Patrick White

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Bell Média fera une «concurrence féroce» à Quebecor

Publication: 16/03/2012 14:54

L'achat d'Astral par Bell Média vendredi est d'une logique implacable. Et Bell a promis une «concurrence féroce». Quebecor est dans la mire.

Bell n'avait qu'une faible présence francophone au Québec en télévision (sauf RDS) et passera ainsi de 5% de parts de marché à 32% avec les 24 chaînes de télé spécialisées d'Astral (comme Télétoon, Vrak, etc) contre 35% pour Quebecor. Ce sera désormais un combat à armes égales entre Bell Média et Quebecor.

Côté radio, c'est la même chose : Bell Média devient le propriétaire de 84 stations de radio au pays, dont près de 30 au Québec. Elle devra peut-être en vendre quelques unes pour obtenir le feu vert du CRTC et du Bureau fédéral de la Concurrence, mais ça va passer comme une lettre à la poste.

Par ailleurs, les pertes d'emplois devraient être limitées aux doublons à l'échelle corporative (paie, RH, etc) et on peut même imaginer que Bell va continuer à investir dans son réseau au Québec. Mais il plane un risque du côté des salles de nouvelles radio : Bell entend évidemment optimiser les contenus et le rendement, et certains doublons existent sûrement au sein de ces boîtes. Il y a beaucoup de stations de radio Astral dans les mêmes marchés à Québec et Montréal. Tout ceci sera évalué.

Deux autres enjeux ont émergé également : est-ce que Bell Média va acheter la chaîne généraliste V, qui appartient aux frères Rémillard. George Cope, le pdg de Bell, n'a pas répondu à ma question lors de la conférence de presse, mais la réponse à cette question semble OUI. Selon nos informations, la convocation de presse de Bell pour annoncer l'achat de V a été reportée à la dernière minute la semaine dernière. Ce ne sera donc pas long avant que la transaction se fasse, mais cela était connu depuis longtemps. Bell a besoin d'une chaîne généraliste au Québec et ce sera V. Tôt ou tard.

Le deuxième enjeu : une équipe de hockey de la LNH à Québec. M . Cope, qui possède en partie le Canadien de Montréal et les Maple Leafs de Toronto via BCE, a laissé entrevoir un intérêt envers Québec, sans le dire. Mais il est clair que Bell risque d'être en joueur important pour contrecarrer l'arrivée d'une éventuelle équipe à Québec sous la houlette de Quebecor. Autre petite guerre en vue.

Par ailleurs, M. Cope a laissé entendre que ce sont des stations de radio Astral qui vont éventuellement diffuser les matchs du Canadien, une mauvaise nouvelle pour le groupe Cogeco qui diffuse en ce moment les matchs du CH (98,5 FM entre autres, à Montréal).

Bell Média passe ainsi de 17 000 à 20 000 employés et consolide sa présence au Québec. Bell pourra donc désormais décliner les contenus vidéo et audio d'Astral sur les tablettes électroniques, les téléphones mobile, les téléviseurs et les ordinateurs. Les quatre coins de l'écran, quoi. Et les contenus numériques de Bell/Astral seront non-exclusifs et donc offerts sur les plateformes des concurrents, comme Illico ou Tou.tv.

L'équipe de direction d'Astral, qui a présenté des résultats trimestriels en hausse au cours des 62 derniers trimestres, va donc demeurer en poste et assurer une stabilité. La marque Astral Média va demeurer mais la compagnie Astral, une entreprise familiale, sera intégrée au sein de Bell Média. Ian Greenberg, membre fondateur d'Astral, va aussi devenir membre du C.A. de Bell afin de s'assurer que l'expertise québécoise et le centre de décisions demeure à Montréal. «Je ne pense pas qu'il y aura de mouvements vers Toronto», a dit Ian Greenberg vendredi. On verra bien à l'usage.

L'achat d'Astral par Bell Média vendredi est d'une logique implacable. Et Bell a promis une «concurrence féroce». Quebecor est dans la mire.

Bell n'avait qu'une faible présence francophone au Québec en télévision (sauf RDS) et passera ainsi de 5% de parts de marché à 32% avec les 24 chaînes de télé spécialisées d'Astral (comme Télétoon, Vrak, etc) contre 35% pour Quebecor. Ce sera désormais un combat à armes égales entre Bell Média et Quebecor.

Côté radio, c'est la même chose : Bell Média devient le propriétaire de 84 stations de radio au pays, dont près de 30 au Québec. Elle devra peut-être en vendre quelques unes pour obtenir le feu vert du CRTC et du Bureau fédéral de la Concurrence, mais ça va passer comme une lettre à la poste.

Par ailleurs, les pertes d'emplois devraient être limitées aux doublons à l'échelle corporative (paie, RH, etc) et on peut même imaginer que Bell va continuer à investir dans son réseau au Québec. Mais il plane un risque du côté des salles de nouvelles radio : Bell entend évidemment optimiser les contenus et le rendement, et certains doublons existent sûrement au sein de ces boîtes. Il y a beaucoup de stations de radio Astral dans les mêmes marchés à Québec et Montréal. Tout ceci sera évalué.

 

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