Nadia Seraiocco

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Les étudiants ne peuvent pas faire la grève? Ah, oui?

Publication: 20/03/2012 07:06

Je ne suis pas spécialiste du droit du travail, je m'y connais mieux en histoire et en linguistique, mais j'en ai contre cet argument qui veut que les étudiants n'aient pas le droit de faire la grève, parce qu'ils ne sont pas des salariés. Pour appuyer ce genre de sophisme, j'ai même lu que la grève est un droit inscrit au Code du travail, donc les étudiants n'étant pas salariés ou employés d'un organisme qui reconnaît le droit de grève, leur grève n'en est pas une... Holà! Le concept de grève existait bien avant que le Code du travail le reconnaisse et des grèves étudiantes ont eu lieu alors que les universités venaient à peine de commencer leur existence, il y a presque mille ans, au Moyen Âge.

Les syndicats et les grèves n'ont pas attendu «un droit écrit» pour exister

L'industrialisation du monde occidental a commencé à la fin du XIXe siècle et presque aussitôt, au Québec et au Canada, des premiers syndicats se sont formés dans l'illégalité (vous pouvez lire sur le site du Syndicat des étudiants employés de l'UQAM une historique). Sans l'action syndicale, les ouvriers auraient continué à risquer leur vie, à travailler de très longues heures et le travail des enfants auraient perduré. On peut aujourd'hui, enfoncés dans notre confort, contester la légitimité des syndicats, parler de la Chine comme un modèle de dynamisme économique (avec lequel semble aller de paire une dévalorisation de la vie humaine et un gaspillage des ressources), mais au Québec, les grandes grèves de 1949 et 1957, considérées illégales par Duplessis, ont permis un avancement de la société québécoise. Et ce fameux Code du travail québécois n'est arrivé que sous un autre règne, celui de Lesage en 1964. Il y a sur le site du Musée Mc Cord un petit résumé de cette époque.

Les grèves étudiantes ont cours depuis des centaines d'années!

Mais encore... Saviez-vous que des grèves étudiantes avaient eu lieu à la Sorbonne au XVe siècle, par exemple lorsqu'un étudiant avait été arrêté? Pour me le remettre en mémoire, j'ai visité brièvement Wikipédia à l'article Chronologie du mouvement étudiant (source de mise à jour toujours bienvenue), or, une grève générale avait eu lieu en 1229 à l'Université de Paris. En France, des siècles plus tard, soit à la fin du XIXe siècle, l'existence des associations étudiantes devient un droit inscrit dans une loi. Alors les petits arguments, qui se basent sur 30 ans d'histoire pour en contester des siècles, vous pouvez les laisser de côté. Pensez donc plutôt à projet de société dont vous serez fiers dans 100 ans!

Ce mépris des jeunes...

Les médias sociaux y font souvent écho, comme ils font écho à toute chose, mais au cours des dernières années j'ai vu se répandre une attitude mesquine envers la jeunesse. Les moins de 25 ans (mes excuses au 25-34 qui se trouvent jeunes, vous êtes des jeunes d'expérience) sont parfois jugés sévèrement pour leur manque d'expérience ou leur idéalisme, ce qui constitue un non-sens. Dans ce contexte, plutôt que de voir cette énergie contestataire comme une force créatrice, on prétend que l'engagement à une cause n'est pas responsable, que de prendre position contre le gouvernement est égocentrique. Donc, quand ces jeunes se soulèvent, sortent dans les rues, on dit qu'ils exagèrent, qu'ils méritent d'être remis à leur place par les forces policières. Je lis cela et je n'en reviens pas.

Je vais vous faire une confidence, j'ai vécu les premières hausses des frais de scolarité, rien de bien terrible, mais néanmoins, j'ai mis huit ans à rembourser les prêts et bourses contractés pour un certificat en enseignement et une maîtrise.

Je soutiens donc les étudiants et j'espère que leur soulèvement aura au moins l'effet de nous rappeler comment nous sommes rendus plates et sans idéal.

 

Suivre Nadia Seraiocco sur Twitter: www.twitter.com/cheznadia

Je ne suis pas spécialiste du droit du travail, je m'y connais mieux en histoire et en linguistique, mais j'en ai contre cet argument qui veut que les étudiants n'aient pas le droit de faire la grè...
Je ne suis pas spécialiste du droit du travail, je m'y connais mieux en histoire et en linguistique, mais j'en ai contre cet argument qui veut que les étudiants n'aient pas le droit de faire la grè...
 
