Olivier Grondin

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Vive le sens des priorités!

Publication: 30/04/2012 16:22

Douze semaines. Douze semaines de grève, douze semaines de mobilisation, de manifestation. Douze semaines pendant lesquelles nous avons vu des universités se déguiser en zone de guerre, douze semaines durant lesquelles les plus hautes institutions du savoir, où le pouvoir des idées devrait régner sans partage, ont été tachées du sang coulant d'oeil éborgné et de têtes matraquées.

Douze semaines et près de 1200 arrestations. Pas moins de 100 arrestations à teneur politiques pour chaque semaine de grève. Douze semaines et plus du tiers des étudiants du Québec ne se présente pas à leurs cours. La quasi-totalité des associations étudiantes a pris des positions qui dénoncent la hausse des frais de scolarité.

Douze semaines, ça ressemble à trop longtemps.

Trop longtemps que les étudiants hurlent dans la rue pendant que le gouvernement blague dans ses congrès. Trop longtemps que les observateurs craignent qu'il y ait des morts. Trop longtemps que le gouvernement et les étudiants ne se parlent pas.

Les échos de la rue se font plus bruyants que jamais. Toutes les nuits, le centre-ville de Montréal est innondé par une marée de manifestants et les étudiants ne se démotivent pas. Les yeux de par le monde se tournent peu à peu vers notre petit coin du nord de l'Amérique et se demandent ce qui se passe dans ce Québec parfumé à l'air du mouvement.

Pourtant, André Pratte dit qu'il ne se passe rien, ou presque rien. Il ne se passe tellement rien qu'il faut nous le rappeler souvent, ce rien. Le monde nous observe, nous juge, il y en a même de par le monde qui s'inquiète. La crise étudiante ressemble de plus en plus à une crise sociale et que faisons-nous?

On parle de sémantique. Caliss! (Ben oui, je me permets un sacre, j'en suis rendu là...)

Est-ce un boycottage? Qu'elle est la différence entre se dissocier et condamner? La désobéissance civile est-elle de la violence? Que veut dire «juste part»? Les étudiants sont-ils des clients ou des travailleurs?

J'avoue, ce sont des questions plus que pertinentes. Elles méritent d'être débattues et réfléchies et elles sont essentielles à la construction d'une vision à long terme d'un état. C'est juste que là, j'ai une impression de mauvais «timing».

Mon grand-père avait pour son dire: «Quand le feu pogne dans maison, peu importe qu'il aille commencer dans la cuisine ou ben non dans le salon, tu l'éteins.»

En ce moment, que les étudiants soient violents ou non, qu'ils boycottent ou qu'ils grèvent, on s'en fout. Ce qui est important, c'est qu'en ce moment, le point de rupture est bientôt atteint. Bientôt, des sessions devront être annulées, bientôt, les esprits vont s'échauffer, bientôt, les impacts économiques vont s'aggraver. Bientôt, il sera trop tard.

D'ici trop peu de temps, nous regarderons les derniers mois et nous nous demanderons comment en sommes-nous arrivés là et surtout pourquoi? Parce que toi tu aimes bien le Larousse et lui le Robert? Parce que toi, tu aimes Gandhi, lui tripe plus Che et l'autre adore Socrate?

Vous vous rappelez la guerre des tuques? Il y a des films comme ça qu'on ne réécoute pas assez. Parce que vous savez, même si j'aime les animaux, c'est pas un chien qui va finir par être tué, c'est un humain. Un humain qui, comme toi, moi pis lui, sourit, mange et rêve. La journée où ça va arriver, ce n'est pas les black-blocs qu'il faudra pointer, pas plus que les policiers. La journée où ça va arriver, c'est tous ensemble qu'on va devoir se regarder et se dire qu'il aurait peut-être fallu dialoguer.

C'est tous ensemble, drapés dans le deuil de notre entêtement collectif, qu'on n'aura plus le choix de regarder vers celui qui nous gouverne pour lui dire «La hausse, la hausse, c'est pas une raison pour se faire mal.».

