Neela Ghoshal

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Cameroun: l'amour est passible de trois ans de prison, mais la haine reste impunie

Publication: 02/03/2013 09:30

"Ce sera sanglant". Tel est le message qu'a reçu un avocat camerounais en octobre 2012. "Dis à ton complice que nulle part dans ce pays [ses enfants] n'auront la paix".

Ces quatre derniers mois, deux avocats camerounais ont reçu une série de menaces de mort par courriel et par SMS. Les messages sont devenus de plus en plus virulents au fil du temps et consistent notamment en des menaces de mort à l'encontre des avocats eux-mêmes, de leurs enfants et de leurs clients.

Pourquoi une telle haine? Ces deux avocats, Maître Alice Nkom et Maître Michel Togué, ont eu le courage de défendre des clients accusés de comportement homosexuel, dans un contexte social et politique marqué par une homophobie.

Human Rights Watch a adressé récemment une lettre au président du Cameroun, Paul Biya, pour protester contre l'absence de réaction du gouvernement face aux menaces proférées à l'encontre de Maître Nkom et de Maître Togué.

Depuis 2010, au moins 28 personnes ont été poursuivies pour avoir eu des rapports intimes avec des personnes consentantes du même sexe, ce qui, au Cameroun, constitue un crime passible de cinq ans de prison. Le simple fait d'être présumé lesbienne, gay ou bisexuel est souvent un motif suffisant pour se faire arrêter. Les gendarmes et les policiers intimident et torturent ensuite les "suspects", par exemple en les frappant à coup de bâton sur la plante des pieds, ce qui les rend incapables de marcher pendant plusieurs jours, tout en les questionnant longuement sur les comportements homosexuels qu'ils ont pu avoir.

Le plus souvent, les suspects passent aux aveux. Ils sont ensuite traînés devant le tribunal où, dans la majorité des cas, ils n'ont droit qu'à un simulacre de procès, dont l'issue dépend davantage des préjugés du juge sur les questions d'homosexualité et d'identité de genre que des preuves présentées.

Le cas de Roger Mbede en est un triste exemple. Il a été arrêté à Yaoundé en mars 2011 après avoir envoyé plusieurs SMS à un autre homme, C.F., lui faisant part de son attirance pour lui. Ces messages étaient pourtant respectueux et inoffensifs. L'un d'eux disait:

"Je suis tombé amoureux de vous"

Au lieu de décliner poliment les avances de Roger Mbede, C.F. est allé signaler l'affaire aux gendarmes. Ces derniers ont proposé de tendre un piège à Roger Mbede: C.F. l'inviterait chez lui ce soir-là et, lorsqu'il arriverait, des agents le prendraient sur le fait, ayant obtenu dans cette visite la "preuve" de son homosexualité.

En avril 2011, Roger Mbede a été déclaré coupable et condamné à trois ans de prison. Maître Togué, avocat spécialisé dans les droits humains, a pris connaissance de cette affaire et décidé d'assurer la défense de Roger Mbede. Maître Nkom, avocate, militante infatigable et fondatrice de l'Association pour la Défense des Homosexuel-le-s en 2003, s'est jointe à Maître Togué pour faire appel du jugement ayant condamné Roger Mbede.

Au cours des dix-huit mois qui ont suivi, alors que l'appel de Roger Mbede suivait lentement son cours dans les rouages de l'appareil judiciaire, le nombre d'arrestations pour "homosexualité" se sont multipliées au Cameroun, conférant au pays le triste record mondial du nombre de personnes poursuivies pour des pratiques homosexuelles consenties. Maître Togué et Maître Nkom travaillent sans relâche pour représenter les défenseurs de l'"homosexualité", prenant souvent à leur charge divers frais.

Malheureusement, l'engagement des deux avocats en faveur de la justice et de l'égalité des droits pour tous les Camerounais, quelles que soient leur orientation sexuelle ou et leur identité de genre, n'a pas été bien reçu dans certains quartiers. En octobre 2012, des tribunaux de Yaoundé ont tenu des audiences publiques dans deux affaires d'homosexualité, suscitant une attention nationale et internationale. Il s'agissait des procès de Roger Mbede, d'une part, et de Jonas et Franky, deux jeunes transgenres, d'autre part.