 
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
spaceknife
09:15 sur 21/03/2012
SI j'étais au gouvernement, je me méfierais car le beau temps revient et l'insatisfaction ne fait que grandir alors, un "Printemps" québécois est peut être possible .

Personnellement, je n'ai jamais participé à une manif ,mais j'y songe sérieusement.
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musael
Ad majorem consciencia
22:38 sur 20/03/2012
Malgré les apparences, je ne pense pas que ce soit un mépris exprimé envers les jeunes. C'est plutôt un mouvement réactionnaire venant de gens qui voudraient que nous baissions tous la tête et rentrions dans les rangs sans rechigner. La loi est partie intégrante d'un contrat social et doit être respecté dans la mesure où elle ne vient pas nier le principe fondamental de souveraineté des individus. Je doute que les étudiants ne descendent dans la rue que pour décrier la hausse des frais de scolarité. Ce qui est en cause ici, c'est bel et bien le principe de liberté qui peut être brimé de bien des façons dont par des restrictions ou pressions économiques. L'éducation, l'instruction, l'accès au savoir (surtout dans notre société de l'information) devrait être un droit et non un privilège.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
08:26 sur 21/03/2012
Soupirs....

Et les étudiants-grévistes (ils sont toujours la minorité soit dit en passant) croient tellement en la valeur intrinsèque de l'éducation libre et accessible pour la société québecoise, qu'il n'est certainement pas quesiton qu'ils y investissent quoique ce soit. Le cellulaire, les semaines de break à Cuba et les party en fin de semaine, par contre, on ne touche pas à ça!

Cher ami, personne ne nie les droits fondamentaux des étudiants de manifester leur mécontentement de façon libre. Le contrat social dont vous parler n'a pas de clause disant qu'il suffit de tout demander pour tout recevoir.

Votre charabia sur la "liberté" démontre parfaitement que vous n'avez jamais eu à vous battre pour les vrais enjeux. Vous confondez "liberté" et "permissivité".

Et la gargarisme indigné sur la démocratie est assez suffisant, merci. Si vous croyez en la "démocratie" vous accepteriez que ce n'est pas aux seuls étudiants de décider comment les choses vont se dérouler. Nous payons 85% de vos études. Et si on compte les garderies à 7$, le primaire, le secondaire, le CEGEP et les mesures de soutient auc études universitaires, la population québecoise soutient les générations montantes à 99%. Merci beaucoup. Je pense qu'il est temps de sevrer les éternels adolescents.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
musael
Ad majorem consciencia
23:56 sur 21/03/2012
Et bien, je vais vous faire un aveu d'une grande candeur. Vous avez raison, la démocratie des bien-pensants, je n'y crois pas. Voyant la démagogie prendre le dessus sur les débats de fond, je suis de plus en plus enclin à rejeter cette idée que deux opinions se valent. Cela dit, êtes-vous capable de vous élever au-dessus des clichés (étudiants gâtés et irresponsables) et à débattre des véritables enjeux de société, à savoir la formation universitaire est-elle un droit ou un privilège?
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
spaceknife
09:12 sur 21/03/2012
Excellent commentaire qui tranche des habituelles ironies égoistes de certains pseudos .
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
22:26 sur 20/03/2012
À tous ceux qui parlent de démocratie et de droit à la grève pour les étudiants,

sachez qu'à la base d'une société démocratique il y a le droit... Ce sont les lois qui donnent son caractère démocratique à la société, allez lire la Constitution canadienne (et peut-être suivre un ou deux cours de droit). La "grève" qu'exercent les étudiants n'en est pas une au sens légal du terme. Peut-être qu'en histoire on considère ce type de soulèvement étudiant comme une grève, mais LÉGALEMENT, ça n'en n'est pas une.

Autre point à considérer, dans une société démocratique, les droits d'une personne sont limités par les droits des autres. C'est donc dire que lorsque des étudiants bloquent des ponts ou empêchent d'autres étudiants d'assister à leurs cours (droit qu'ils ont acquis en payant leurs frais de scolarité), ils agissent à l'encontre de la loi. Aucune association ou regroupement ne peut imposer de "grève" à des étudiants, car il ne s'agit pas de syndicats. Et ne s'agissant pas de syndicats, ils n'ont pas de droit légal à la grève.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
22:33 sur 20/03/2012
SUITE
Certes, les étudiants ont droit à leur liberté d'expression qui, vous prétendrez, leur est garantie par la Charte canadienne des droits et libertés. Encore une fois, allez suivre un ou deux cours de droit. La Charte canadienne ne peut être opposée qu'à l'État. Donc les étudiants ne peuvent justifier leurs actions envers les autres citoyens par le droit à la liberté d'expression.

