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Londres et nos chances de médailles

28/07/2012 09:32 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT
AP

Combien de chances de médailles le Canada a-t-il? Le Canada performera-t-il mieux qu'aux derniers jeux? Les Canadiens sont-ils en forme? Et les Canadiennes sont-elles prêtes? Que fera le Canada au lancement du poids? Et au triple saut? Et à la marche? Et au volleyball de plage (mon préféré)?

Dans les jours qui viennent, nous allons frôler l'overdose canadienne.

Été comme hiver, à chaque jeu c'est le même refrain. Canada par-ci, athlète canadien par-là, chance de médailles canadiennes, tableau comparatif des nations, casquettes rouges et feuilles d'érable. On se croirait en pleine manifestation d'amour avant un référendum. Le 1er juillet ressemble, en comparaison, à une pâle garden party en l'honneur d'Elizabeth Two. Les chaînes de télé ne se peuvent plus, même les journalistes gloussent en rouge.

Imaginez si on mettait autant de fric et d'énergie à promouvoir la culture qu'à diffuser les Jeux olympiques-piques...

Imaginez si on mettait autant de temps et d'argent à présenter l'art à la télé qu'on le fait à nous montrer des femmes avec des corps d'hommes, des hommes en maillots de femme, des coureurs qui courent, des marcheurs qui se déhanchent, des obèses en culottes courtes, des gens en pyjama qui ne se connaissent pas et qui se taponnent sur des tapis, des malades qui lancent des marteaux, des cyclistes avec des cuisses à la place des mollets, des sauteurs en hauteur, en largeur ou à la perche, des gamines aux squelettes élastiques, des boutonneux qui soulèvent des tas de métal,... le monde ne serait plus le même. Plus beau peut-être? Plus ouvert. Plus sensible. Plus émouvant. Plus humain. Sans doute. Différent. C'est certain.

Si les annonceurs, les agences de publicité et les commanditaires consacraient d'aussi faramineux budgets à faire la promotion de la culture qu'à associer leurs logos à des joueurs de splish splash ou des sauteurs de triple axel... le monde ne serait plus le même. Plus authentique peut-être? Plus simple. Plus vrai.

Mais on préfère la course effrénée aux médailles, la fuite en avant, la performance à tout prix, la transformation de l'être vivant en machine à produire des records, la valse des drapeaux et la gigue des hymnes nationaux.

On a beau zapper, éteindre la radio, fermer le journal, débrancher l'ordinateur, se réfugier dans le bois, prendre ses vacances à la mer, ne pas écouter les conversations de bureau, les zozolympiques sont partout.

Si nous avions la fibre culturelle au lieu d'avoir la fièvre olympique, avant chaque bulletin de nouvelles, il y aurait 5 minutes entièrement consacrées à la culture. Toute la journée, des commentateurs enjoués parleraient en direct d'une galerie d'art, d'un musée ou d'une salle de spectacle. Des capsules culturelles avec des portraits d'artistes inconnus commandités par des quincaillers ou des compagnies de savon de vaisselle seraient diffusées pendant les pubs. Et tous les soirs, nous aurions droit au classement des artistes canadiens s'étant le mieux illustrés en peinture, en musique de chambre, en court métrage ou en danse contemporaine...

À une époque où le gouvernement ultra-conservateur et extrêmement-cowboy de Stephen Harper coupe à la tronçonneuse dans les programmes d'aide à la culture comme si c'était de la mauvaise herbe, on peut toujours rêver...

Mais la période des Jeux, c'est aussi une bonne occasion d'éteindre la télé et de profiter des joies de l'été qui vous attendent de l'autre côté de la porte de votre condo climatisé. Prenez une marche ou prenez votre vélo, allez jouer au tennis avec un ami, rejoignez ces équipes improvisées de joueurs de soccer de toutes les nationalités dans un parc près de chez vous, nagez, courrez et faites de vous un héros du dimanche, un athlète anachronique, un espoir de médaille en chocolat.

Vous verrez, on ne s'en porte pas plus mal.


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