Pascal Henrard

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Je n'y connais rien, mais...

Publication: 28/03/2012 09:43

Ce matin je lisais dans Le Devoir qu'une magnifique mine de diamants devrait bientôt commencer à être exploitée au Québec. Super, me disais-je en essayant de ne pas renverser mon café colombien sur mon iPad fabriqué en Chine, enfin le sol québécois allait produire les mirobolantes richesses que le premier ministre Charest nous promet depuis si longtemps. Les centaines de millions de dollars que le gouvernement prend dans nos impôts pour aider les corporations comme Stornoway Diamond de Vancouver vont enfin nous rapporter quelque chose.

Oh que nenni!

Les diamants bruts arrachés au sous-sol québécois seront exportés sans aucune transformation ici. Ils iront enrichir les diamantaires d'Anvers, en Belgique, ou d'ailleurs. C'est pas moi qui le dit, c'est Ghislain Poirier, le vice-président aux affaires publiques de Stornoway dans Le Devoir qu'on ne peut pas taxer d'être un mauvais journal.

La Belgique, voilà un petit pays qui a tout compris. Pas de matières premières, mais beaucoup de matière grise. Mine de rien, les cerveaux, c'est de l'énergie renouvelable à l'infini et les idées, c'est une matière précieuse qui ne demande qu'à être exploitée.

Malgré sa dette, malgré sa grande dépendance énergétique, malgré son conflit linguistique récurrent et sa carence politique, ce petit état devrait dégager d'après ce que j'ai lu, un excédent commercial à faire pâlir de jalousie Jean Charest et sa gang du Plan Nord. Plus de 9 milliards et demi de dollars canadiens, si je calcule que l'Euro ne vaut plus grand-chose. En pleine crise! Je n'y connais rien, mais ça mérite un toast à la bière d'abbaye!

Pour expliquer ce dynamisme sans Plan Nord, il faut comprendre que la Belgique produit d'abord et avant tout localement et qu'elle exporte par conséquent beaucoup plus de produits finis qu'elle n'en exporte.

Au Québec, si je comprends bien, on creuse, on vide le sous-sol, on envoie les cailloux ailleurs, là-bas on les transforme et on nous les renvoie ici pour les consommer au prix fort. Je n'y connais rien, mais il me semble qu'il y a des chômeurs québécois qui aimeraient ça les transformer ici.

Par ailleurs, l'économie belge mise sur la connaissance, sur le savoir, sur les technologies de pointe et les entreprises innovatrices. Contrairement à ce que nous laisse croire Jean Charest, la valeur ajoutée ne vient pas quand on creuse le sol, mais quand on se creuse les méninges. En Belgique, il n'y a peut-être pas d'uranium ou de gaz de schiste, mais il y a des idées. Et ça rapporte! Je n'y connais rien, mais si nous mettions plus de moyens sur nos cerveaux que sur nos cailloux, on pourrait peut-être aller plus loin.

Ce que je constate, en lisant, en écoutant, en essayant de comprendre, c'est que les investissements du gouvernement sont un puits sans fond (expression assez paradoxale dans le cas qui nous concerne) où l'argent du contribuable s'engouffre d'un côté pour ressortir de l'autre dans les profits des actionnaires.

Je n'y connais rien, mais le jour où nous serons les actionnaires, il me semble que ça commencera peut-être à devenir juste.

 

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