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Netanyahou supplie la Russie de rompre son alliance avec Téhéran…

Quand l'État hébreu doit vite faire face à la terrible réalité. Le rôle qu'il tiendra au Proche-Orient évoluera comme une peau de chagrin.

12/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 15/09/2017 13:10 EDT
Ronen Zvulun / Reuters
Dans ce contexte, la Syrie sera plus que jamais encline à affronter Israël sur le front du Golan pour récupérer le territoire conquis en 1967.

L'armée de Bachar El-Assad a accusé l'État hébreu d'avoir mené le 7 septembre 2017 des frappes aériennes contre une infrastructure militaire.

Le site pris pour cible au nord de la localité de Mesyaf, serait utilisé par Téhéran et le Hezbollah chiites, deux proches alliés du régime syrien, mais ennemis jurés d'Israël.

Pour l'heure, si l'État hébreu n'a fait encore fendu d'une communication officielle sur ces frappes aériennes, le ministre de la Défense d'Israël Avigdor Lieberman a lancé un avertissement à peine voilé à la Syrie et à l'Iran. Pour autant, ce denier a bel et bien valeur d'un ultimatum.

«Nous sommes déterminés à empêcher nos ennemis de porter atteinte, ou même de créer une occasion pour porter atteinte, à la sécurité des citoyens d'Israël.»

«Nous ferons tout pour empêcher l'existence d'un corridor chiite de Téhéran à Damas»

«Nous ferons tout pour empêcher l'existence d'un corridor chiite de Téhéran à Damas», a martelé Lieberman.

Or Israël accuse Téhéran de transférer des armements sophistiqués au Hezbollah qui aide militairement le régime syrien, et s'inquiète aussi du renforcement de la présence iranienne à sa porte.

Dans la même veine, le chef des services de renseignements militaires israélien, le général Herzl Halevi, a lui aussi mis en garde l'Iran: «Les graves menaces contre la sécurité d'Israël sont représentées par des organisations armées dont la plupart sont financées et soutenues par l'Iran».

«Nous gérons ces menaces, proches et lointaines, avec détermination et nos ennemis connaissent très bien la combinaison de nos moyens de renseignement précis et nos capacités opérationnelles», a-t-il prévenu.

On soulignera volontiers que le raid israélien survient moins de deux mois après que Moscou et Washington, allié traditionnel d'Israël, ont parrainé un accord de cessez-le-feu dans le Sud syrien, sans prendre somme toute, les inquiétudes israéliennes en considération. Or Téhéran et les forces qu'il soutient, comme le Hezbollah, représentent des partenaires essentiels dans le conflit qui fait rage en Syrie.

Par ailleurs au courant du mois d'août 2017, Benjamin Netanyahou s'est même rendu à Sotchi, en Russie, en désespoir de cause, pour y rencontrer Vladimir Poutine et lui supplier de rompre ses liens très ténus avec Téhéran. Mais la mission on s'en doute était vouée à l'échec...

Quand l'État hébreu doit vite faire face à la terrible réalité. Le rôle qu'il tiendra au Proche-Orient évoluera comme une peau de chagrin.

De fait, les marges de manoeuvre stratégiques pour Israël au Nord avec la Syrie s'annoncent de plus en plus étroites.

Qu'on y songe, la victoire de Bachar paraît inéluctable et cette dernière contribuera assurément à unifier tout à la fois le régime et la cohésion territoriale de la Syrie.

Et Israël doit faire face à l'Iran et au Hezbollah triomphants. Étant entendu que ces derniers sont prêts à l'affronter au Liban comme en Syrie.

Dans ce contexte, il va sans dire que l'espoir visant à créer une zone tampon séparant la Syrie du Golan semble s'éloigner à grands pas. Dans ce contexte, la Syrie sera plus que jamais encline à affronter Israël sur le front du Golan pour récupérer le territoire conquis en 1967.