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Un islamisme rampant, tout près de chez vous...

05/11/2013 11:49 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Vous souvenez-vous de Naïma Atef Amed, cette Égyptienne voilée d'un niqab qui, en 2010, non seulement refusait de l'enlever pendant ses cours de francisation au Cégep Saint-Laurent, mais qui exigeait également que les hommes de sa classe lui tournent le dos pendant ses allocutions ?  

Cette curieuse musulmane, refusant d'obtempérer aux directives de son école, s'était entêtée, lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada le 4 mars 2010, à affirmer qu'elle n'avait pas demandé d'accommodements lors de son cours : « C'est plutôt dans la classe et dans l'école qu'on me demandait beaucoup de choses », devait-elle affirmer. Si le concept d'agresseur-victime vous était jusqu'ici étranger...

Quand des gens refusent le bon sens, des balises s'imposent. Que la personne interpellée en admette ou non la pertinence, elle doit s'y conformer. Or, l'attitude de Naïma s'avérait à ce point butée et intransigeante que la ministre québécoise de l'Immigration de l'époque, Yolande James, dût intervenir, devant le tollé suscité par la nouvelle arrivante, afin de lui interdire l'accès aux cours si elle ne revenait pas à la raison.  

L'attitude de mépris de Naïma envers sa société d'accueil était à ce point flagrante que Gérard Bouchard, ancien coprésident de la commission Bouchard-Taylor, devait même arriver à s'en rendre compte, non sans ajouter avec désinvolture qu'il s'agissait là d'une tempête dans un verre d'eau. « Ce qu'on doit retenir, devait-il préciser, c'est le manque d'assurance des gestionnaires qui ont cru devoir référer cette question au ministère plutôt que de prendre la décision eux-mêmes, alors qu'ils avaient tout pour le faire. »

Tout, vraiment ? En vertu de quelles normes, de quelles lois ? Naïma avait porté sa « cause » à l'attention de la Commission des droits de la personne. Le timide projet de loi 94, qui devait notamment proscrire le port du niqab et de la burqa dans l'espace public allait rester sur la glace tandis que le Parti libéral du Québec priait conjointement Dieu et Allah pour que le dossier des accommodements religieux sombre peu à peu dans l'oubli. Pensée magique et électoraliste, quand tu nous tiens...

Toujours dans le registre de la pensée magique, Gérard Bouchard semblait se comporter comme si les tenants de l'islam radical, avoués ou insidieux, allaient rester de marbre devant l'ampleur du débat soulevé. Voilà qui n'allait pas effacer son image d'universitaire déconnecté des réalités sur le terrain, tandis que les accusations d'atteintes aux symboles religieux surgissaient de toute part. 

Les prémisses d'un débat de société 

Parmi les défenseurs de Naïma, un écrivain, Daood Hamdani, auteur du  livre sur les musulmanes du Canada intitulé In the Footsteps of Canadian Muslim Women 1837-2007, devait déclarer : « Selon la législation qui est envisagée au Québec, les musulmanes seraient forcées de choisir entre le niqab et l'accès aux administrations publiques. Ce projet, connu sous le nom de Projet n° 94 témoigne d'une conception étriquée, fondée sur des stéréotypes, de l'intégration des minorités religieuses. » On retrouve déjà le principal argument des détracteurs actuels de la Charte des valeurs québécoises.

Ne s'arrêtant pas en aussi bon chemin, il concluait ainsi : « La culture est une norme qui évolue, surtout dans une société pluraliste. C'est le mécanisme social qui permet aux membres d'une société - anciens et nouveaux venus - de s'adapter à des situations nouvelles. Il appartient aux États démocratiques ouverts de faciliter cette évolution et non de la dicter au prix d'une restriction des libertés. » Curieuse façon, pour des « anciens et nouveaux venus » de « s'adapter à des situations nouvelles » en imposant des us et coutumes rétrogrades et misogynes, non ?

Voilà qui achevait de poser on ne peut plus clairement, avant même qu'elle ne soit proposée, les positions des opposants à la Charte des valeurs québécoises mises de l'avant trois ans plus tard par le parti québécois. L'inertie du gouvernement précédent sur le sujet, tout en irritant la majorité dite de souche et des régions, avait momentanément tranquillisé les factions intégristes des communautés ethniques concentrées en métropole. Mais l'incident de Naïma n'était qu'un tranquille prélude à la crise bien plus forte qui allait être déclenchée récemment.

Puis vint le PQ...

... Afin de réveiller la bête intégriste religieuse. Devant la montée de lait initiale des maires et aspirants maires de la métropole, l'inquiétude des milieux scolaires montréalais et celle d'associations ethniques, le Parti québécois a dû s'accrocher, soutenu d'abord par un appui populaire fort de 68 %, fluctuant par la suite, et par le soutien non négligeable du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

À travers ce brouhaha, l'exclusion de la députée bloquiste Maria Mourani, officiellement opposée à la Charte, par son chef Daniel Paillé n'avait pas manqué de retenir l'attention des médias, qui avaient présenté l'événement sous l'angle de l'éternelle division des souverainistes. Sur les médias sociaux, ce sont les accointances de Mme Mourani qui ont entraîné des questionnements allant bien au-delà de la personnalité même de l'intéressée.  