On pourrait en débattre longtemps, mais ce commentaire démontre de profondes lacunes au niveau de ses bases légales...
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
spaceknife
09:16 sur 21/03/2012
Et vos bases légales me semblent passablement biaisées, il me semble.
20:15 sur 20/03/2012
Propos de cinquantenaire humaniste et démocrate: limiter le droit de grève-droit de grève illégal-obligation légale de négocier. Quest-ce que c'est que tout ce blablabla!
Dans une démocratie, il y a des droits universels inalienables dont celui de manifester, de s'exprimer.
Et pour un gouvernement, il y a des obligations morales.
Un gouvernement, en démocratie toujours, est élu par le peuple, pour le peuple. Il ne possède qu'une délégation temporaire (mais de nos jours, nos chers gouvernants ont tendance à croire qu'on leur abandonne le pouvoir jusqu'aux prochaines élections). La grève et la contestation sont le moyen de les rappeler à leurs devoirs. Et leur devoir est d'entendre le bruit de la rue, d'écouter, de recevoir les représentants et de chercher des compromis acceptables. La grève est un moyen de pression populaire, la solidarité est un formidable contrebalancier au rapport de force. Entendre les forces de l'orde déclarer que maintenant ils déclarent telle manifestation illégale, cela s'appelle tout simplement de la répression.
Alors oui, comme je le lis, cette grève restera une expérience de la vie pour ceux qui s'y engagent avec conviction. Et votre persévérance démontrera votre foi pour faire vivre une autre idée: que l'éducation est un droit qui doit rester accessible à tous, qu'une jeunesse éduquée est la force vive d'une nation, que la noblesse de la politique c'est prendre l'argent où il est pour le mettre où il faut.
Solidaire au combat des étudiants
23:33 sur 20/03/2012
Je suis d'accord avec vous quand vous dites "Un gouvernement (...) est élu par le peuple, pour le peuple." Cependant, le peuple n'est pas constitué que des 850 000 personnes de 18 à 25 ans qui sont étudiants. Le peuple est aussi (et majoritairement) constitué de 4,5 millions de personnes âgées entre 26 et 65 ans qui, pour la plupart, travaillent fort et payent des impôts pour financer les services publiques. Il est aussi constitué de 1,2 millions de personnes âgées de plus de 65 ans qui sont davantages préoccupés par les soins de santé et qui ne veulent pas finir dans un CHSLD à se faire laver une seule fois par semaine.

Vous dites que le devoir des gouvernement est "d'entendre le bruit de la rue, d'écouter, de recevoir les représentants et de chercher des compromis acceptables". Je suis d'accord avec vous. Mais compte tenu de la réalité économique et démographique actuelle, la hausse proposée n'est-elle pas un compromis acceptable? Je pense que pour le gouvernement, le vote de 4,5 millions de travailleurs est probablement plus fort que le tappage de 800 000 étudiants.

Enfin, vous dites que "cette grève restera une expérience de la vie pour ceux qui s'y engagent avec conviction." Oui, j'espère sincèrement que ceux qui ont bloqué le pont ce matin apprendront de cette expérience que le fait de bloquer une voie rapide coûte une contravention de 494$.
20:09 sur 21/03/2012
Je pense qu' accepter de discuter, c'est accepter d'envisager de changer d'opinion. Comme nous le faisons ici même par exemple. L'éducation c'est un sujet de société, un choix de société surtout. Il intéresse au delà des 850000 étudiants. Nous sommes tous concernés (des 26 au plus de 65ans). De la même manière pour notre service de santé, de l'exploitation de nos ressources naturelles, etc, etc. Payer des impots pour financer nos services publics, c'est la grandeur d'une société évoluée. A condition que la contribution à ces impôts soit juste et équitable (on pourrait en parler), et que leur utilisation soit exploitée pour le bien commun (est-ce la cas?). Personnellement, j'ai du mal à croire qu'un jeune que ses parents ne peut aider financièrement (ça existe?) puisse vivre dignement (se loger, se nourrir, se vêtir) malgré le système de prêt et bourses (qui à l'arrivée, l'endettera à long terme). Sans oublier que comme vous le rappelez la perspective économique n'assurera pas forcément du travail à tout le monde dans l'avenir. Quand à la contravention.... tiens je préfère ne pas en parler!
15:39 sur 20/03/2012
Il n'y a pas de débat sérieux là-dessus je pense.

