi soir et que la CAQ ravit ce titre, je ne vois pas comment il pourrait demeurer à la tête du PLQ après presque 15 ans. Jean Charest a mené une campagne de peur sur le référendum (et même sur le Colisée de Québec dimanche), une campagne négative sur le caractère de François Legault («le pas fiable») plutôt que de faire valoir son bilan et ses projets d'avenir (sauf le Plan Nord). L'usure du pouvoir a eu son effet. Jean Charest le mal-aimé n'aura pas pu renverser la vapeur : la population lui reproche à tor ou à raison les apparences de collusion et de corruption de son gouvernement au cours des dernières années.

Pour François Legault, la campagne s'est avérée productive dans la mesure où son message convenait aux attentes d'une grande partie de la population, qui ne veut plus rien savoir du référendum ni des libéraux. M. Legault a martelé son message de façon moins élégante que Mme Marois et M. Charest mais il a contrôlé une grande partie de l'agenda de la campagne électorale en choisissant Jacques Duchesneau, alias M. Net, comme candidat en chef à la lutte contre la corruption. M. Legault a dû lui aussi rajuster le tir à quelques reprises durant la campagne et il n'est pas à une contradiction près. Ancien ardent souverainiste, son parti lui-même comprend des ardents souverainistes et il affirme qu'il ne prendra pas position s'il y a un troisième référendum sur l'indépendance un jour...On verra!

Quant à Québec Solidaire et Option Nationale, ces deux partis montrent bien que le PQ ne répond plus aux attentes des souverainistes mêmes. Québec Solidaire et Option Nationale auront leur place à l'Assemblée nationale, en principe, et leur présence ne fera qu'enrichir le débat démocratique au Québec. Françoise David de Québec Solidaire a apporté un vent de fraîcheur au débat des chefs à Radio-Canada et Télé-Québec et Jean-Martin Aussant a relevé le ton de la campagne avec sa vive intelligence et ses convictions profondes envers la souveraineté du Québec. Il n'est pas si marginal que certains puissent le penser.

Somme toute, malgré le cynisme ambiant et la morosité qui frappent le Québec, nous avons tous et toutes le devoir de voter mardi.

Le sort en est jeté.

Ici au Huffington Post Québec, nous avons accordé une place de choix aux cinq grands partis lors de la campagne, ouvrant nos blogues à toutes les tendances politiques. Notre responsables des blogues Tamy Emma Pepin a sollicité les gens de tous les milieux, politisés ou non, pour tenter de faire la lumière sur tous les grands enjeux. Nos journalistes politiques Caroline d'Astous et Patrick Bellerose ont interviewé les chefs, sauf Pauline Marois et Jean Charest qui ont refusé de nous rencontrer, et brossé le portrait des joueurs des coulisses.

Mardi soir, notre équipe au grand complet sera au poste pour vous donner les résultats électoraux en temps réel ici, globalement, comté par comté et région par région : et pour analyser la soirée électorale en direct.
Notre chef d'orchestre sera Jean-Philippe Cipriani, accompagné de Patrick Bellerose, Caroline d'Astous, Myriam Lefebvre, Catherine Lévesque, Tamy Emma Pepin et moi-même.

Soyez au rendez-vous pour cette soirée historique mardi.

Vive le Québec et vive la démocratie. Allez voter en grand nombre. Votre avenir en dépend.

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  • Pascal Audry

  • Nicolas

  • Renaud Giraldeau

  • Yves Lauzon

  • ON Est-du-Québec

  • Mélissa Racine

  • Mylaine Goulet

  • Emilie D

  • Marianne Garnier

  • Option nationale

  • Mélanie Chagnon

  • Meriol Lehmann

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  • (Crédit photo: Fabian Thauvoye)

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Lors du dernier scrutin provincial en 2008, seulement 57% des électeurs du Québec ont voté. Ce constat est inacceptable dans une société démocratique et informée comme la nôtre. En ce sens, i...
 
