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PKP : le vrai travail commence

15/05/2015 11:03 EDT | Actualisé 15/05/2016 05:12 EDT

QUÉBEC - La solide victoire de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti québécois conclut une campagne à la chefferie qui n'a pas trop divisé le parti, mais qui a été trop longue.

Ils étaient six. Ils ont fini trois. Et il n'y aura pas de lune de miel selon moi.

Le vrai travail commence mardi à l'Assemblée nationale pour PKP en tant que chef de l'opposition.

M. Péladeau a prononcé un de ses meilleurs discours vendredi soir depuis le début de la campagne. Un discours rassembleur, avec même un long passage en anglais. La foule était convaincue ici au Centre des congrès. M. Péladeau représente pour beaucoup le sauveur et la seule personne qui peut encore faire l'indépendance du Québec.

Dans son discours vendredi, il a fait appel aux valeurs premières du PQ, avec un accent sur l'importance des jeunes pour gagner, l'importance du français, la détermination, le projet de pays.

M. Péladeau a trois ans pour convaincre qu'il est la bonne personne pour remplacer Philippe Couillard et que le PQ est le bon véhicule pour le changement au Québec.

Et ce n'est pas chose faite. Avec le rejet de la souveraineté par près de 60% de la population et un débat sur l'indépendance qui est complètement sur la glace, PKP devra convaincre, convaincre et convaincre encore bien des gens pour gagner en 2018. Il devra être pédagogue pour les convaincre que la souveraineté est nécessaire au développement du Québec, dans un contexte de mondialisation accélérée.

Pierre Karl devra composer sa nouvelle équipe dès les prochains jours; créer des ponts avec les partisans déçus d'Alexandre Cloutier et Martine Ouellet et aussi créer un dialogue avec Québec Solidaire et Option nationale. Sans l'appui de ces deux partis, je ne vois pas comment le PQ peut gagner l'élection de 2018 et un éventuel référendum sur la souveraineté.

M. Péladeau devra aussi se mettre en mode écoute, peaufiner son personnage, se rapprocher des gens, des médias et de son parti. Nul n'est une île. Et PKP n'y fera pas exception.

La campagne de PKP a connu en effet ses hauts et ses bas. M. Péladeau est demeuré relativement vague sur son programme politique, a fait des déclarations malhabiles, mais il a été clair et passionné sur son désir profond de faire du Québec un pays. Il a entretenu le chaud et le froid avec les médias de la Tribune de la presse du Parlement de Québec. Et il n'a toujours pas réglé le flou artistique qui entoure son statut de propriétaire de Québecor Inc, géant des médias au pays. M. Péladeau a promis vendredi de mettre ses actions de Québecor dans une fiducie sans droit de regard. Est-ce que ce sera assez pour calmer les libéraux et la grogne de certains? Rien n'est moins sûr.

Donnons donc la chance au coureur et attendons de voir les premiers gestes de PKP comme chef du PQ et de l'opposition à l'Assemblée nationale avant de juger. Il nous réserve encore bien des surprises.

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