La veille de l'audience du procès de Jonas et Franky, la directrice de l'école où est scolarisée la fille de Maître Togué a dit à ce dernier qu'elle avait reçu un coup de téléphone, pendant la classe, d'un homme l'ayant chargée de dire à l'avocat qu'il devait arrêter de représenter des "pédés". À partir de ce jour-là, Maître Togué et Maître Nkom ont reçu des menaces par courrier électronique et par SMS. Un message envoyé à Maître Nkom disait:

"Continuez et vous verrez... Un accident est vite arrivé".

Un autre, envoyé à Maître Togué, le menaçait ainsi:

"Choisis celui de tes enfants que nous allons transformer en pédé comme toi".

Maîtres Togué et Nkom ont tous deux porté plainte à la suite de ces menaces. Maître Togué est allé porter plainte en personne au commissariat de police, où les agents lui ont conseillé d'arrêter de prendre la défense des homosexuels s'il voulait éviter d'être la cible de menaces. Maître Nkom a déposé auprès du bureau du procureur une plainte écrite, restée sans suite.

Les menaces ont continué et se sont aggravées au moment du procès en appel de Roger Mbede, dont la condamnation a été confirmée, et au moment du procès en appel de Jonas et Franky, dont la condamnation a été invalidée. Juste après l'audience du procès de Roger Mbede, Maître Togué a reçu le message suivant:

"Abandonne cette folie ou alors tu iras à un deuil la semaine qui précède chaque procès".

Maître Nkom a reçu un message de menace à l'encontre de ses clients.

Au Cameroun, toute menace de mort écrite constitue un crime, passible de deux à cinq ans de prison en vertu de l'article 302 du Code pénal.

Toutefois, l'apparente inaction de l'État pour enquêter sur les menaces proférées à l'encontre de Maîtres Togué et Nkom est consternante, surtout lorsqu'on la compare aux efforts substantiels déployés par les responsables de l'application des lois pour traquer et poursuivre en justice les personnes accusées d'homosexualité. Au vu du nombre infime d'avocats assez courageux pour accepter de se charger des affaires d'"homosexualité", l'inaction de l'État peut s'apparenter à une violation du droit de la défense.

En d'autres termes, au Cameroun, lorsque vous envoyez un message d'amour, vous courez le risque d'être condamné à passer trois ans en prison. Par contre, si vous envoyez des messages de haine et de violence, l'État ne réagira pas.

En janvier dernier, le président Biya a déclaré lors d'une conférence de presse à Paris que les "mentalités évoluent" au Cameroun en ce qui concerne l'homosexualité. Toutefois, le gouvernement ne devrait pas rester les bras croisés en attendant un progrès social qui tarde à se manifester, alors qu'au même moment des avocats courageux risquent leur vie.

M. Biya devrait montrer l'exemple en déclarant publiquement que les menaces et la violence homophobes sont répréhensibles et ne seront pas tolérées. Il devrait veiller à ce que les forces de sécurité prennent des mesures immédiates pour enquêter sur les menaces adressées à Maître Togué et Maître Nkom.

Il est inacceptable que le Cameroun punisse l'amour, mais laisse la haine se déchaîner.

VOIR AUSSI

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  • Sappho (600 av. J.-C.)

    Cette poétesse grecque a vécu à Mytilène, sur l'île de Lesbos, d'où le terme "lesbienne". Elle a aussi donné son nom au saphisme (homosexualité féminine). Sappho était mariée avec un homme, mais chez les Grecs, homosexualité et maraige hétérosexuel n'étaient pas incompatibles.

