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Lettre à Philippe Couillard

14/09/2014 09:00 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

Des vraies affaires constitutionnelles

Monsieur le premier ministre, je vous écris cette missive que vous lirez peut-être si vous en avez le temps ou la volonté. Je vous donne à comprendre ce qui suit sur le sujet que vous avez soulevé la semaine dernière, en dépit de vos dires et parlures en campagne électorale.

L'excuse sentencieuse que l'on vous attribue plus récemment à l'effet que «les Québécois sont des partenaires-fondateurs de la Confédération canadienne (...)» donne encore à craindre une certaine hantise de plus en plus palpable à vouloir signer l'acte de décès d'un peuple et passer à l'histoire!

Je vous donne à comprendre que la Confédération était l'affaire de la réunion de deux peuples - l'un de langue française, l'autre de langue anglaise - répartis dans les quatre provinces originelles et que le statut du français était indirectement entériné par la quasi-parité des populations de l'époque et son statut reconnu dans deux des provinces sur quatre. L'évolution historique, sous la dynamique de la Confédération canadienne, aura réduit un peuple à un statut et un pouvoir réduit, ce dès Batoche, dès la pendaison de Louis Riel, dès les aventures politiques et financières du chemin de fer, et dans la foulée des lois anti-français des T-N-O (Manitoba, Alberta, T-N-O, etc.) et d'une politique d'immigration anglophone... Le développement de l'Ouest, tel que l'entendait MacDonald ne pouvait se faire sans l'exécution de Louis Riel et le silence complice des Laurier et Al, à la manière unitariste de la majorité anglo-saxonne.

L'idée du bilinguisme et du biculturalisme et d'un pacte confédéral entre deux Nations aura bien failli porter fruit sous la commission Laurendeau Dunton. C'est à cette lecture que j'aimerais vous convier, Monsieur de premier ministre, à l'esprit du B&B et de Laurendeau Dunton. Deux langues identitaires égales et deux entités nationales progressant également, puisque vous êtes confédéraliste. Mais la réalité fût et demeure toute autre: un peuple canadien-français qui s'étiole docilement sous ce régime si éloigné de L'esprit du B&B de Laurendeau-Dunton-Persons...

Mais dès lors comment pour un honnête fédéraliste éclairé envisager « la question du Québec » indépendamment de celle des francophones hors Québec (thème central de la pensée de Monsieur Claude Ryan)? Ainsi, l'unique position cohérente d'un fédéraliste serait de prendre conscience de l'état d'inégalité innervant l'évolution de la vitalité linguistique et culturelle de la francophonie canadienne, et alors œuvrer à recréer des conditions favorisant le Québec et le Canada-français et à inscrire un dépassement de la dynamique biaisée et des relents du Québec bashing, dont les effets sont insupportables pour les francophones hors Québec.

Je vous laisse en vous rappelant cette magnifique déclaration de Monsieur Robert Bourassa au lendemain de l'échec de l'Accord du lac Meech : «Le Québec est aujourd'hui et pour toujours une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement »

Amor patriæ nostra lex

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