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Ouvert le dimanche

30/03/2014 09:52 EDT | Actualisé 30/05/2014 05:12 EDT

Il n'y a pas si longtemps, le dimanche était un jour sacré, un jour de congé, un jour de repos.

Rappelez-vous, si vous avez plus de vingt-cinq ans, le septième jour de la semaine était en effet consacré aux balades dans les parcs, à la sieste sur le canapé, aux visites des musées, aux gueuletons en famille, aux histoires de cultes, à l'oisiveté, à la vacance, à rien.

Les beaux stationnements des centres d'achats étaient vides, les supermarchés étaient fermés, les commerces faisaient relâche, les routes étaient tranquilles, la ville était silencieuse et les gens prenaient le temps parce qu'ils avaient le temps.

Désormais, c'est le progrès, on peut faire ses achats sept jours sur sept, parfois même 24 heures sur 24. La vie est organisée pour qu'à tout moment, chaque citoyen puisse assouvir ce besoin impulsif : acheter.

Plus rien, ou si peu, ne distingue désormais un jour de repos d'un jour de labeur.

Dans les années 70, on nous promettait la société des loisirs, nous avons obtenu la société de consommation. Et nous passons dorénavant nos temps libres à courir les soldes, à faire les courses, à aller au marché, à découper des coupons, à lécher des vitrines, bref, à magasiner à temps plein.

C'est sans doute le résultat de la Révolution tranquille. En rejetant la religion de notre quotidien, on a relégué le jour du Seigneur aux oubliettes. On a remplacé l'Église par Wal-Mart, on a échangé la messe pour les soldes et on a travesti le dimanche en lundi.

Loin de moi l'idée de replonger au temps de la grande noirceur, quand il n'y avait pas de centres d'achats à tous les coins d'autoroute, que Brault et Martineau jouaient encore aux petites autos et que la fermeture dominicale des Reno, Rona et autres Home Depot empêchait les malades du marteau d'exercer leur art à l'heure de la sieste. Mais j'admire les hassidimes du Mile-End qui, le samedi, se promènent à pied et fêtent le Sabbat en ayant l'obligation de ne rien faire.

Ne serait-ce pas raisonnable si nous nous accommodions, nous aussi, de temps en temps un jour de répit?

Pour finir, je m'en voudrais de ne pas conclure par cette définition pertinente extraite du - et ceci est une plogue qui ne se cache même pas - «Petit Lexique du Fric Show»

Consommer: verbe transitif communicatif - de con et de sommer • Litt. : imposer la bêtise. Par ext. : dépenser sans penser. «Toutes ces belles affiches nous incitent joyeusement à consommer.» (Acheteur Anonyme)

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