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Le pouvoir d'achat

30/12/2013 12:38 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

En ces temps de réjouissances, de souhaits de paix dans le monde, d'amour tous azimuts, d'agapes en famille, de bilans de fin d'année et de cadeaux ostentatoires, prenez le temps d'analyser les termes «pouvoir» et «achat», deux mots bien de notre époque.

«Pouvoir d'achat». Certains de nos politiciens encouragés par des batteries de lobbyistes bien intentionnés et leurs amis proches qui écrivent dans une certaine presse n'ont que ces deux gros mots dans la bouche pour rassurer les marchés, apaiser la ménagère et requinquer le consommateur. Moi, quand je les vois (je parle ici des mots «pouvoir d'achat», mais on pourrait dire la même chose des politiciens) j'ai envie de pleurer. Ou de vomir, avant même d'avoir englouti ma tourtière.

Je souhaiterais plutôt qu'on me parle du pouvoir de vivre, du pouvoir d'être heureux, du pouvoir d'être libre, du pouvoir de rire, du pouvoir de rêver, du pouvoir d'aimer, du pouvoir de s'émerveiller,...

Mais non ! C'est l'achat qui a le pouvoir. Il existe même une confrérie entièrement dédiée au pouvoir et au cash, elle s'appelle Power Corporation, mais ça, c'est une autre histoire.

Nous vivons dans une dictature du consommateur et nous ne nous en rendions même plus compte. Depuis quelques temps, heureusement, la «crise» financière nous aura permis d'ouvrir les yeux. Et que voit-on quand on ouvre les yeux, à part l'écran de notre ordinateur? Une annonce pour un sofa - ne payez rien avant plus tard - une super promotion pour un char - recevez en prime assez d'essence pour faire flamber un bunker de Hell's Angels - ou encore une offre incroyable - vous n'en vouliez qu'un on vous en fourre deux de toutes façons vous payez le prix de trois.

Je sens comme une grosse fatigue m'envahir...

Quand l'achat prend le pouvoir, c'est la vie qui perd la raison. Nous sommes tellement obnubilés à l'idée de consommer que nous en oublions de prendre le temps de vivre.

Quand l'économie titube, en Amérique ou en Europe, il suffit d'à peine quelques semaines pour que les gouvernements flambent des milliards afin de renflouer leurs chers (c'est le cas de le dire) banquiers. Vous ne les avez jamais vus prendre de décisions aussi rapides et aussi radicales pour, disons par exemple, sauver l'environnement ou éradiquer la faim dans le monde. A-t-on jamais en effet entendu un consommateur-électeur se plaindre de son «pouvoir d'environnement» ou de son «pouvoir de manger»?

Bon, c'est pas tout, là, mais moi faut que je m'en aille... y a une vente incroyable d'après Noël ce matin. Si le pouvoir d'achat, c'est le seul pouvoir qui me reste, je vais pas me priver pour l'exercer...

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