De qui parle-t-on ici? Si vous croyez que le gouvernement conservateur craint celles et ceux ayant recours à des stratagèmes fiscaux privant nos sociétés de milliards de dollars, vous avez tout faux ! Je parle bien entendu des chômeuses et des chômeurs qui sont prestataires fréquents, les travailleuses et les travailleurs qui occupent des emplois saisonniers ou à forfait, ceux-là mêmes que le gouvernement Harper soupçonne de fraude.
Pour un gouvernement péquiste se prétendant social-démocrate, renoncer de se mouiller sur la loi municipale P-6, malgré des déclarations dénonciatrices de la Ligue des droits et libertés et de l'Association des juristes progressistes, relève de la mauvaise foi. On se souviendra toutefois que le Parti québécois avait décrié à maintes reprises le projet de loi 78, le dénonçant comme un bâillon à la liberté d'expression, eux qui ont eux-mêmes participé à quelques manifestations sans qu'un itinéraire ait été fourni aux autorités policières et qui ont de fait utilisé cette prise de position comme un argument électoraliste.
Je demande solennellement à la police, à son porte-parole toujours si prompt à défendre ses collègues, à sa fraternité tricotée serrée, à ses gradés qui estiment que manifester n'est plus un droit démocratique, je demande donc à tous ces gens supposés défendre la veuve, l'orphelin, la justice et la paix, de bien vouloir faire leur devoir avec autant d'empressement pour les mafieux que pour les manifestants.
«Bon 15 mars». Cette phrase publiée sur Facebook par une amie militante m'est d'abord apparue déplacée. Est-ce vraiment un jour de fête pour ceux qui participent à cette manifestation annuelle contre la brutalité policière qui en est maintenant à sa 17e édition? Comme on se souhaite bon 24 juin pour célébrer la joie, l'histoire, la fierté d'être «Québécois», on célèbrerait cette journée d'affrontements, de débordements, de violence?