Pascal Henrard

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Le temps de l'insouciance

Publication: 29/05/2012 07:41

La promesse d'un printemps qui dure est toujours balayée par la tristesse d'un été trop court. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. Accablé par la lourdeur d'un orage qui plane au-dessus de nos têtes, on en oublie le temps béni des jours légers et des nuits de Champagne. On ne parle même plus de la pluie et du beau temps.

Vous vous rappelez de cet esprit qui nous animait quand nous étions enfants?

L'insouciance des certitudes, des journées remplies de jeux, des matins clairs, des espoirs fous, des rêves insensés et des utopies essentielles. L'insouciance des copains sans questions, des balades sans raisons, d'un monde sans frontières, des soupers sans vaisselle, des nuits sans réveil, des devoirs sans conséquences, des dimanches sans lessive, des balades en vélo sans casque. L'insouciance des jours sans lendemain, des vacances éternelles, de l'amour maternel, des papas les plus forts et les plus courageux du monde, des grands-mamans gâteau, des amours sans déception.

L'insouciance est un droit vital, au même titre que l'air, la nourriture ou la liberté.

L'insouciance est un bien humain aussi précieux qu'un cœur qui bat ou qu'un œil qui voit. Je revendique ce droit. Je l'exige. Je le réclame.

Rendez-nous notre insouciance!

Elle est partie avec le camion de recyclage; elle a reçu un coup de matraque un soir de printemps; elle s'est enlisée dans un banc de sables bitumineux; elle s'est noyée au milieu des algues bleues; elle a sauté dans un puits de gaz de schiste; elle a attrapé la listériose entre la poire et le fromage; elle s'est fait piquer par le virus du Nil; elle a reçu un avion en pleine gueule un matin de septembre; elle s'est fait descendre loin de son pays, dans un désert afghan; elle a attrapé une putain de maladie qui ronge la vie de l'intérieur; elle travaille comme une folle pour payer ses impôts, son hypothèque, sa deuxième auto, son nouveau patio; elle s'est perdue dans les dédales d'un REÉR collectif; elle est restée bloquée sur un pont à l'heure de pointe; elle n'en finit plus de payer sa juste part; elle s'est écrasée devant le poids des responsabilités; elle a pilé sur son orgueil.

Des soirs bien arrosés ou des matins courageux, j'ai des relents d'insouciance. Je ne regarde plus ma montre, je me laisse porter par le hasard des pas, je hume l'air qui flotte, j'ose croire en la beauté du monde et la bonté des gens. Je me perds.

J'ose espérer que s'il y a encore des gens qui dorment, c'est pour rêver. Et j'ose espérer qu'ils ne vivront jamais leur vie les yeux fermés.

Et puis le bruit des casseroles retentit. Comme des cloches qui célèbreraient une déclaration universelle d'insouciance.

 

Suivre Pascal Henrard sur Twitter: www.twitter.com/PascalHenrard

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La promesse d'un printemps qui dure est toujours balayée par la tristesse d'un été trop court. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. Accablé par la lourdeur d'un orage qui plane au-de...
La promesse d'un printemps qui dure est toujours balayée par la tristesse d'un été trop court. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. Accablé par la lourdeur d'un orage qui plane au-de...
 
 
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Date de publication  | 
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21:41 sur 30/05/2012
Superbe texte. Tout comme Neo dans "The Matrix", c'est à se demander si on a bien fait d'avaler la pilule bleue qui nous met en état d'éveil permanent. C'est extrêmement douloureux de se réveiller. De réaliser qu'on a été dupes, naïfs et manipulés. Choisir de rester éveillé relève alors d'un vrai courage. Ce serait si facile de sombrer à nouveau dans l'inconscience. Après tout: "Ignorance is bliss".
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JeanFrancoisMauger
Blogueur au Huffington Post Québec
04:09 sur 01/06/2012
;-) pas d'autre commentaire !
07:59 sur 30/05/2012
C'est rafraîchissant comme commentaire. Le printemps, quand tout est neuf, les feuilles, les fleurs et l'air frais, je me rappelle que lorsque j'étais garçonnet, c'est la sesnsation que j'avais.