  • Socrate (-470 à -399)

    L'amour de Socrate pour les jeunes hommes était connu. Il eut notamment pour amant le jeune Alcibiade, qui le pourchassait sans cesse, comme il est décrit dans Le Banquet : "L'amour de cet homme n'est pas pour moi un médiocre embarras (...). Depuis l'époque où j'ai commencé à l'aimer, je ne puis plus me permettre de regarder un beau garçon ni de causer avec lui sans que, dans sa fureur jalouse, il ne vienne me faire mille scènes extravagantes, m'injuriant, et s'abstenant à peine de porter les mains sur moi"

  • Alexandre Le Grand (356-323 av JC)

    Alexandre Le Grand, roi de Macédoine, est l’un des plus grands conquérants de l’histoire. Mais guerrier et homosexuel sont deux caractères qui ne s'opposent pas du tout à cette époque, où l'amour des hommes entre eux est bien accepté. Alexandre Le Grand est marié avec une femme, il est demeuré attaché tout sa vie à son amour d'enfance, Héphaestion, éduqué comme lui par le philosophe-précepteur Aristote. Selon Lane Fox, professeur à Oxford et auteur d'une biographie sur Alexandre, ils auraient tous deux été amants.

  • Léonard De Vinci (1452-1519)

    La controverse continue, mais aujourd'hui, la plupart des scientifiques s'accordent pour dire que Léonard de Vinci était bisexuel. A 24 ans, il a même été accusé de "sodomie active" envers un jeune homme de 17 ans. Il était par ailleurs entouré de jeunes garçons, dont l'un d'eux, Salaï, serait "la muse du visage et du sourire de La Joconde" <a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2010/07/21/les-deux-amours-de-leonard.html">selon l'historien Michel Larivière</a>.

  • Richard 1er Coeur de Lion (1157-1199)

    Richard Coeur de Lion, Roi d'Angleterre, était amoureux de Philippe II Roi de France. On ne sait pas s'il s'agissait d'un amour entièrement "consommé", mais on sait qu'ils partageaient le même lit.

  • William Shakespeare (1564-1616)

    Le poète anglais a été contraint à 18 ans d'épouser une femme, de 18 ans son aînée... Mais à peine les jumeaux nés, il s'enfuit ! "Sous le règne d’Elisabeth, la sodomie est punie de la peine capitale, le poète sait se montrer prudent",<a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2011/11/23/william-shakespeare-to-bi-or-not-to-bi.html"> raconte l'historien Michel Larivière</a>. Mais certains de ses sonnets sont explicites, comme le XXXIII : "Homme, tu domines tout de ton état suprême, Dérobant les regards des hommes et fascinant l’âme des femmes Tu fus d’abord créé pour être femme Puis quand la nature t’eut fait elle délira Et par une addition me frustra de toi En t’ajoutant une chose dont je n’ai que faire, Puisqu’elle t’a donné un membre pour le plaisir des femmes Donne leur la jouissance, garde-moi ton amour"

  • Louis XIII (1601-1643)

    Louis XIII a épousé Anne d'Autriche,certes, mais il ne l'a pas beaucoup "honorée" ... Selon les mots de son médecin, Jean Héroard, le jeune Louis XIII a "de la honte et une haute crainte" à aller voir la reine...Il a ensuite eu un certain nombre de favoris (masculins donc), qui selon le Vénitien Morosini, étaient là "non pour les affaires de l'Etat mais pour la chasse et les inclinations particulières du roi".

  • Frédéric II de Prusse (1712-1786)

    L'homosexualité de "Frédéric le Grand" est le plus souvent absente des manuels scolaires, mais elle est aujourd'hui communément admise par les Historiens. Il eut par ailleurs une relation avec Voltaire, celle-là plus platonique, qui s'est fini tristement. Il fit enfermer Voltaire de peur que celui-ci ne divulgue ses poèmes, parfois très audacieux, et clairement homosexuels. Après la rupture, Voltaire lui renverra <a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2010/08/17/frederic-ii-le-grand-amoureux.html">selon l'historien Michel Larivière </a>ses décorations et ses ordres accompagnés d'un dernier quatrain ambigu : "Je les reçus avec tendresse / Je vous les rends avec douleur / C'est ainsi qu'un amant, dans son extrême ardeur / Rend le portrait de sa maîtresse".

