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Les services aux élèves en difficulté écoperaient alors que les Commissions scolaires se perpétuent

02/09/2013 01:45 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

Des suggestions constructives

La rentrée scolaire ramène son lot de doléances justifiées : les compressions budgétaires des Commissions scolaires frapperaient encore les services aux élèves handicapés et en difficulté d'apprentissage (Le Devoir août 2013).

Certes Revenus et Dépenses doivent s'équilibrer. Au chapitre des Revenus, les Commissions scolaires (CS) procéderaient à d'importantes hausses des taxes scolaires afin de compenser les compressions budgétaires substantielles ( de l'ordre de 500M$ semble t-il) imposées par le gouvernement pour atteindre l'équilibre budgétaire.

Au chapitre des dépenses, comprenons que l'essentiel du passif provient des salaires et des avantages syndicaux, des immobilisations, de l'administration, et des services aux élèves.

La raison d'être de l'organisation scolaire est l'éducation, l'instruction et la formation des jeunes. Conséquemment qualité et services directs ne devraient jamais être compromis, car alors la structure organisationnelle même compromettrait la mission de l'école.

On aura déjà suggéré que le MELS devrait porter une analyse critique sous au moins deux volets qui semblaient mener à des gaspillages systémiques.

Les ''chers'' TBI, le plan de munir chaque classe d'un tableau intelligent et chaque professeur d'un ordinateur portable. Il pourrait se traduire par des dépenses directes et indirectes de l'ordre de 400 millions de dollars.

De plus, des journalistes auront soulevé des doutes quant à la probité du contrat des tableaux dits intelligents puisqu'ils auraient été commandés d'une façon inhabituelle à un fournisseur quasi unique dont le lobbyiste serait un ancien membre du cabinet de Jean Charest.

Nous avions avancé que l'utilité même de cette mesure était loin de faire l'unanimité dans le réseau de l'éducation. Ce programme devait donc être revu en tenant compte des limites, contraintes et priorités budgétaires... Depuis lors, le MELS a judicieusement remis en question ce programme : des dépenses pourront donc être évitées, et l'avenir dira si le PLQ devra répondre de la gestion de ce dossier.

Par ailleurs, le trop grand nombre de commissions scolaires CS (72) se solderait nécessairement par des coûts directs et indirects. Certaines régions administratives comptent un très grand nombre de commissions scolaires (Lac Saint-Jean et Rive-Sud, par exemple), et on peut croire qu'un nombre réduit de CS suffirait à assurer une coordination efficace au sein de régions administratives, notamment là où le ratio d'élèves par commissions scolaires est bas.

La fusion (ou regroupement) des commissions scolaires pourrait déjà se traduire par des économies en rémunérations (président, directeurs généraux, secrétaires attachées à ces postes de direction, etc.), en biens immobiliers (les édifices ou locaux assignés aux commissions surnuméraires, les frais d'entretien afférents, etc.) et en coûts intangibles (pertes d'efficacité découlant d'un trop grand nombre de structures, de réunions, etc.).

Les économies ainsi réalisées grâce à cette approche pragmatique de compromis pourraient être consacrées aux fonctions premières de l'École et en aide aux élèves en difficulté d'apprentissage.

En définitive :

En éducation, on comprendra d'emblée que ce qui est inutilement dépensé grève d'autant le potentiel de satisfaire des besoins évidents, voire criants: l'aide aux enfants en difficulté d'apprentissage, la lutte au décrochage, l'intégration des décrocheurs au marché du travail...

De cela découle déjà l'impérieuse nécessité de couper les dépenses là où des programmes ( TBI ) ou des lourdeurs administratives ( trop grand nombre de CS) sont déjà à l'évidence viciés..

Références :

1. La (bonne) gouvernance des finances publiques du Québec ;

2. Le Devoir, le 28 août 2013. Compressions : Les services aux élèves en difficulté écopent

3. Autres reportages journalistiques sur les hausses des taxes scolaires

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