Dans un article intitulé «La chasse aux Anglos», M. Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l'Institut économique de Montréal, dénonce ceux qui seraient partis à la chasse aux unilingues anglais. Bien qu'il signe «à titre personnel», il le fait à partir du site Internet de l'organisme (iedm.org).
Cette chasse consiste «à dénoncer la présence de certains cadres unilingues anglophones dans certaines de nos grandes entreprises, ou à la Caisse de dépôt», ou encore, à manifester «devant un petit dépanneur indépendant si le propriétaire, un immigrant, ne maîtrise pas assez le français».
Mais d'où viendrait ce «goût renouvelé pour la chasse aux Anglos» selon M. Kelly-Gagnon? Elle découlerait, dit-il, «d'une anxiété accrue [...] liée à cette idée que le fait français serait en péril au Québec». Et pour contrer cette idée, il suffirait de noter, que si la proportion de francophones diminue à Montréal, c'est simplement parce que «les Québécois francophones - surtout les couples avec jeunes enfants - quittent Montréal pour les couronnes nord et sud dans une proportion plus grande que les anglophones».
Les «méchants Anglos» n'y sont pour rien
Reconnaissant le bien-fondé de l'étalement urbain plus prononcé des Francos-Montréalais, et bien que d'autres facteurs soient en cause, je suis d'accord avec Michel Kelly-Gagnon : cela «n'a rien à voir avec 'les méchants Anglais'». En effet, quiconque accepte un emploi au Québec sans connaître le français, n'est pas à blâmer, qu'il soit anglophone ou d'une autre langue.
C'est plutôt du côté de ceux qui ont fait ces nominations qu'il faut chercher à qui incombent les responsabilités. Le débat qui a eu lieu dans les médias est surtout orienté de ce côté. Si M. Kelly-Gagnon considère que les «chasseurs d'Anglos» ont raté leur cible, il rate la sienne également.
En effet, le préambule de la Charte de la langue française (loi 101) dit clairement que l'Assemblée nationale est «résolue à faire du français la langue de l'État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce et des affaires». Nommer des personnes ne sachant pas parler le français pour occuper une fonction exigeant des contacts avec des francophones, va à l'encontre des objectifs visés par la loi. Que cela se produise 35 ans plus tard, démontre bien que les mentalités n'ont pas changé. Hélas!
Michel Kelly-Gagnon est lui-même un bel exemple d'une mentalité qui s'est arrêtée dans le temps. Considérant que «l'anglais est le latin de notre ère», il approuve la décision récente du gouvernement Charest de payer des cours d'anglais à des immigrants. Il est dans son droit, bien sûr. Selon lui, «la maîtrise de l'anglais (à l'oral et à l'écrit) est une compétence essentielle pour occuper bon nombre d'emplois [en particulier] dans la grande région de Montréal, où habitent la majorité des immigrants du Québec» («Débat du jour», Cyberpresse, 2 avril 2012). Il est toujours dans son droit de penser ainsi. Ses convictions ont le mérite d'être claires.
L'immigration : aux sources des lois sur la langue
Or, justement, notre politique linguistique avait notamment pour but de franciser les immigrants fortement concentrés au cœur de la métropole du Québec. L'école française obligatoire pour les enfants d'immigrants a été la première réclamation (notamment lors de la «crise de St-Léonard») qui a conduit à la loi 22 de 1974 et à la loi 101 trois ans plus tard (J.-C. Corbeil, L'embarras des langues, 2007 : 125-221).
Dois-je rappeler que la chute de la fécondité au cours des années 1960 a montré au gouvernement du Québec qu'il se devait, après un siècle de retard, d'intervenir en matière d'immigration, un pouvoir partagé entre le gouvernement fédéral et celui des provinces depuis 1867?
À l'évidence, le fait français au Québec a encore besoin d'une béquille juridique, laquelle devrait d'ailleurs être consolidée et rigoureusement appliquée. Encore faudrait-il aussi que les mentalités changent une fois pour toute, afin de s'affranchir d'une telle prothèse.
