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L'inacceptable identité québécoise

22/12/2013 09:13 EST | Actualisé 21/02/2014 05:12 EST

Après le référendum de 1980, Ottawa a imposé une Constitution qui réduisait considérablement les pouvoirs du Québec en matière linguistique et identitaire ( loi sur le multiculturalisme canadien et la politique multiculturelle aux dépens du B&B, la Charte canadienne des droits et libertés, une loi sur les langues officielles fixant définitivement le là où le nombre le justifie ... )

La Charte a été utilisée pour permettre aux tribunaux de déconstruire, à coups de droits individuels, le droit collectif d'une nation à sa langue et à sa culture linguistique identitaire. Le multiculturalisme a déconstruit le concept d'identité canadienne-française égalitaire à l'anglo-canadien au profit d'une pluralité multiculturelle d'expression anglophone...

Sous Pierre Elliott Trudeau, la société québécoise est une société fermée, et sa mission est de l'ouvrir pour échapper au repli ethnique... Faire passer du domaine du choix démocratique d'un peuple minoritaire au plan légaliste des aspirations linguistiques et culturo-linguistiques : voilà la plus grande réussite machiavélique de M. Trudeau...l

Plus encore, à l'échec marginal du référendum de 1995, le Parti libéral canadien introduit le plan B et une forme de piège d'une partition du territoire québécois. Il introduit une véritable propagande psychologique pour culpabiliser l'esprit d'identité québécoise... c'est l'époque des commandites publicitaires du PLC... Ainsi, désormais, le nationalisme québécois devenait à la fois synonyme de repli ethnique et d'exclusion des autres, multiculturels, mais de langue anglaise, ou assimilés à la langue anglaise dans une proportion de plus de 90% pour l'ensemble du Canada ( réf. statistiques du CLO, année après année)...

Tout, jusqu'à l'argumentaire psychologique, contribue alors à culpabiliser un peu plus le nationalisme canadien-français. Pourtant, le Québec aura été un ardant défenseur du traité de libre-échange Canada/É.-U./Mexique, en opposition à l'esprit de fermeture d'un certain Toronto establishment...

Par la suite, la stratégie de la clarté référendaire du gouvernement fédéral vise à permettre à la majorité anglophone de décider si la question référendaire de tout référendum portant sur l'autodétermination serait assez claire pour être reconnue, ce qui équivaut à inféodaliser la souveraineté d'un peuple par une règle légaliste de la majorité... De plus, Ottawa contestera la règle du 50%+1 de la validité des résultats, ce qui équivaut à un droit de veto d'un parlement représentant la majorité anglo-canadienne sur la minorité francophone représentée par l'Assemblée nationale du Québec.

Le contexte de francophobie manifeste au Canada, et auquel participe un grand nombre de journaux et de médias anglophones, entretient un élément supplémentaire de guerre psychologique qui doit être intenable dans certaines régions pour des communautés francophones dispersées à travers le Canada, et pour un ensemble de francophones vivant et travaillant au Canada anglais. Pas étonnant que le taux d'assimilation des Canadiens-français soit si élevé...

L'entreprise confédérale entretient un tel état d'injustices et d'hypocrisie qu'il n'est pas facile aujourd'hui, pour un honnête homme, d'être juste fédéraliste à moins d'être révolutionnaire, inconscient ou un insécuritaire pathologique...

Le discours mondialiste de société ouverte et de village global contribue à accroître l'efficacité de la propagande anti-nationaliste, assimilée à une fermeture sur le monde défini par la lingua franca planétaire et l'american way of life... Ainsi, le combat pour la souveraineté canadienne-française ou québécoise s'inscrit légitimement dans un juste combat mondial pour la survie d'une foule de cultures minoritaires nivelées dans le melting pot mondialiste... combat qu'une société canadienne-anglaise ouverte endosserait ici, au Canada, dans le respect du B&B, et des cultures amérindiennes des Premières nations de l'Ouest canadien...

Ces idéologies prennent corps dans l'esprit populaire, telle une propagande, et devient une forme de jugement péremptoire dénigrant sans discernement l'affirmation normale de l'identité nationale. Tous n'en meurent pas, mais cette idéologie sous-jacente au discours d'ouverture sur le monde emporte bien des aiglons au parti libéral canadien ( PLC) et des bien-pensants au sein du Parti libéral du Québec (PLQ).

Le bonheur de l'humanité est plus lié aux libertés fondamentales et à des droits collectifs cohésifs qu'à l'égalité de chacun étendue sans distinction à l'ensemble.

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