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Le transgendérisme: une hypothèse non-fondée scientifiquement

22/07/2016 08:27 EDT | Actualisé 22/07/2016 11:54 EDT

Justin Trudeau a une fois de plus montré son progressisme en promettant de protéger les personnes transgenres des discours haineux à l'aide d'un nouveau projet de loi. Cela correspond à une étape de plus dans la création de l'identité de genre comme une réalité juridique, psychologique, et morale. Cependant, les neurosciences n'ont pas pu concrétiser l'hypothèse que les personnes transgenres sont des femmes dans des corps d'hommes, et vice versa. L'émergence de l'identité de genre comme réalité justifie des opérations chirurgicales irréversibles, et un traitement hormonal tout aussi risqué, et ce trop souvent chez des personnes mineures bien jeunes pour avoir de tels jugements. Même chez les plus âgés, les changements hormonaux peuvent amener des troubles physiques et émotionnels sérieux. Bref, quoique les neurosciences n'aient pas pu prouver l'hypothèse que les transgenres ont un cerveau de l'autre sexe, cette hypothèse continue de légitimer des lois et des procédés médicaux téméraires.

Les chercheurs ont montré que les transgenres ont un cerveau correspondant à leur sexe et non à leur genre (1, 2, 3). Certes, certains articles ont trouvé une petite différence, et ça a encouragé certains à croire que - wow - on avait découvert la zone de l'identité de genre! Le sexe était auparavant défini par des critères biologiques : le type de caractères sexuels primaires et secondaires, et un cerveau différencié selon le sexe. Soudainement, selon certains, l'identité sexuelle serait simplement définie par une seule région d'un minuscule noyau, d'un côté du cerveau, démontrant une masculinisation partielle, identifiée sur un groupe de huit personnes transgenres.

Puisqu'il y a des centaines de mesures qu'on peut comparer dans le cerveau, il n'est pas étonnant qu'il y en ait au moins une qui diffère en moyenne. De plus, les différences trouvées divergent dans chaque étude! Il serait donc précoce de conclure quoi que ce soit à propos d'une étude. Un des articles mentionnés dit justement qu'il serait « très spéculatif » d'affirmer que la réponse se trouve dans la petite différence trouvée. Que cette différence soit causalement liée à l'identité de genre, si on suppose qu'une telle chose existe et se voit, est une spéculation. Ce pourrait être la zone de n'importe quel autre trait qui diffère entre les sexes. Ou une différence qui ne signifie rien du tout. Pourtant, ceux qui cherchent à justifier leurs croyances y voient un signe non ambigu leur donnant raison. Ça ne veut pas dire qu'on ne trouvera jamais rien, mais pour l'instant, après des décennies de recherche, on a seulement établi que le cerveau des transgenres correspond à leur sexe, tout le reste n'étant que pure spéculation. Ce qui n'est pas spéculatif, ce sont les effets néfastes des traitements hormonaux.

Les personnes transgenres disent se sentir comme l'autre sexe. C'est intrigant. Comment peut-on savoir comment les autres se sentent? Je n'ai personnellement aucune idée comment les autres hommes se sentent. En plus, même si les chercheurs avaient trouvé que les transgenres ont un cerveau de l'autre sexe, il serait quand même spéculatif de dire qu'on se sent comme l'autre sexe. Les hommes et les femmes ont des gonades qui produisent différentes hormones sexuelles qui influencent la cognition, l'humeur, et même l'anatomie du cerveau (4). Je n'ai personnellement aucune idée comment on se sent avec des niveaux d'œstrogène si hauts et variables. Personne ne sait comment se sent quelqu'un qui a une autre personnalité ou une autre structure cérébrale. Il est impossible de ne pas faire de parallèle avec ceux qui s'identifient à une autre ethnicité ou espèce animale. Je n'ai aucun doute que les transgenres se croient eux-mêmes, mais sur quoi est basée cette croyance?

L'être humain a une aptitude inouïe à ressentir de l'anxiété, ce qui le pousse à en chercher les raisons. Cependant, il n'a pas la même facilité à déterminer la cause de sa détresse (5). En effet, les personnes transgenres ont des niveaux extrêmement élevés de troubles psychiatriques (6) et d'autres difficultés, comme une enfance troublée (7). On nous dira que c'est parce qu'ils sont transgenres ou stigmatisés, mais personne n'a établi qu'être transgenre représente quelque réalité. Le traitement non plus n'améliore pas tout leur état. On pourrait dire « Bah pourquoi pas, si ça les aide », mais ce serait un mensonge. Les personnes avec des niveaux d'estrogène élevés, comme celles avec le trouble de personnalité borderline, ont des humeurs extrêmement volatiles. Donc ce n'est pas une idée brillante de donner de l'estrogène à des gens qui souffrent déjà de troubles psychiatriques. Le taux de tentative de suicide après le traitement est de 32 % (8) à 41 % (9). Dans une autre étude, le taux de suicide après le traitement serait 19 fois supérieur à celui du reste de la population (10). Selon un article récent publié dans la Revue internationale de psychiatrie, l'étude la plus rigoureuse a montré que la situation des transgenres empire après leur traitement plutôt qu'elle ne s'améliore (11). Beaucoup d'études ayant trouvé une amélioration présentent de sérieux problèmes méthodologiques, comme cette étude sur des transgenres danois qui a perdu 10 % de son groupe à cause de décès, à un âge moyen de 53 ans (12). Inquiétant.

