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Ce qui nous lie, un film de Cédric Klapisch

Pour les paysages, la couleur du vin, surtout les acteurs et le soleil, Cédric Klapisch revient en force avec Ce qui nous lie.

21/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 21/09/2017 09:00 EDT
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Ce qui nous lie est sans doute le slogan de Cédric Klapisch et à plus forte raison le titre de ce son film.

Je ne suis pas une inconditionnelle de ce réalisateur français né en 1962, qui a débuté sa carrière par un film intitulé Riens du tout. Pourtant, il retient mon attention avec Le Péril jeune et la découverte du jeune acteur Romain Duris, qui deviendra l'acteur fétiche de Cédric Klapisch.

Formé à l'université à New York, il débute avec le court métrage avant de tourner des films enracinés dans un milieu social précis: une bande de jeunes, qui malgré une forte couverture médiatique n'ont pas connu le succès. C'est avec Un air de famille, qui met en scène un repas familial où caractères et goûts s'affrontent, que son nom s'impose. C'est grâce à la présence d'Agnès Jaoui, de Jean-Pierre Bacri et surtout de Catherine Frot, que le film connait un succès monstre. Cédric Klapisch aime les films chorales et il est à l'aise dans ce format. Regrouper les mêmes acteurs dans un même film, en sachant choisir ses protagonistes et surtout en repérant de jeunes talentueux.

Au cours des années, il s'est fait une réputation notoire, qui ne me satisfait pas pleinement. Il aime retrouver un lieu, une situation où il pourra jouer avec le clan comme dans le succès L'Auberge espagnole.

SYNOPSIS

Le titre officiel du film en France est Ce qui nous lie. Pourquoi en venant au Québec le distributeur a-t-il choisi Retourner en Bourgogne? Ne vous trompez pas de cinéma!

Jean, le frère aîné (Pio Marmaï), a quitté sa famille et sa Bourgogne natale pour faire le tour du monde et s'implanter en Australie pour une nouvelle vie. En apprenant la mort prochaine de son père, il revient sur la terre de son enfance après dix années de silence. Il retrouve sa sœur Juliette (Ana Girardot) et son frère Jérémie (François Civil). Leur père meurt juste avant les vendanges.

Au rythme des saisons qui s'enchaînent durant une année, frères et sœur, font la démonstration physique de leur engagement envers l'exploitation vinicole familiale.

Au rythme des saisons qui s'enchaînent durant une année, frères et sœur, font la démonstration physique de leur engagement envers l'exploitation vinicole familiale. Ce moment, plus proche du documentaire, donne de la véracité aux gestes de la récolte. C'est ce que j'aime: l'implication des acteurs.

Ce qui nous lie est sans doute le slogan de Cédric Klapisch et à plus forte raison le titre de ce son film.

De beaux paysages verdoyants, la chaleur des mois d'été, les courbatures, toute une armée de débutants à qui il faut enseigner l'exigence et la minutie que nécessitent les vendanges.

J'aime surtout le bourgogne, sa couleur, sa finesse et par-dessus tout, Juliette (Ana Girardot). Elle a du caractère et elle ressemble tellement à Hippolyte, même regard, même fragilité. Elle a 22 ans, fille d'Isabelle Otéro et d'Hyppolite Girardot. Elle ne se souvient pas avoir vu ses parents ensemble étant une enfant de famille recomposée. Avec trois demis-frères et sœurs, elle a su s'adapter a des milieux de vie différents. Le bel été 1914, le film qui a marqué une génération de femmes, les mères de ses copines, qui ne se privaient pas de lui faire savoir qu'elles étaient amoureuses d'Hippolyte. Son père est né en 1955, et on l'a souvent confondu avec Annie Girardot. Il a fait une longue carrière de grands films de qualité comme Fort-Saganne d'Alain Corneau et L'amant magnifique, d'Aline Issermann. On le remarque, aussi dans un très beau film Quand j'avais 5 ans je m'ai tué de Jean-Claude Sussfeld. Il devient une vedette grâce au succès du film d'Eric Rochant, Un monde sans pitié. Il peut être fier de sa fille, car c'est elle qui soutient et enjolive le film de Klaplisch.

Je n'oublie pas le narrateur de cette plaisante histoire, Pio Marmï, qui joue le rôle de Jean. Il est né le 13 juillet 1984 à Strasbourg d'un père scénographe et d'une mère costumière pour l'opéra de Strasbourg. Pio Marmaï se produit au théâtre d'abord puis on le retrouve dans Le Premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon qui lui vaut une nomination au César du Meilleur Espoir masculin en 2008. Acteur versatile, il fait partie d'une bande d'artistes très en demande.

Pour les paysages, la couleur du vin, surtout les acteurs et le soleil, Cédric Klapisch revient en force avec Ce qui nous lie. C'est le plaisir.

À l'affiche.

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