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Pour une paix perpétuelle ... au Moyen-Orient

Pourquoi parler de paix, alors que le feu est en train de se répandre dans tous les pays du Levant?

14/02/2018 09:00 EST | Actualisé 14/02/2018 09:00 EST
Riccardo Botta / EyeEm via Getty Images

Le temps vient de s'arrêter... Le 10 février 2018, c'est le commencement d'une longue histoire d'une paix perpétuelle au Moyen-Orient. Pourquoi parler de paix, alors que le feu est en train de se répandre dans tous les pays du Levant? Pour répondre, reculons un peu dans le temps pour comprendre cette idée de paix que je propose. Été 2006, une guerre destructrice de 33 jours, confrontant Israël au Hezbollah libanais, avait eu lieu. Dans ce temps, on parlait déjà de l'imposition de nouvelles règles de jeux entre les deux antagonistes. De ce fait, si dans le passé, Tsahal, avec sa force militaire, pouvait faire la pluie et le beau temps au Liban, depuis 2006, l'armée israélienne était confrontée à de nouveaux démons à cause d'une défaite cuisante de ses forces terrestres contre le Hezbollah – confirmé par la suite par la commission Winograd.

Plus proche de nous dans le temps, en 2014, une nouvelle guerre entre le Hamas et Israël se déroula durant 48 jours sans que l'État hébreu puisse annihiler la force militaire de ses ennemis de toujours. Comme avec le Hezbollah, une fois encore, l'État hébreu a été forcé d'entamer des négociations indirectes pour mettre fin à cette guerre. D'ores et déjà, ce qu'on ces deux événements en commun, c'est d'avoir tué le mythe d'invincibilité d'Israël qui faisait sa renommée. En somme, pour la première fois de leur histoire, les Arabes ont à la portée de leurs mains deux forces militaires capables de créer un équilibre de la terreur avec l'État hébreu.

Revenons au 10 février dernier à présent. Dans la nuit de vendredi à samedi, les sonnettes d'alarme sur la Vallée du Golan sonnaient à pleine capacité après qu'un chasseur F16 fut abattu par l'armée syrienne. Les interprétations de l'événement en question sont nombreuses et je ne m'attarderai pas là-dessus dans cet article pour ne pas aboutir à un débat des sourds. Toutefois, ce qui m'intéresse, c'est ce que le journal israélien Haaretz a qualifié de la première destruction d'un F16 israélien depuis 36 ans.

Est-ce que la destruction du F16 vient de mettre fin à soixante-dix ans d'agressions israéliennes?

La question qui se pose aujourd'hui. Est-ce que la destruction du F16 vient de mettre fin à soixante-dix ans d'agressions israéliennes? La réponse est très simple. L'État israélien vient de se mettre en mode défense puisque sa capacité d'attaquer vient d'être mise en doute. Tout en ne négligeant pas le fait que sa capacité militaire reste très imposante, capable de détruire la totalité du Moyen-Orient en un laps de temps très court. Et surtout, n'oubliant pas que ce même État sait très bien que sa seule garantie d'existence vient de sa supériorité militaire capable de lui garantir une victoire dans une guerre éclaire. Dans ce même ordre d'idées, après avoir affaibli les forces israéliennes au sol, l'axe de la résistance avec comme parrain l'Iran, a maintenant réussi à semer un doute au sein des forces l'air de Tsahal. Un nouvel équilibre de la terreur vient de prendre place dans le conflit arabo-israélien. Les différentes forces qui combattent Israël viennent d'imposer une nouvelle règle pour les années à venir : si tu frappes, nous frapperons ; un équilibre de la terreur qui risque d'imposer aux différents belligérants, un statu quo qui fera légion pour une paix perpétuelle au Moyen-Orient... et l'avenir nous le confirmera.

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