POLITIQUE

Des compteurs d'eau dans des édifices inexistants ou vendus

«Un manque flagrant de rigueur», dénonce l'opposition

21/08/2017 16:29 EDT | Actualisé 21/08/2017 21:27 EDT
Ville de Montréal

La Ville de Montréal a octroyé lundi un contrat pour installer des compteurs d'eau dans les édifices municipaux, dont certains n'existent plus ou sont en voie d'être vendus. L'opposition dénonce un manque de rigueur dans le Service de l'eau.

Selon le contrat soumis aux élus, l'entreprise choisie devra installer des compteurs d'eau dans environ 400 bâtiments appartenant à la Ville de Montréal. La liste des bâtiments visés comprend notamment la Maison Berri, détruite en 2013 à la suite d'un incendie. On note aussi la présence du Théâtre Snowdon, mis en vente par la Ville l'an dernier.

«C'est comme s'il n'y a jamais eu de scandale des compteurs d'eau à Montréal. Il y a un manque flagrant de rigueur dans ce département», lance Émilie Thuillier, qui brigue la mairie d'Ahuntsic-Cartierville sous la bannière de Projet Montréal.

Le contrat de près de 1 M$ a été octroyé à Cima+, une des firmes d'ingénierie qui a fait l'objet de plusieurs reportages sur des dons illégaux à des partis politiques. La firme s'est d'ailleurs inscrite au Programme de remboursement volontaire (PRV) afin de rembourser les villes qui auraient été facturées trop cher dans le cadre d'un stratagème de collusion. La Ville de Montréal fait partie des victimes de Cima+.

Selon divers médias, les bureaux de CIMA+ ont été perquisitionnés en 2015 par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le cadre d'une enquête sur le scandale des compteurs d'eau.

Rappelons que ce contrat, le plus gros jamais octroyé par la Ville de Montréal, a été l'un des importants dossiers ayant mené à la création de la Commission Charbonneau.

Chantal Rouleau, responsable de l'eau au sein du comité exécutif de la Ville, a été piquée au vif par le commentaire de Mme Thuillier.

«Je déplore énormément l'attitude de Mme Thuillier. C'est comme si elle considère qu'on prend le dossier des compteurs d'eau à la légère», réplique-t-elle.

Selon Mme Rouleau, les erreurs contenues sur la liste ont été corrigées, mais ces corrections n'ont pas été transmises aux élus.

Le responsable de la planification immobilière au comité exécutif, Russell Copeman, affirme que les erreurs ne changeront en rien le contrat. Les honoraires sont calculés sur une base horaire et la liste des immeubles a été dressée à titre informatif pour établir l'envergure du mandat.

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