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Le vélo, LA solution pour lutter contre la pollution atmosphérique à Montréal

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À la fin de l'année, les représentants de 196 pays *, de nombreux observateurs issus de la société civile et un très large public se réuniront à Paris lors de la Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21). Près de 40 000 personnes se rassembleront ainsi pour ce qui sera l'événement le plus important de l'année en relations internationales. Présenté comme celui de la dernière chance pour l'instauration d'un système international fort contre le réchauffement planétaire, la COP21 laissera une place primordiale à la question des transports. Or, dans ce domaine, comme dans tant d'autres, quand il s'agit de changements climatiques, le Canada affiche un retard grandissant depuis les 20 dernières années. Alors qu'à Montréal la congestion est devenue le quotidien d'une majorité de citoyens et de citoyennes, nous sommes en droit et avons le devoir d'en demander plus à nos représentants.

En 2014, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) classait Montréal parmi les cinq villes les plus polluées du Canada. Le taux de particules en suspensions PM10 et PM2.5, les fameuses particules fines, y serait même trois fois plus élevé qu'à Vancouver. Ces niveaux de pollution ont des effets désastreux sur l'environnement, mais aussi sur la santé des Montréalais et Montréalaises. Selon le Dr Richard Massé, directeur de santé publique de Montréal, ce seraient ainsi près de 1500 de nos concitoyens qui décéderaient prématurément chaque année d'une aggravation de leur état de santé imputable à la pollution atmosphérique. Alors que les premiers effets des changements climatiques se font sentir, l'importance de la pollution à Montréal n'est plus acceptable. Paradoxalement, le Québec affirme vouloir s'investir davantage dans la lutte au réchauffement planétaire. Quand l'on considère que les transports sont responsables d'un tiers de la pollution atmosphérique de la ville, et la seule automobile pour 20%, les Montréalais sont en droit de se demander par où passe cette action.

La voiture n'apparaît pourtant plus adaptée à notre environnement urbain. Entre les chaussées défectueuses, les difficultés de stationnement, la congestion en constante augmentation, la rouille due au salage et tous les autres inconvénients que connaissent les automobilistes, ce mode de transport ne semble plus approprié. La question se pose alors. La voiture se présente désormais plus comme un problème que comme une solution. Elle affecte de manière désastreuse tant notre santé que notre environnement, et pas seulement ceux des utilisateurs, mais de tous. Pourquoi aucune alternative viable n'est-elle dès lors mise en place ?

L'action de la Ville et du gouvernement provincial, qui se partagent les investissements en transports, reste en effet marginale en la matière. Car pour pouvoir réduire le nombre de voitures qui parcourent chaque jour les routes de l'agglomération, il faut bien offrir des alternatives aux habitants. Ainsi, des 50 km de pistes cyclables promis pour cette année à Montréal, seuls 30 à 35 seront finalisés. Pour le vélo, les investissements sur les dernières années ont été d'environ 10 millions de dollars, alors qu'ils s'élèvent à près de 15 millions à Copenhague. La capitale mondiale du cyclisme reste pourtant trois fois moins peuplée. Alors que Montréal était considéré comme pionnière en la matière, elle a été rétrogradée à la 20e place du palmarès Copenhagenize, classement référence des villes par rapport à leur adaptation au vélo. Elle était encore 8e en 2011.

Et pourtant les solutions existent, tant pour inciter les Montréalais à utiliser les modes alternatifs de transports que pour leur permettre de se déplacer autrement. Si seuls 3% des Montréalais utilisent quotidiennement le vélo pour se rendre au travail ou à l'école, pour 63% à Copenhague, ce chiffre augmenterait très certainement si des installations leur étaient dédiées (autoroutes pour cyclistes, etc.). Et pour financer ces infrastructures, il suffit d'observer nos voisins : péage urbain (Londres, Stockholm, Milan, Singapour...), renforcement des taxes sur les produits pétroliers (4 fois plus haute à Vancouver), sur l'immatriculation ou sur le stationnement, etc.

Les sondages montrent que les Montréalaises et Montréalais sont prêts à s'acquitter d'une taxe pour utiliser le réseau routier si cela permettait d'améliorer le système dans son ensemble. Pourquoi Montréal a-t-elle alors perdu son statut de pionnière en matière de transports alternatifs ? Le manque d'infrastructures, alors que les conséquences de la surutilisation de la voiture sur l'environnement et la santé des Montréalais et Montréalaises sont désastreuses, demande une intervention politique rapide. Tout en étant environnementalement neutre, le vélo à un apport bénéfique sur la santé de ses utilisateurs, et par conséquent sur les finances publiques. La communauté tout entière profiterait donc d'un développement des infrastructures cyclables. Mais en ce domaine, comme en transports en commun, nous nous retrouvons confrontés à un manque de volonté politique de nos élus.

* 195 États + l'Union européenne

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