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<em>Un été en Provence</em>, ou les souvenirs d'enfance de Rose Bosch

13/05/2014 09:11 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

À leur grand désespoir, les enfants Léa, Adrien et Théo doivent partir en vacances en Provence chez leurs grands-parents. Le Papy (Jean Reno) qu'ils n'ont jamais rencontré est furieux aussi de se voir envahi par toute la smala qui débarque dans son coin de paradis. Pour Léa et Adrien, c'est un trou infect où ils ne peuvent même pas se connecter avec leurs amis de Paris. C'est le choc générationnel! Heureusement, la Provence, qui est un personnage du film, devient le catalyseur de toutes les résistances au plaisir de vivre un été mémorable.


Le film

La première image du petit Théo (Lukas Pelissier), endormi contre la vitre du TGV qui file à toute vitesse, m'a séduite. Le regard angélique de cet enfant de sept ans, sourd de naissance, est une trouvaille de Rose Bosch, car il transcende la mauvaise humeur de Paul, et rallie Adrien (Hugo Dessioux) et Léa (Chloé Jouannet).

La Provence est un lieu magique. Le tournage a eu lieu à Saint Rémy-de-Provence au cœur des Alpilles. Les orages y sont fréquents, la chaleur est torride, mais on ne la sent pas, ni les odeurs des lauriers roses, ce sont les manques de ce film dont la mémoire est parfois vacillante.

Ce qui m'a bluffée dans ce film, c'est le parcours de Rose Bosch et de Jean Reno.

La réalisatrice, à qui on doit La Rafle commencé en 2004 et sorti en 2009, est née en Avignon en 1961 d'un père catalan réfugié et d'une mère italienne. En 1980, elle monte à Paris après avoir passé son enfance en Provence, et entre au Point où elle devient grand reporter en 1982, choisissant des sujets graves, les camps de réfugiés, le terrorisme basque et espagnol. En 1995, elle épouse son compagnon, Alain Goldman, dont les parents ont échappé à la rafle du Vel'Div, ce qui poussera Rose à entreprendre un film sur ce sujet que personne n'avait osé dénoncer : la France sous l'occupation de Vichy.

Ce qui n'est pas tout à fait vrai, car M. Klein, un film de Joseph Losey avec Alain Delon, l'avait fait en 1976.

Ce qui réunit Rose Bosch et Jean Reno

Juan Moreno y Herrera-Jiménez, dit Jean Reno, est né en 1948 à Casablanca (Maroc), de parents espagnols originaires d'Andalousie qui avaient fui le régime de Franco. La famille s'est installée en France en 1960. Après son service militaire en Allemagne, Jean Reno décide d'être acteur. Ses films notables : Le grand bleu, Les visiteurs, Léon, Les rivières pourpres, La rafle... Ce grand type, qui mesure 1m87, avec sa belle carrière internationale, retrouve Rose Bosch en Provence.

La réalisatrice a écrit le rôle de Paul « le patriarche » pour Jean Reno, car elle voulait une génération de grands-parents à la fois forts et vulnérables. Depuis toujours, les ancêtres de Rose sont dans la production d'olives, et depuis vingt ans, Jean Reno revient après chaque tournage dans son oliveraie, c'est sa vraie passion. Ce qui m'a touchée dans ce film, c'est le naturel, l'aisance de cet acteur habituellement trop lourd pour moi, trop grand. Sur son territoire, dans les Alpilles, il s'anime avec beaucoup d'émotion. Il y a longtemps, il m'avait confié être las de l'agitation et n'engranger que pour ses olives. Curieux destin.

Malgré tout, le film dérape lorsqu'une bande de hippies rapplique, trop caricaturale, accompagnée du chanteur Hugues Aufray qui fait aussi partie de notre jeunesse provençale.

À voir pour les frileux.

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