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Pourquoi il fallait rejeter le programme d'anglais intensif du PLQ

07/03/2013 12:19 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT
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Le désaccord concernant l'implantation dès le primaire d'un programme d'anglais intensif universel improvisé par le gouvernement libéral de Jean Charest aura été exprimé par plusieurs. Ce programme reposait sur une évaluation partielle d'un projet pilote mené au sein des commissions scolaires du Lac Saint-Jean. Le rapport d'évaluation ne permettrait d'ailleurs pas de conclure, sans réserves, au bien fondé de ce programme, ni de la pertinence d'en faire un programme universel pour les régions déjà bilingues de Montréal et de l'Outaouais, où il existe de réels problèmes à l'intégration linguistique de l'ensemble des jeunes immigrants et des carences dans la qualité du français.

Le bon sens dicte déjà le rejet d'un telle politique impropre à la conjoncture du grand Montréal, milieu multilingue; parce qu'on ne saurait sans commettre une erreur pédagogique grave étendre à tous, et dans toutes les régions, un projet pilote spécifique; et que les difficultés d'apprentissage au primaire mènent à davantage de décrochage scolaire.

Le Québec profond veut une société de langue identitaire française, francophone, forte, et cohésive, ainsi qu'un Montréal français. Mais ce Québec vit une crise identitaire, et cette manière de gouverner aura plus contribué à diviser qu'à renforcer la cohésion...

Le leardership politique mou et navrant de Montréal en ce domaine, comme en d'autres, porte flanc à des critiques fondées. Montréal, ville d'esprit et d'expression française a un potentiel formidable. Ville bilingue ou anglomane, la métropole glisse vers l'indifférencié, elle ne sera bientôt plus qu'une des 30 villes nord-américaines les plus populeuses. Une grande part du dynamisme innovateur et créatif ainsi que du potentiel économique de Montréal réside dans son caractère affirmé en tant que ville de langue identitaire française et ouverte sur un monde diversifié et pluriculturel.

Il existe plusieurs raisons de renoncer au programme universel d'anglais intensif au primaire.

Des obstacles à ce programme ont été étudiés dès 2011 sous plusieurs références (dont le cahier cité à la fin de ce billet). Ils relèvent d'arguments psycho-éducatifs, socio-linguistiques et d'intégration linguistique et culturelle..

Sous le seul angle de la cohérence de l'enseignement, on aura compris que le plan du PLQ aura confondu projets éducatifs de certaines écoles et programme universel. C'est une ereur que les planficateurs bureaucrates auront souvent commis au cours des réformes; et, dont des sophistes se seront servis pour assoir des idéologies particulières au détriment de la qualité principale de l'enseignement: la cohérence...

Une dernière observation s'appuie sur une somme d'expériences, d'observations critiques et de lectures. L'apprentissage de l'anglais se ferait mieux par l'immersion linguistique et dépendrait de la motivation personnelle à l'apprendre. L'objectif de maitrise de l'anglais, langue lingua franca de notre époque, peut donc relever de la douzième année d'une formation secondaire normale, c'est à dire la première année du cégep (le tronc commun de la première année des cégeps n'est rien d'autre que la douzième année des High schools). Ainsi, immersion et motivation sont plus pertinentes, et un choix personnel peut être exercé au-delà du secondaire...

Au primaire: leave the children alone. Le décrochage chez les garçons, largement correlé aux difficultés de lecture, en dit déjà tout...

Sous la somme des considérations objectives, on s'étonne déjà qu'un tel programme ait même pu être proposé... Et que certains persistent dans cette voie. Cela pose alors une vraie question de légitimité et d'honnêteté intellectuelle.

Il est alors juste et raisonnable de rejeter un tel programme universel, comparable, à long terme, à une forme d'assimilation des francophones et des allophones de la grande région de Montréal par le bilinguisme social. Et ce, sur la base de ce que disent le linguiste C. Hagère et l'UNESCO au sujet de la mort des langues, ou de ce qu'enseigne l'histoire de l'évolution des langues. Croire qu'il en serait autrement ici, à Montréal ou au Canada-anglais, relèverait d'une pensée magique qui, à des causes identiques dans des conjonctures analogues, laisseraient rêver d'effets différents.

Une solution de rechange constructive

Très positivement, on aurait proposé ailleurs un mode de rechange s'appuyant sur des considérations psycho-éducatives: ce n'est pas l'anglais intensif qu'il faut valoriser, mais bien une introduction à toutes les langues romanes et un renforcement de l'apprentissage du français par une introduction adaptée au latin.

Cette proposition de rechange éviterait des dérapages et le glissement vers le bilinguisme social, tout en recherchant une consolidation des connaissances du français.

Il serait bien que cette suggestion constructive soit au moins lue...

Pour approfondir le sujet: Un passé, un destin ou l'avenir d'un peuple: L'intégration à la langue française, fondement d'un peuple, par Michel Pagé.

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