Les préjugés sont forts. Cette force fait en sorte que plusieurs individus souffrant d'un mal de vivre ne consulteront pas. Et j'inclus dans ces individus les professionnels de la relation d'aide. Des gens qui, comme moi, travaillent auprès des familles, des ados, des enfants, des adultes en détresse, qui côtoient la douleur à tous les jours, n'osent apaiser la leur.
Trois jours avant qu'un jeune de 20 ans nommé Adam Lanza ne tue sa mère et vide son chargeur sur une classe remplie d'enfants de maternelle, mon fils Michael, âgé de 13 ans, a raté son autobus scolaire, car il portait un pantalon de la mauvaise couleur. "Je peux les mettre", répétait-il sur un ton de plus en plus agressif. Mon fils souffre de maladie mentale. Je l'adore, mais il me fait peur. Quelques semaines plus tôt, Michael a sorti un couteau de sa poche. Il a menacé de me tuer et de se suicider, parce que je lui avais demandé de rapporter ses livres en retard à la bibliothèque.
Movember soutient deux causes. La première est la lutte contre le cancer de la prostate, maladie qui touche un Canadien sur sept au cours de sa vie. La deuxième est la santé mentale masculine, une nouvelle cause de la campagne canadienne cette année, qui touche un homme sur cinq par année. Nous espérons sensibiliser le public autant à la santé mentale masculine qu'à la lutte contre le cancer de la prostate.