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Trois moyens simples pour améliorer l'exercice de la démocratie au Québec

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Dernièrement, j'ai été étonné d'entendre que la démocratie québécoise se portait mal. Pourtant, lorsque je porte attention aux récents taux de participation aux élections générales, j'en conclus tout le contraire! En effet, en 2012, 74,6% des Québécois habilités à voter se sont rendus à l'urne. En 2014, 71,4% l'ont fait, et ce, même s'ils y étaient allés à peine 18 mois plus tôt. Chez les « jeunes », qui d'ordinaire votent moins, 62% ont exercé leur droit de vote en 2012 et plusieurs analystes leur accordent l'élection du gouvernement libéral le 7 avril dernier. Parallèlement à ces chiffres, les États-Unis ont un taux de participation d'environ 64% lors d'élections présidentielles.

Dans le reste du pays, Jeffrey Simpson, du Globe and Mail nous rappelait en avril dernier que 54% des Albertains ont voté en 2012, que 55% des Britanno-Colombiens l'ont fait en 2013 et qu'était aussi bas que 49% pour l'Ontario en 2011. Dans notre histoire récente, notre pire taux de participation au Québec se situait à 57% en 2008. Les Québécois votent donc plus que dans le reste du pays, il faut en être fiers.

Évidemment, on peut toujours faire mieux. Comment améliore-t-on la performance du Québec? La réponse est toujours la même, c'est l'éducation. Il faut, dès le plus jeune âge, impliquer les élèves au processus démocratique. Il faut expliquer le modèle parlementaire, enseigner en quoi c'est important voter, connaître l'impact du vote, et finalement, comprendre le fonctionnement de notre système démocratique et ses composantes. Par exemple, un jeune qui connaît la date et le lieu du vote, mais qui n'arrive pas à différencier sur le fond les plateformes des différents partis ou qui ne comprend pas l'impact de déposer son bulletin dans la boîte, ne sera pas tenté d'aller voter. Pour voter, il faut être informé et, lorsqu'on parle de démocratie, on ne parle pas uniquement du vote ou des débats à l'Assemblée nationale. En effet, les médias ont un rôle à jouer. Un rôle crucial même!

On assiste présentement à une multiplication de blogueurs, de critiques, de commentateurs. C'est bien, c'est à encourager même! Plus il y a de gens qui débattent et commentent l'actualité, plus elle peut rejoindre la population. Toutefois, s'il est bien d'échanger des idées et il est également important d'avoir accès une information ayant été traitée avec rigueur journalistique. Ainsi, le statut de journaliste devrait être régi par un ordre professionnel. Ce rôle de journaliste est primordial dans une démocratie saine. On espère qu'un journaliste n'a pas « d'agenda politique » et qu'il rapporte la nouvelle telle qu'elle est. On s'attend d'un chroniqueur à une analyse juste de la nouvelle, et d'un blogueur à un commentaire informé. Pour combattre le cynisme, qui peut expliquer un taux de participation plus faible, il est nécessaire d'avoir une information de qualité et non pas une information qui fera seulement augmenter les cotes d'écoute.

Comment améliorer la démocratie au Québec? Par trois moyens simples: éduquer les gens à la citoyenneté, leur donner le goût de voter, mais, surtout, leur donner une information de qualité.

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