Il est maintenant de notoriété publique qu'Angela Merkel, chancelière allemande, David Cameron, premier ministre britannique, comme Nicolas Sarkozy, alors qu'il était président français, ont tour à tour constaté l'échec lamentable dans leur pays respectif du multiculturalisme, celui-là même auquel Pierre Trudeau a ouvert la porte en le consacrant si naïvement avec sa Charte des droits et libertés, presque aussi chère aux islamistes que leur Coran. Son fils Justin, le Sean Lennon de la politique fédérale, suit docilement les traces de son père.

À la lumière de certaines fréquentations de Mme Mourani, il devient nécessaire de s'interroger sur la possibilité de troubles sociaux qui nous guettent si notre gouvernement ne pose pas des limites claires à une mouvance religieuse prosélyte, tout particulièrement, qui préconise la conversion de tout ce qui respire en Amérique du Nord. Il faudra bien davantage qu'une Charte, probablement une réforme de nos politiques d'immigration, mais c'est déjà un début.

Strange bedfellows...

Théorie du complot islamiste sans fondement, pensez-vous ? Dès son assermentation comme députée à Ottawa le 6 mars 2006, Mme Mourani avait invité les représentants de huit pays membres de l'Organisation de la coopération islamique à y assister, leur déclarant: «Je serai à votre écoute.» L'Arabie saoudite et la Turquie, au nombre des pays invités, sont reconnus pour leur désir de promouvoir l'islam radical.  

Le site web Point de Bascule, qui diffuse ces informations, a déjà révélé que l'Arabie saoudite travaillait activement à promouvoir l'islam radical au Canada, par la diffusion de documentation dans les mosquées et les écoles qui vivent sous sa coupe.

La Ligue islamique mondiale (LIM), organisation saoudienne opérant en Amérique du Nord, est d'ailleurs à l'origine de la tentative ratée d'implantation des tribunaux islamiques au Canada. Dès 1991, cette organisation avait convoqué des imams vivant aux États-Unis et au Canada à une réunion ayant pour thème « Élaborer des stratégies pour introduire la charia au Canada et aux États-Unis ». Ces gens ont de la suite dans les idées.

Et ils ne sont pas les seuls. Lors des procès survenus aux États-Unis, en 2007 et 2008, de la Holy Land Foundation, la plus importante organisation de charité islamique aux États-Unis - dont les fonds servaient à financer le terrorisme islamiste - , des documents déposés en preuve démontraient que le Hamas avait développé une importante structure nord-américaine qui n'avait pas que pour but de financer ses activités terroristes, mais aussi de promouvoir l'islam radical en Amérique du Nord. 

Après avoir étourdiment envoyé par courriel à ses collègues députés des liens glorifiant les attentats-suicide et le jihad, puis s'en être excusée, Mme Mourani, précise toujours Point de Bascule, a voyagé en Turquie, en février 2010, aux frais de l'ambassade et du gouvernement turcs, ouvertement solidaire du Hamas.

La députée d'Ahuntsic, en agissant de façon aussi inconsidérée, servait-elle adéquatement les intérêts de ses commettants, ou s'était-elle assujettie à un lobby dont les valeurs antidémocratiques, violentes et sexistes heurtent de plein fouet - parfois au sens propre - les nôtres ?  Nul doute que le chef du Bloc québécois a bien fait de l'expulser de son caucus.

Pour la charia...

On pouvait apprendre le 14 septembre dernier dans Le Journal de Montréal, sous la plume de Richard Martineau, que, parmi les présumés défenseurs de libertés individuelles islamistes qui préparaient leur première manifestation monstre contre la Charte des valeurs québécoise, on retrouvait, en plus d'Adil Charkaoui, jadis soupçonné de terrorisme, un étrange individu ayant pour nom Salam Elmenyawi.

Qui est donc ce sympathique personnage ? Tout simplement le président du Conseil musulman de Montréal, regroupant une quarantaine de mosquées et d'organismes musulmans qui, en 2004, avait fait pression sur le gouvernement du Québec afin de le persuader d'autoriser les tribunaux islamiques dans notre belle province, tout simplement.  

Martineau citait un article du Devoir en date du 11 décembre, relatant les positions de l'individu :

« Cette cour religieuse porterait le nom de Conseil de la charia, indique Salam Elmenyawi (...) Tout ce qu'on veut, c'est un accord pour que les musulmans aient une instance officielle pour s'assurer qu'ils gèrent leur vie selon les préceptes de leur religion. Si Québec refuse, nous devrons nous-mêmes donner la crédibilité au Conseil de la charia... » 

Bref, accord de Québec ou pas, on en fera à notre tête...

Naïma et son entêtement représentent peu de chose en comparaison d'un islamisme rampant de plus en plus structuré et « articulé » sévissant non seulement au Québec mais aussi en Amérique du Nord. S'il est un fait important que la crise entourant la charte du PQ révèle de plus en plus, c'est l'étendue du phénomène et l'identification des organisations et des individus fanatisés qui servent la « cause » de l'islam politique. Pour reprendre un calembour plus que jamais d'actualité, nous ne sommes pas sortis de la mosquée...

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