La promesse d'un printemps qui dure est toujours balayée par la tristesse d'un été trop court. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. Accablé par la lourdeur d'un orage qui plane au-dessus de nos têtes, on en oublie le temps béni des jours légers et des nuits de Champagne. On ne parle même plus de la pluie et du beau temps.
Vous vous rappelez de cet esprit qui nous animait quand nous étions enfants?
L'insouciance des certitudes, des journées remplies de jeux, des matins clairs, des espoirs fous, des rêves insensés et des utopies essentielles. L'insouciance des copains sans questions, des balades sans raisons, d'un monde sans frontières, des soupers sans vaisselle, des nuits sans réveil, des devoirs sans conséquences, des dimanches sans lessive, des balades en vélo sans casque. L'insouciance des jours sans lendemain, des vacances éternelles, de l'amour maternel, des papas les plus forts et les plus courageux du monde, des grands-mamans gâteau, des amours sans déception.
L'insouciance est un droit vital, au même titre que l'air, la nourriture ou la liberté.
L'insouciance est un bien humain aussi précieux qu'un cœur qui bat ou qu'un œil qui voit. Je revendique ce droit. Je l'exige. Je le réclame.
Rendez-nous notre insouciance!
Elle est partie avec le camion de recyclage; elle a reçu un coup de matraque un soir de printemps; elle s'est enlisée dans un banc de sables bitumineux; elle s'est noyée au milieu des algues bleues; elle a sauté dans un puits de gaz de schiste; elle a attrapé la listériose entre la poire et le fromage; elle s'est fait piquer par le virus du Nil; elle a reçu un avion en pleine gueule un matin de septembre; elle s'est fait descendre loin de son pays, dans un désert afghan; elle a attrapé une putain de maladie qui ronge la vie de l'intérieur; elle travaille comme une folle pour payer ses impôts, son hypothèque, sa deuxième auto, son nouveau patio; elle s'est perdue dans les dédales d'un REÉR collectif; elle est restée bloquée sur un pont à l'heure de pointe; elle n'en finit plus de payer sa juste part; elle s'est écrasée devant le poids des responsabilités; elle a pilé sur son orgueil.
Des soirs bien arrosés ou des matins courageux, j'ai des relents d'insouciance. Je ne regarde plus ma montre, je me laisse porter par le hasard des pas, je hume l'air qui flotte, j'ose croire en la beauté du monde et la bonté des gens. Je me perds.
J'ose espérer que s'il y a encore des gens qui dorment, c'est pour rêver. Et j'ose espérer qu'ils ne vivront jamais leur vie les yeux fermés.
Et puis le bruit des casseroles retentit. Comme des cloches qui célèbreraient une déclaration universelle d'insouciance.
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Pascal Henrard: Je vais devenir violent
On perd notre vie quand on a plus de rêves.
1ère étape: Renverser le gouvernement.
2ème étape : La fin du capitaliste.
3ème étape: N'importe quoi comme système sauf le capitalisme.
4ème étape: l'Anarchie
5ème étape: L'Armée Canadienne et la mise en tutelle par les autres provinces des dix territoires créés suite au démenbrement de l'ancienne province du Québec.
En fait, M.Henrard aimerait bien que l'insouciance de son enfance lui soit parfois rendue mais la vérité (ou de façon plus inexacte «l'information») nous empêche souvent de goûter à l'insouciance.
Donc, son problème, pour reprendre vos termes, c'est plutôt quand l’adulte ne peut plus jamais redevenir un enfant.