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Cet été, Stephen passe la tondeuse

10/07/2012 09:14 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT
CP

Notre conservateur en chef a choisi la belle saison pour continuer de couper dans notre société et de raser les acquis du passé loin des yeux de son peuple parti faire du pédalo au chalet.

Et hop, un petit coup de trime par-ci, un petit coup de débroussailleuse par-là, une subvention dans le tordeur, un chèque à la déchiqueteuse, des emplois taillés en pièces...

On apprenait il y a peu que le ministre du Patrimoine a retiré les subventions d'un groupe de rap dont il n'aimait pas les chansons, que le ministre de l'Industrie allait couper l'herbe sous le pied des livres numériques avec son projet de loi rétrograde sur le droit d'auteur et que Team Harper a aboli les postes des responsables des arts de la scène à l'Ambassade du Canada à Berlin et au Centre culturel canadien de Paris.

Après l'envoi aux oubliettes des scientifiques, le démembreur du Canada ratiboise à qui mieux mieux la culture, tranche dans l'art, élague, coupe, taille, émonde...

À moins d'être fabricant d'arme, pétroleur ou reine, il ne fait pas bon attendre de l'argent fédéral par les temps qui courent. Surtout quand on organise des manifestations culturelles, qu'on vient en aide aux autochtones, qu'on s'intéresse au sort des femmes dans le monde, qu'on est sensible à l'environnement ou qu'on désire venir au secours du peuple palestinien. Et c'est normal me direz-vous. Si ce n'est pas rentable ou si ça ne correspond pas à l'idéologie conservatrice, il n'y a pas de raison que l'état gère les déficits et que nos impôts épongent les dettes comme d'autres passent la moppe sur les restants d'un party auquel ils n'auraient pas été invités.

Vous ajouterez, avec l'esprit d'à-propos qui vous caractérise et comme vous l'avez entendu à la radio de Québec, que Mister Harper ne fait que faire ce qu'il avait promis de faire avant de le faire. Pourquoi ferions-nous la fine bouche dans ce cas-là? Non mais c'est vrai, quoi. Il voulait remettre de l'ordre dans le désordre, remplacer les steppettes artistiques par des produits populaires efficaces, boucher les trous financiers par des tonnes de sables bitumineux, couper ce qui dérange, tailler dans l'audace, raser l'originalité, faucher la créativité, tondre la planète...

Et l'été est la meilleure saison pour passer la moissonneuse. À l'instar de Jean Charest qui a les deux mains sur le volant et les yeux fermés, Stephen Harper tient fermement la tondeuse pendant que son peuple écoute le gazon qui pousse.

Si le gouvernement fédéral continue à nous tailler à ce rythme, on va tous finir par avoir une coupe Harper avant le début de la prochaine saison télé... Je ne sais pas vous, mais moi, me retrouver avec une coiffe de Playmobil, sur le crâne, je dis : non merci Stéphane, no thank you Stephen!

Sur ce, je vais aller fumer un peu d'herbe, tant qu'il en reste.

Les plus beaux atours de Stephen Harper