Pascal Henrard

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OD aux joies sauvages*

Publication: 09/10/2012 08:46

Il ne fait même pas encore vraiment froid. Pas une brise ni même un pet de vent. Le soleil s'attarde sur les terrasses alanguies. Les manteaux Canada Goose attendent le premier coup de gel pour s'envoler des vitrines où ils attendent impatiemment le chaland. Ce n'est pas encore l'hiver. À peine l'automne. Dans le ciel, les oies chantent leur joie alors que dans les salons, ça glousse en douce. À la télé, c'est le retour des grands rendez-vous de téléréalité qu'on regarde l'œil concupiscent (un mot qui n'a jamais aussi bien porté son nom) comme les magazines bon marché qui traînent chez le dentiste ou l'ostéopathe.

La téléréalité a remplacé dans notre petit écran les téléfictions de grand-maman par des téléfrictions peuplées de clones tatoués de Cheap & Danse, heu on me dit que ça s'écrit Chippendales, et de clonettes lisses d'actrices de softporn. Dans ces émissions plus suivies qu'une commission contre la corruption dans le monde politique, les candides candidats en quête de l'idylle idéale sous des projecteurs ultra-puissants aux couleurs de soleil tropical se battent, se bichonnent et se bitchent dans l'espoir de gagner une vie propre et sans histoire dans une maison bien rangée à deux pas d'un centre d'achat. Vous me trouvez cynique? Vous pensez que je me moque? Je déprime.

Vous savez pourtant aussi bien que moi que ce que les candidates triées derrière les volets risquent vraiment de gagner, c'est un emploi d'ouvreuse de valises dans un jeu télévisé alors que les candidats mâles vont finir leur carrière là où il l'avait commencée, mais avec le goût amer des lendemains de veille qui déchantent.

Rien ne ressemble moins à la réalité que ces pâles copies de télénovellas sans scénario.
Libre à vous de vouloir vivre par procuration cette vie de carton-pâte. Moi, je préfère regarder le vol des oies sauvages qui s'en vont dans le Sud sans caméra ni projecteur.

Vous me direz que, même si je l'ai lu avec beaucoup de plaisir, je n'ai pas écouté les sages conseils de Savignac qui écrivait il y a quelques jours: "faut-il encore parler d'Occupation Double? ". Mais que voulez-vous, à chaque automne, c'est la même non-histoire qui se répète. Et je la répète.

* Oui, je sais, ode ne s'écrit pas OD. Mais ça aurait fait un titre beaucoup moins accrocheur.

 

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