On perd notre vie quand on a plus de rêves.
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
02:31 sur 30/05/2012
Bizare, moi qui croyais justement que cette insouciance, mieux, cet infantilisme insitutionnalisé etait la source de tous nos problemes presents et surtout, a venir...
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musael
Ad majorem consciencia
03:54 sur 30/05/2012
Décidément t'as vraiment pas compris ce que représente le Kwisatz Haderach
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07:01 sur 30/05/2012
Pas d'importance. La vrai question c'est: qui peuvent bien être ses 248 fans? S'agit-il d'un problème information.
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07:02 sur 30/05/2012
Évidemment, je dis ceci par jalousie.
22:32 sur 29/05/2012
L'insouciance chez l'adulte porte un nom: l'ANARCHIE. Nous vivons dans une société aisée mais la gauche québécoise veut nous amener vers l'anarchie.

1ère étape: Renverser le gouvernement.
2ème étape : La fin du capitaliste.
3ème étape: N'importe quoi comme système sauf le capitalisme.
4ème étape: l'Anarchie
5ème étape: L'Armée Canadienne et la mise en tutelle par les autres provinces des dix territoires créés suite au démenbrement de l'ancienne province du Québec.
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06:58 sur 30/05/2012
Cool. Je veux vivre dans la zone nunavienne.
21:29 sur 30/05/2012
Décidément vos nuits doivent être peuplées de cauchemards....
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20:44 sur 29/05/2012
L'insouciance de l'enfance est un mythe.
19:06 sur 29/05/2012
Littérature et racourcis idéologiques font souvent bon ménage.
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13:47 sur 29/05/2012
ELLE est disparue par des vastes ensembles économiques perturbés, environnementalismes échoués, politiques en trouble,...mais, il reste des échantillons d'insouciance, et ils se retrouvent, lorsque notre esprit est réduite à un profond sommeil...:-)
10:07 sur 29/05/2012
L’insouciance infantile dure tant que dure l’inquiétude parentale. Le problème, c’est quand l’adulte veut toujours rester un enfant. C’est pour ça qu’on associe souvent l’insouciance à l’irresponsabilité. En fait, comme le disait si bien un dénommé Stanislaw Jerzy (un écrivain polonais du siècle dernier) : « l’insouciance tue… les autres ».
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13:13 sur 29/05/2012
Si l'insouciance tuait vraiment, il ne resterait plus grand monde.

En fait, M.Henrard aimerait bien que l'insouciance de son enfance lui soit parfois rendue mais la vérité (ou de façon plus inexacte «l'information») nous empêche souvent de goûter à l'insouciance.
Donc, son problème, pour reprendre vos termes, c'est plutôt quand l’adulte ne peut plus jamais redevenir un enfant.
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musael
Ad majorem consciencia
04:07 sur 30/05/2012
Je dirais même plus, la désinformation nous empêche d'accéder à notre enfant intérieur. Mais il est toujours là n'attendant que le bruit de quelques casseroles pour s'émerveiller à nouveau. Alors le jeu, l'enchantement du jeu devient à nouveau possible. Tant pis pour les loosers qui manque l'occasion, une si belle occasion. Et quand tout sera redevenu normal, il diront que nous avons rêvé. Mais toutes ces belles émotions que nous avons vécues, elles sont vrai. Ça, toutes les Maunic de ce monde n'y pourront rien. Oui, le monde a changé le temps d'une grève. La semence est jetée, seul le temps nous dira quel fruit en sortira. Les semailles étaient joyeuses. Enfants de la patrie...
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
13:58 sur 29/05/2012
un melange de tout, insouciance, devoir, responsabilite voila un bon cocktail qui a part egale rendrait la vie plus facile...