À travers les époques, les attributions ont été diverses pour expliquer l'anxiété. Après la publication du livre Sybil en 1973, tout comme la protagoniste, de nombreuses femmes ont déclaré avoir développé de multiples personnalités. De nombreux psychologues ont alors utilisé l'hypnotisme pour récupérer des mémoires refoulées d'abus sexuel. Les cas passèrent de 200, avant la publication, à 1,5 % de la population américaine en 2013, donc quelques millions. Le nombre moyen de personnalités rapportées passa de 2 à 13 en l'espace d'une décennie. Similairement, les personnes souffrant d'anorexie sont convaincues que leur détresse est causée par leur obésité, même s'ils sont par définition en deçà d'un poids adéquat. L'explication de leur détresse n'est donc pas basée sur une observation juste.

Bref, historiquement, il y a eu une myriade d'explications pour la détresse des hommes et des femmes qui n'ont pas été supportées par des données objectives. Les gens ont très peu de perspicacité à comprendre les origines de leurs comportements. Ils sont aussi influençables par les suggestions des professionnels. Dans une étude classique, des chercheurs ont modifié des photos et ont convaincu les participants qu'elles avaient été prises dans leur jeunesse. La moitié des participants a spontanément raconté des souvenirs complètement inventés à propos de cette photo, en y croyant eux-mêmes (13). Donc le fait que les personnes transgenres se croient de l'autre sexe ne signifie pas qu'elles ont raison.

Il pourrait aussi y avoir d'autres motifs pour être transgenre, à part une anxiété mal interprétée. Certains hommes ressentent une excitation sexuelle à se voir en tant que femme (14) et se transforment donc en femme. Même ceux qui s'opposent le plus à cette théorie concèdent que c'est vrai dans certains cas (15). Donc, se sentir « bien » lorsqu'on personnifie une femme ne signifie pas nécessairement qu'on est une femme.

En conclusion, peu m'importe comment les gens s'identifient, la légitimation du phénomène mène à des solutions dangereuses et simplement fausses. Si une fille anorexique se pense obèse, on ne lui suggère pas des substances pour lui faire perdre du poids. Avant de faire du transgendérisme une réalité juridique, comme le suggère Justin Trudeau, ou de traiter des gens avec des hormones ayant de nombreux effets néfastes, on est en droit de se questionner sur l'objectivité du phénomène. Je souhaite aux transgenres tout le bonheur du monde, mais je pense aussi aux milliers de personnes ayant des troubles psychiatriques qui seront encouragées à prendre des hormones présentant un danger pour leur santé physique et psychologique. Après tout, c'est le rôle de la science de tester des hypothèses potentiellement dangereuses.

Références

1. Hoekzema, E., Schagen, S. E., Kreukels, B. P., Veltman, D. J., Cohen-Kettenis, P. T., Delemarre-van de Waal, H., & Bakker, J. (2015). Regional volumes and spatial volumetric distribution of gray matter in the gender dysphoric brain. Psychoneuroendocrinology, 55, 59-71.

2. Savic, I., & Arver, S. (2011). Sex dimorphism of the brain in male-to-female transsexuals. Cerebral Cortex, 21(11), 2525-2533.

3. Luders, E., Sánchez, F. J., Gaser, C., Toga, A. W., Narr, K. L., Hamilton, L. S., & Vilain, E. (2009). Regional gray matter variation in male-to-female transsexualism. Neuroimage, 46(4), 904-907.

4. Zubiaurre-Elorza, L., Junque, C., Gómez-Gil, E., & Guillamon, A. (2014). Effects of cross-sex hormone treatment on cortical thickness in transsexual individuals. The Journal of Sexual Medicine, 11(5), 1248-1261.

5. Schwarz, N., & Clore, G. L. (1983). Mood, misattribution, and judgments of well-being: Informative and directive functions of affective states. Journal of Personality and Social Psychology, 45(3), 513-523.

6. Heylens, G., Elaut, E., Kreukels, B. P., Paap, M. C., Cerwenka, S., Richter-Appelt, H.,... & De Cuypere, G. (2014). Psychiatric characteristics in transsexual individuals: multicentre study in four European countries. The British Journal of Psychiatry, 204(2), 151-156.

7. Veale, J. F., Clarke, D. E., & Lomax, T. C. (2010). Biological and psychosocial correlates of adult gender-variant identities: A review. Personality and Individual Differences, 48(4), 357-366.

8. Clements-Nolle, K., Marx, R., & Katz, M. (2006). Attempted suicide among transgender persons: The influence of gender-based discrimination and victimization. Journal of homosexuality, 51(3), 53-69.

9. Haas, A. P., Rodgers, P. L., & Herman, J. L. (2014). Suicide attempts among transgender and gender non-conforming adults. work, 50, 59.

10. Dhejne, C., Lichtenstein, P., Boman, M., Johansson, A. L., Långström, N., & Landén, M. (2011). Long-term follow-up of transsexual persons undergoing sex reassignment surgery: cohort study in Sweden. PloS one, 6(2), e16885.

11. Dhejne, C., Van Vlerken, R., Heylens, G., & Arcelus, J. (2016). Mental health and gender dysphoria: A review of the literature. International Review of Psychiatry, 28(1), 44-57.

12. Simonsen, R. K., Giraldi, A., Kristensen, E., & Hald, G. M. (2016). Long-term follow-up of individuals undergoing sex reassignment surgery: psychiatric morbidity and mortality. Nordic journal of psychiatry, 70(4), 241-247.

13. Wade, K. A., Garry, M., Read, J. D., & Lindsay, D. S. (2002). A picture is worth a thousand lies: Using false photographs to create false childhood memories. Psychonomic Bulletin & Review, 9(3), 597-603.

14. Blanchard, R. (1989). The concept of autogynephilia and the typology of male gender dysphoria. The Journal of nervous and mental disease, 177(10), 616-623.

15. Moser, C. (2010). Blanchard's autogynephilia theory : A critique. Journal of Homosexuality, 57(6), 790-809.

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