  • Frédéric Chopin (1810-1849)

    Chopin était-il gay? Bisexuel, sans doute. <a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2010/07/29/chopin-et-maman-george.html">Selon l'historien auteur de <em>Homosexuels et bisexuels célèbres</em></a>, George Sand aurait un jour confié à son ami Grzymala : "Il y a sept ans que je vis avec Chopette comme avec une vierge". Son amour de toujours était un dénommé Tytus, à qui il écrit en octobre 1849. "Mes médecins m’interdisent de quitter Paris. (…) Sinon, je t’aurais rencontré quelque part en Belgique. J’aurais tellement aimé que nous passions ensemble un moment de bonheur complet. Je n'ai jamais été aimé comme je l'aurais voulu".

  • Gustave Flaubert (1821-1880)

    "Madame Bovary, c'est moi" : la célèbre phrase de Flaubert résonne différemment si on l'envisage sous l'angle de son homosexualité. Flaubert était-il homosexuel? Selon Harry Redman, qui a publié <a href="http://books.google.fr/books/about/Le_c%C3%B4t%C3%A9_homosexuel_de_Flaubert.html?id=PbZcAAAAMAAJ&redir_esc=y"><em>Le côté homosexuel de Flaubert</em></a>, l'écrivain était au moins bisexuel. Certains écrits de sa correspondance sont assez crûs, à tel point que le premier éditeur de Flaubert, aurait supprimé tous les passages concernant l’homosexualité. L'un de ces passages, écrit au collège à son camarade Alfred Le Poitevin, est explicite : "Continuité du désir sodomite, bandaison dans la culotte pour le beau Morel. Intensité lubrique, masturbation réciproque avec Morel".

  • Paul Gauguin (1848-1903)

    Dans <em>Paul Gauguin: An Erotic Life</em>, Nancy Mowll Mathews rapporte une anecdote, racontée dans <a href="http://books.google.fr/books/about/Noa_Noa.html?id=8NTaLM5pZKAC&redir_esc=y"><em>Noa Noa</em></a>, son journal de bord à Tahiti. Il y aurait souhaité "être pour une fois l'être passif qui aime et obéit". Peut-être au courant de certains aspects de la vie sexuelle de Gauguin, une Américaine a essayé de détruire <em>Les deux Tahitiennes</em> l'année dernière à Washington, <a href="http://next.liberation.fr/arts/01012329933-une-toile-de-gauguin-trop-homosexuelle">la jugeant "trop homosexuelle"....</a>

  • Paul Verlaine (1844-1896) et Arthur Rimbaud (1854-1891)

    L'amour de Verlaine et Rimbaud (en bas à gauche dans le tableau) ne fait plus de doutes. Mais il gêne toujours : certains poèmes de Rimbaud et Verlaine "ne figurent toujours dans aucune œuvre soi-disant complète de grandes maisons d’édition”, <a href="http://www.tetu.com/actualites/culture/les-gays-censures-par-lhistoire-quon-arrete-le-delire-leonard-de-vinci-etait-homo-20544">comme l'a fait remarquer l'historien Michel Larivière.</a>

  • Marcel Proust (1871-1922)

    La préférence de Proust pour les hommes est une des moins ignorées de l'histoire de la littérature. On connaît moins <a href="http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/6-fevrier-1897-proust-fait-le-coup-de-feu-dans-le-bois-de-meudon-quel-homme-06-02-2012-1427774_494.php">cette anecdote</a> : quand en février 1897 Marcel Proust provoqua en duel le venimeux et féroce Jean Lorrain, critique de littérature, pour avoir évoqué son homosexualité et révélé en plein jour la relation intime qu'il entretenait avec Lucien Daudet, le fils d'Alphonse Daudet. Fort heureusement, chacun des deux rivaux tira par terre...

