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Les élections et la bonne Gouvernance

10/03/2014 12:25 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

La bonne Gouvernance? Qu'est cela sans une remise en question du modèle québécois et de privilèges octroyés à des groupes «corporatistes»?

J'avais auparavant tracé à grands traits quelques voies de réduction des dépenses et de contrôle des coûts.

Il est plus que temps de préciser certaines remises en question du modèle de l'État-providence légaliste et interventionniste qui mène inéluctablement à des impasses, impasses de plus en plus décriées unanimement par des autorités ou des personnalités en matière économique ( des études récentes, la sortie de l'honorable Jacques Parizeau, la position des lucides, etc. ).

Le Journal de Montréal avait d'ailleurs publié en 2012 une représentation graphique des structures organisationnelles et de l'administration du gouvernement québécois, précisant que celles-ci avaient gagné en complexité, entre autres par le nombre de «conseils», sous le gouvernement libéral de 2003 à 2012. Éventuellement, il faudra bien s'attaquer à la tâche immense de revoir la pertinence d'une foule de services, de fonctions ou de structures organisationnelles dont l'utilité contribue peu ou pas au bien-être objectif de l'ensemble tout en constituant des coûts importants pour les finances publiques, donc pour le citoyen.

Des occasions de réduire les dépenses et de contrôler des coûts, tout en accroissant l'efficacité et en réduisant la vulnérabilité à la corruption ou au népotisme, pourraient s'avérer salutaires, car enfin il y a des limites à cumuler des effectifs de l'administration gouvernementale et en même temps entretenir un discours sur la productivité économique... Il faudra bien apprendre à contrôler les dépenses et les coûts des projets immobiliers, des infrastructures et des projets ou contrats de services informatiques... Il faudra bien avoir la lucidité de revoir la rémunération de certains groupes de médecins spécialistes qui auront pourtant bénéficié d'une quasi-gratuité relative à leurs formations par rapport aux coûts réels et comparés aux autres provinces ou états. Il faudra bien aussi avoir le courage de revoir le bien-fondé de la largesse des régimes de pension de l'État, là où les conditions trop généreuses grèveront de plus en plus les finances de l'État et là où de tels régimes inscrivent une injustice sociale en regard de la condition des travailleurs du privé ou des travailleurs autonomes ou des chômeurs... La faiblesse économique relative engendrée par de tels déséquilibres s'oppose aux objectifs supputés de l'État-providence... Le corporatisme professionnel ni le syndicalisme égocentrique ne sont pas garants ni d'essor économique, ni de justice sociale, ni de solidarité sociale...

Comprenons alors que l'esprit de la lettre des lourdes structures organisationnelles, le lancement d'un programme d'assurance autonomie, nonobstant les bonnes intentions et la noblesse du sentiment de respect envers les aînés, pourront difficilement faire bon ménage avec l'état des finances et l'objectif de réduire les coûts à long terme et d'accroître l'efficience et l'étendue services aux personnes en perte d'autonomie ( du maintien à domicile, aux CHSLD en passant par les RI (résidences en soins intermédiaires).

Il faut remédier aux tares qui font dérailler la machine : la lourdeur administrative, l'augmentation des rémunérations des médecins, l'augmentation de la masse salariale des médecins, l'augmentation du nombre de médecins sans une augmentation de leurs services directs, les lacunes dans le domaine de la prévention, la stagnation du dossier des super infirmières - approche de nature à diminuer les périodes d'attente en clinique et à accroître l'accès à des services ou soins de santé familiale, sans décloisonner les descriptions de tâche pour le seul bénéfice de revendications syndicales...

Mais qui mènera ces remises en question alors même que le PQ fait le plein de candidats journalistes, communicateurs, syndicalistes et étudiants, mais néglige de recruter des candidats du domaine de l'ingénierie et des sciences, de la santé, de l'économie et des affaires... Le gouvernement qui en émergerait serait aussi faiblard en ces domaines et aussi tendancieux qu'un gouvernement libéral en matière de santé ou de langue ou d'intégration positive des immigrants à la société de culture et de langue identitaire, fondement d'un peuple fier...

On devrait retrouver, dans un gouvernement représentatif, des gens de culture scientifique qui pourront juger de la justesse de projets et d'orientations en matière de recherche et de développement, d'infirmières qui pourront faire avancer le dossier de la formation des super infirmières... À défaut, nous aurons encore, en ces domaines, un gouvernement faiblard ou des jugements péremptoires tels sous l'ancien gouvernement du PLQ on avançait des évaluations technologiques en fonction d'un comparatif à des pets de vaches...

Il ne faut pas s'étonner que la masse de la population désabusée décroche de tout projet de société qui vient poindre à la suite d'une manière de faire suintant les calculs partisans ou l'opportunisme électoraliste... La société québécoise se meurt de n'être point suffisamment entretenue de sentiments supérieurs; elle a besoin d'adhésion, de cohésion et de solidarité, littéralement...

Addenda et références

Dans Learning from the Past: How Canadian Fiscal Policies of the 1990s Can Be Applied Today, l'Institut Frasser recommandait alors que le gouvernement Charest s'inspire des objectifs de rigueur budgétaire des années Parizeau et Bouchard. L'Institut Fraser, réputé pour son penchant pour les politiques de droite, a de bons mots pour la gestion des finances publiques du Parti québécois dans les années 1990.

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