Les étudiants (de plus de 16 ans?) n'ont aucune obligation légale de suivre leurs cours. La seule sanction possible est celle qui découle des règlements académiques qui peuvent obliger les étudiants à être présents en classe pendant un certain nombre d'heures et évidemment à passer leurs examens sous peine de ne pas obtenir leur note de passage ou leur diplôme.

Le droit de grève des salariés est en fait plus limité que cela car les divers codes du travail limitent les moments et les circonstances du recours à la grève, essentiellement pendant la période de négociation d'une convention collective.

Ceci étant, les étudiants grévistes n'ont aucun droit légal d'empêcher ceux qui veulent continuer à suivre leurs cours de le faire. Il n'y a pas de la loi "anti-scab" en la matière. Il va sans dire que les étudiants ont encore moins le droit de recourir à l'intimidation ou à la violence à l'endroit des opposants à la grève.

De plus, le gouvernement n'a aucune obligation légale de négocier avec les étudiants, alors que les parties doivent négocier les conventions collectives de bonne foi en matière de droit du travail.

Finalement, rien à ma connaissance ne protège les associations étudiantes d'un recours en responsabilité par rapport aux dommages qui pourraient être causés (aux étudiants non grévistes qui pourraient perdre leur session par exemple).

Toutefois, la question légale du droit de grève n'a pas beaucoup d'importance ici...
11:53 sur 20/03/2012
Les étudiants peuvent décider de ne plus aller à leurs cours tant qu'ils veulent... mais ils ne doivent pas empêcher la tenue des cours par respect pour ceux qui ne sont pas pour la grève. Ils ont le droit de boycotter, manifester, passer un message... mais ils n'ont aucunement le droit, légalement, d'empêcher la tenue des cours ou de menacer la sécurité des étudiants qui eux veulent se rendre à leurs cours (pour lesquels ils ont payé), ainsi que des professeurs qui sont payés pour le faire.
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12:58 sur 20/03/2012
Tu dis ça parce que c'est ce qui arrive? Les grévistes empêchent la tenue des cours d'endroits où ils ont voté contre la grève?
13:12 sur 20/03/2012
Moi, non. Je ne suis plus aux études. Par contre c'est arrivé à ma copine.
13:40 sur 20/03/2012
Quel discours antidémocratique !
09:10 sur 20/03/2012
Le hic c'est que les seules personnes lésées par la grève sont les grévistes eux-même...
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13:02 sur 20/03/2012
Bien sûr, l'alternative c'est de ne pas se lever quand on se considère brimé. Baisser la tête et regarder par terre.

Moi je pense que c'est une expérience, cette grève, qui va faire avancer beaucoup de monde du côté de l'expérience de vie. Ca vaut biens des cours ça. Il y a énormément de discussions, de tractations, de réflexion en marge de la grève. Et des idées nouvelles qu'on avait pas entendues.
23:10 sur 20/03/2012
Faire la grève et manifester, c'est deux choses. Je trouve un peu simpliste de se précipiter vers la grève tout de go, ça ne démontre pas beaucoup d'imagination. On peut très bien manifester et mettre en place des moyens de pression sans se tirer dans le pied et d'aller en grève illimitée.
13:43 sur 20/03/2012
Mieux vaut être moindrement "lésées" aujourd'hui que de travailler à un salaire de crève-faim plus tard puisque l'éducation ne sera plus accessible.
23:12 sur 20/03/2012
Euh... Je serais curieux de voir des statistiques de salaires moyens comparant les individus ayant des formations professionnelles et techniques vs. des bacheliers issus de diverses facultés. L'Éducation, ça ne se limite pas à l'université, ni aux écoles d'ailleurs.
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07:53 sur 20/03/2012
Finalement, quelqu'un qui a du sens :)
13:44 sur 20/03/2012
Je suis content que la majorité de la population se réveille enfin contre le gouvernement corrompu de Charest.