  • Colette (1873-1954)

    Colette s'entoure de femmes homosexuelles après avoir divorcé de son mari le critique Henry Gauthier-Villars; Elle aura une liaison notamment avec notamment avec Mathilde de Morny, fille du duc de Morny, qui devient sa partenaire sur scène. Elle épouse quand même trois hommes au cour de sa vie, et ne fut donc pas toujours éprise que de femmes.

  • Virginia Woolf (1882-1941)

    Virginia Woolf était l’épouse de l'écrivain Leonard Woolf, avec lequel elle disait filer un grand bonheur, même si plusieurs biographes ont supposé que leur mariage n'avait jamais été pleinement consommé. Des années après son mariage, elle rencontre en 1922 Vita Sackville-West, poétesse et romancière. Leur relation durera des années...

  • Francis Bacon (1909-1992)

    Difficile d'ignorer l'homosexualité de Francis bacon, quand on connaît un peu ses oeuvres, tant la question du corps, corps de l'homme et aussi corps masculin, y est présente. "Ma peinture est le reflet de ma vie", disait le peintre. Il semblerait qu'il ait eu aussi quelques penchants pour le travestissement : selon l'historien d'art Michel Archimbaud, son père l'aurait renvoyé du foyer familial à l'âge de 16 ans après l'avoir surpris en train d'essayer les sous-vêtements de sa mère.

  • Jean Genet (1910-1986)

    Difficile là encore d'ignorer l'homosexualité de l'écrivain pour qui connaît son oeuvre tant elle transpire de tous ses textes. Et parfois crûment, <a href="http://memoiredusilenceblogspotcom.blogspot.fr/2010/12/le-funambule.html">comme dans <em>Le Funambule</em></a>, oeuvre dédié au jeune acrobate Abdallah Bentaga : "Bande, et fais bander. Cette chaleur qui sort de toi, et rayonne, c’est ton désir pour toi-même – ou pour ton image – jamais comblé".

  • Alan Turing (1912-1954)

    Terrible histoire que celle d'Alan Turing, ce "père de l'informatique" <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2012/06/24/alan-turing-informatique-intelligence-artificielle_n_1622013.html">dont on vient tout juste de fêter le 100ème anniversaire de la naissance</a>. Malgré tous les bons et loyaux services rendus, comme la découverte des codes secrets nazis durant la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne le condamna en 1952 pour "outrage aux bonnes moeurs" en raison de son homosexualité, encore illégale à l'époque. Il fut contraint à la castration chimique, sanction insupportable qu'il choisit d'éviter en absorbant du cyanure.

  • Michel Foucault (1926-1984)

    Dans la biographie qu'il a faite de lui, Didier Eribon raconte que Michel Foucault vivait très mal son homosexualité. Selon Didier Eribon, quand Michel Foucault rentrait de ses fréquentes sorties dans les bars gays, il restait prostré pendant des heures, anéanti par la honte. Il confessera lui-même que "c'est tout de même un problème impressionnant quand on le découvre pour soi-même [qu'on est homosexuel]. Très vite, ça s'est transformé en une espèce de menace psychiatrique : si tu n'est pas comme tout le monde, c'est que tu es anormal, si tu es anormal, c'est que tu es malade". Il fera deux tentatives de suicide, <a href="http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/I07290569/didier-eribon-michel-foucault.fr.html">vraisemblablement liées aux difficultés d'assumer socialement son homosexualité à cette époque</a>.

  • Joan Baez (1942-)

    C'est une toute petite relation à l'échelle d'une vie, mais elle éclaire d'une certaine manière une partie du combat de Joan baez en faveur des droits des LGBT. <a href="http://articles.latimes.com/1987-06-14/entertainment/ca-6960_1_baez-joan-voice">Elle a reconnu pour la première fois cette relation en 1972</a>, une relation d'un an alors qu'elle avait 19 ans. Par la suite, <a href="http://www.contactmusic.com/news-article/baez.s-lesbian-admission">elle n'aura des liaisons plus qu'avec des hommes.</a>

 

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