D'ici le jour où le français sera tout naturellement la langue de convergence de tous les Québécois, comme c'est le cas pour l'anglais en Ontario, il faudra éviter de se laisser méduser par les chantres du libertarisme. Ceux-ci - les mêmes sans doute qui voient dans les lois sur l'environnement des entraves à l'exploitation des richesses naturelles - font de l'anglais la langue incontournable du développement économique et de la «création de richesse».
Eso es la verdad, Pedro.
2) si ma belle-famille est d'une quelconque indication, ces craintes sont non justifiées. Après 3 générations, la langue d'origine est perdue, à moins de vivre dans un ghetto
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/usa_3pol-etats.htm
La manifestation devant le dépanneur n'était pas parce qu'il ne maîtrise pas assez le Français mais parce qu'il a proféré des propose racistes et méprisants à l'endroit des francophones. Si deux propose semblables avaient été faits à l'endroit des juifs ou des noirs, il se serait passé quoi vous pensez?
C'est n'importe quoi ce M. Michel Kelly-Gagnon. Je vois que le jugement et la rigueur intellectuelle ne sont manifestement pas des prérequis pour être président et directeur général de l'Institut économique de Montréal!
Puisqu'on ne peut forcer quelqu'un a parler une langue, il n'y a rien vraiement a ajouter.
Toronto est multi-culturel. Les gens parlent la langue qui leur chante entre eux et personne ne force personne a parler anglais.
Le Quebec n'est pas un pays! Ca commence pas trop bien votre affaire...
"et une économie parmi les plus performante"
C'est pour ca qu'on est les plus endettés et qu'on paye le plus d'impots et de taxes en Amerique du Nord?
Rendez-vous service allez commentez un autre utilisateur.
Merci
Au delà des entreprises, il est devenu courant, surtout dans l'ouest de Montréal et Laval dans la quasi totalité des commerces de se faire aborder en anglais, "can i help you" et si parfois les personnes sont bilingue, il est devenu plus fréquent que même dans des commerces au détail, ils ne parlent pas du tout le français et ça ce n'est pas normal.
Pas plus normal que de se retrouver a Toronto, ouvrir un commerce de détail et de servir uniquement en français
Si nous voulons la perpétuer cette langue que nous aimons tant, il faudrait d'abord la respecter non?
Dans tous les pays du monde, on vous dira que la qualité de leur langue se détériore.
Le problème est clairement formulé par M.Paillé: les libeuros ont peur d'appliquer la loi.
Becoze leur clientèle...
Et parce que les québécois ont peur des lois linguistiques sans savoir qu'elles existent partout à travers le monde (USA, GB, Norvège, Turquie...)
1. Oui solution, parce que ceux qui pensent qu'il faut minimiser cette situation, du déclin du français au Québec se trompent royalement. Connaissez-vous beaucoup d'endroit où l'inverse s'est produit récemment?
2. Sans "blâmer les anglos" il faut absolument reconnaitre que le problème est bien celui de l'abandon du français au profit de l'anglais.
3. Au sujet de l'immigration, la fait de savoir parler français ou anglais ne devrait pas être le critère principal pour le choix des candidats (justement le parti conservateur va dans cette direction qui favorisera encore une fois l'anglais au profit du français). Il faut mesurer et planifier "la capacité d'adaptation au Québec et en français" des candidats. C'est ça le nerf de la guerre.
Coudonc, etes-vous sur de vivre au Quebec??
Et finalement, la chicane... clairement ce ne sont pas les gens comme vous qui la font et pourtant vous subissez comme nous tous le déclin linguistique, démocratique et économique du français. C'est le temps de voir les choses plus positivement non?
Les Québécois ont une fâcheuse tendance à pelleter les problèmes chez le gouvernement qui malheureusement n'a qu'un rôle secondaire à jouer.
Si 20 000 francophones quittent l'île à chaque année et sont remplacés par de nouveaux immigrants, ça fait 20 000 personnes de moins avec qui on peut pratiquer son français. Au bout de 20 ans c'est 400 000 personnes !
et les immigrants qui apprennent le français en plus de l'anglais et leur langue maternelle
vont avoir le meilleurs emplois et plus d'opportunités que le quebecois moyen,
merci office de la langue, bonne job
do not look to whom the bell tolls... the bell tolls for thee.
:)