P.S :Pour ceux qui se demandent, mon grand-père, il s'appelle sens commun, il est mort il y à presque douze semaines.

 
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Douze semaines. Douze semaines de grève, douze semaines de mobilisation, de manifestation. Douze semaines pendant lesquelles nous avons vu des universités se déguiser en zone de guerre, douze sema...
 
 
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11:39 sur 01/05/2012
Le monde jase sémentique, pis probablement que la majorité des québécois ne savent même pas ce que ce mot veut dire!!!!
09:33 sur 01/05/2012
Je suis moi aussi abasourdis par le temps passé à discuter de sémentique. Ce sont en effets des questions importantes dont il faut discuter longuement j'en convient. Cependant, le conflit n'est pas la.

Au travers de ces douze dernières semaines j'ai cherché sans cesse et jamais je n'ai découvert à quoi allait bien pouvoir servir l'argen de cette hausse.

Les universités québécoises se portent bien pour le nombre d'étudiant, la quantité de publication, dans diverses méthodes de classement mondiaux, etc. Les employeurs considérent les diplômés québécois comme de bon travailleurs et ne préférent pas en engager provenant de d'autres pays ou provinces.

Face à se constat, le maigre revenu supplémentaire de la hausse des frais de scolarité fait-il un sens ? Je ne crois pas. Commencons par faire notre devoir de contribuable et demander à quoi sert notre argent et pourquoi il y a un besoin d'investissements supplémentaires dans un entreprise qui au final, marche bien.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
AndreLegare
Carpe diem
23:57 sur 30/04/2012
Globalement la violence n'a activée qu'une chose, la perte de soutient de la population et, par le fait même retarder toute négociation possible.

Même si cela parait difficile voir même impossible, il faudra bien envisager la seule option qui reste soit le dialogue.

Les vrais grèves gagnantes sont rares.

Parlez vous barnacle...
21:15 sur 30/04/2012
Ce sont les étudiants en boycotte qui non pas de sens commun. Leur solution refiler la facture à d'autre. Sorter de votre bulle ce boycotte est de plus en plus redicule
00:47 sur 02/05/2012
Un peu de recul s'il-vous-plaît. Ils se refilent la facture à eux-même plus tard. Ils font la grève, ce qui implique des sacrifices personnelles (et non des vacances selon certains huluberlus qui ne connaissent absolument rien de la vie universitaire) pour les cohortes suivantes. Alors je crois qu'ils ont pas mal plus de sens commun que la moyenne québécoise.

Ils nous prouvent qu'on peut être autre chose que des "cyniques végétatifs".
20:54 sur 30/04/2012
ULTIME reprise d'une phrase culte!
Bravo!
19:10 sur 30/04/2012
Il aurait fallu que les étudiants qui ont voté un boycott l'aient «le sens des priorités». Aller dans la rue pour une augmentation plus que justifiée n'était pas opportun. En plus, ils se sont fait endoctrinés par une machine qui cherche à casser les gouvernements, soit la CLASSÉ.

Vous avez raison, le point de rupture sera atteint très bientôt et j'espère que ces étudiants récolteront ce qu'ils ont semé : une session perdue, une job d'été à l'eau sans compter qu'ils devront, de toute manière, la payer l'augmentation; ce que la CLASSÉ avait omis de dire au début et qui se réalisera sous peu. Pour vous citer : Caliss, ils auraient «donc dû y penser avant». La majorité des étudiants en province, soit les deux tiers, sortiront avec leurs notes et diplômes alors que la grande majorité des étudiants de Montréal en seront privés, demandez-vous ou est le problème...
07:15 sur 01/05/2012
Votre mauvaise foi et votre incapacité à comprendre le sens du texte sont déplorables.
16:45 sur 08/05/2012
Le gros probleme c'est que petit a petit, a force de proteger les jeunes des consequences de leur choix, ils en oublient que leur choix ont des consequences. Si le gouvernement cede, il peut s'attendre a avoir des greves a repetitions. Si il ne cede pas, les momes vont comprendre et on ne les y reprendront pas.