LES BLOGUES

L'insoutenable intolérance du Canada anglais

04/02/2014 03:30 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

On aurait tort de prétendre que la société anglophone canadienne est plus tolérante. Elle oblige à la subordination à la langue anglaise - le speak white opère toujours - et le fond orangiste n'a point disparu. On n'a qu'à lire les commentaires dans les journaux anglophones pour déjà saisir l'ampleur du mépris viscéral envers ce qui ne s'exprime pas en anglais... Il y a au Canada anglais un discours en deux couches: une apparente tolérance, puis en sous-couche un extraordinaire mépris dont relève le dédain pour les langues autochtones et les cultures amérindiennes au Canada anglais. Toutes les lois linguistiques passées depuis Louis Riel dans les provinces de l'Ouest du Canada disent tout de l'intolérance de fond du Canadian et du combat incessant que doit mener le Canadien-français....

Par ailleurs, la société anglophone canadienne n'est pas de pensée monolithique: Halifax n'est pas Toronto ou Calgary. Beaucoup des attitudes apparemment tolérantes proviennent de besoins économiques pour une main-d'œuvre abondante et renouvelée. Que survienne une récession dans l'Ouest et vous serez en mesure de jauger le degré réel de tolérance du Canada-anglais pour l'immigration à portes ouvertes.

C'est un peu dans ce cadre de fond que doit être aussi jugé le multiculturalisme canadien ayant succédé à l'idée de biculturalisme et bilinguisme.

Certes, l'immigration à portes ouvertes pose de plus grands défis au Québec qu'au Canada anglais en raison de la langue et de la culture, ainsi que de l'insécurité de peuple minoritaire dans la société d'accueil. Mais ce défi relève aussi des écarts de prospérité économique entre le Québec et les provinces à l'ouest de la Belle Province.

Le Canada anglais exige de fait, par des attitudes intolérantes et par l'attraction actuelle de la langue anglaise, une intégration qui ne peut être égalée au Québec, et encore moins au Canada français. Posons alors comme prémisse que certaines conditions de fait conditionnent déjà, avant même que le migrant pose les pieds au Canada, une situation d'intégration puis d'assimilation à la langue anglaise et à la société anglophone.

Ainsi le Canada anglais, par le gouvernement fédéral, choisit les réfugiés et les immigrants de la catégorie de la réunification des familles. Déjà, dans les camps de réfugiés, les autorités fédérales enseignent l'intégration l'anglais. À titre d'illustration, on aura vu récemment le premier ministre Harper promettre une aide à l'éducation des enfants dans des camps de réfugiés syriens.

Je me permets de ramener en avant-plan cette donnée essentielle à l'intégration harmonieuse à la langue et à la culture canadienne-française, à savoir: Le rôle proactif potentiel du ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce international auprès des immigrants dits réfugiés et de la réunification des familles en pays d'origine. Ainsi en Syrie, ainsi dans le cadre de l'aide annoncée aux Philippines lors du dernier typhon.

Les conditions préalables d'intégration ne sont pas justes, à armes égales. Le Québec par l'action concertée du MICC et du MRI doit alors remplir un rôle qu'il n'assume pas actuellement...

On se doit de ramener au centre des discussions entre le Québec ( et le Canada français) et le fédéral ce genre de déséquilibre structurel qui fait toujours pencher la balance dans le camp du Canada anglais.. et engendre la chute du poids du français au Canada...

Références partielles :

. http://www.zone.coop/librairie/sciences-politiques/politique-quebecoise-et-canadienne/482850-un-passe-un-destin-ou-l-avenir-d-un-peuple.html

. http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-page/egalitarisme-au-multiculturalisme-canadien-antithese-souverainete-nationale_b_4182432.html