 
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Axel Johan Dumoulin
14:10 sur 04/09/2012
Monsieur White, les gens autour de moi ont soif de changement, l'espoir a remplacé le cynisme. Je souhaite que le Québec sera à l'écoute de ses jeunes. Ce sera un message cruel et lourd de conséquences s'il devait en être autrement.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Axel Johan Dumoulin
18:22 sur 04/09/2012
Ce qui cause le cynisme c'est l'impartialité des médias, la concentration des médias avec la horde de chroniqueurs qui influencent l'opinion publique dans le même sens CAQ ou PLQ, les 'faiseurs d'opinions' qui ont remplacé le journalisme, le VRAI et les doutes que l'on peut avoir sur les irrégularités possibles dans les bureaux de vote. Comment se fait-il que l'on nous fait voter avec un crayon à mine.
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Blogueur du Huffington Post
Patrick White
Éditeur et rédacteur en chef du Huffington Post
02:23 sur 05/09/2012
Merci Axel. Ton message est inspirant!
13:11 sur 04/09/2012
J'aimerais aussi vous remercier pour votre bon travail et également pour
l'opportunité que vous offrez aux gens de s'exprimer sur votre tribune.

SDaigno
11:00 sur 04/09/2012
J'y ai beaucoup réfléchi et je ne voterai pas. Ce que vous appelez une démocratie, j'appelle ça une oligarchie aristocratique. Le jour où le financement des partis sera fait intelligemment et que les médias seront indépendant, ce jour là j'irai peut-être voter. Sinon, je considère que les dés sont pipés. En plus, je considère notre système profondément archaïque et vétuste. On fonce droit dans un mur et tout le monde se complais dogmatiquement dans un système dépassé. Franchement, un peu de lucidité ne ferait pas de tort. Vous parlez comme un religieux. Votre discours est aveugle et dénué de toute critique. Avec tout ce qui va mal dans le monde, personne ne remet en question le système ? C'est ridicule. Par contre, quand les canadiens ne font pas une bonne saison, là il est justifier de se poser des questions et de congédier l'entraîneur ! Le problème auquel la planète fait face, ce n'est pas de choisir le meilleur parti, c'est de choisir le meilleur système.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Godefroi
Honni soit qui mal y pense
09:47 sur 04/09/2012
«...malgré le cynisme ambiant et la morosité qui frappent le Québec...»

Si il y avait un sondage probalbiliste non sensationnaliste à ce sujet, vous regretteriez amèrement ces mots. Nous n'en sommes pas tous atteints. Loin de là. Décevant.
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Blogueur du Huffington Post
Patrick White
Éditeur et rédacteur en chef du Huffington Post
14:42 sur 04/09/2012
Oui, Godefroi. Tu as raison. Soyons optimiste pour l'avenir du Québec!
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Reflexion01
Reflexion 101
08:45 sur 04/09/2012
Il est regrettable que ni le PQ, ni QS qui sont à la base des grands mouvements populaires de cette année n'ait été capables de produire un plan économique qui se tienne.
On s'apprête de ce côté à dilapider le "vieux gagné" en largesses sociales, sans se préoccuper de nouvelles rentrés, autres que des taxes et des surtaxes et de l’endettement à long terme...ça fait pitié cette irresponsabilité qui en bout de ligne nuit à ceux qui en ont le plus besoin...eux !
08:25 sur 04/09/2012
J'aimerais ajouter que ceux qui votent pour le mauvais partie n'ont pas nplus plus le droit de chialer après l'avoir élu à deux reprises! Une lucidité à faire pleurer cet humanoïde bipède qui pourrait décider de changer 4 trente sous pour 90 sous en votant pour un partie semblable à celui de Charest!
08:02 sur 04/09/2012
En démocracie, les élections et le vote sont la plus importante et légitime expression de la volonté du peuple.

A part de ça, c'est juste du chialage.
Pas nécessairement inutile mais juste du chialage pareil car on n'entend souvent que les mécontents
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
JeanFrancoisMauger
Blogueur au Huffington Post Québec
23:12 sur 03/09/2012
Merci à vous d'avoir donné la parole à 5 partis et aux indécis... ;-)
Excellente analyse de la campagne, merci aussi pour cela !