Michel Lambert

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Printemps érable et Hiver rouge

Publication: 05/01/2013 12:30

L'histoire commune des francophones d'Amérique du Nord et des Premières nations est jalonnée de conflits et de rendez-vous manqués dont le dernier en liste est la crise d'Oka de 1990, où la gauche n'a pas su appuyer les revendications autochtones. Aujourd'hui, le mouvement #Idlenomore se présente comme une nouvelle opportunité. Est-ce que Printemps érable et Hiver rouge peuvent se rencontrer?? L'histoire le dira.

Mais l'énormité des transformations inacceptables de l'État canadien et l'empressement aveugle du gouvernement conservateur de Stephen Harper d'écarter toute entrave, chez nous comme ailleurs, à la production et la distribution des pétroles des sables bitumineux apparait comme un point de jonction certain. Alors que la chef Theresa Spence se meurt, que le qouvernement québécois jongle avec l'idée de laisser entrer le pétrole bitumineux par la ligne 9 d'Enbridge, les mouvements sociaux autochtones et non-autochtones parlent de plus en plus d'alliances.

1990

L'accord du Lac Meech vient de mourir, rejetée notamment par les communautés autochtones qui n'y trouvaient rien pour elles. Le Québec le prend personnel et le soutien à l'idée souverainiste atteint des sommets sans précédent. Il n'est plus un regroupement, un festival, une rencontre qui ne prenne des allures de St-Jean Baptiste. Les fleurdelisés et les drapeaux des patriotes sont partout. Les progressistes rêvent déjà d'un pays de projets.

Puis, ce même été, le Québec découvre aussi la pinède d'Oka et une communauté autochtone en lutte. Plusieurs manifestations anti-mohawks mélangent nationalisme et ethnicisme. À LaSalle, on brûle un mannequin représentant un autochtone en scandant le «Québec aux Québécois». Les progressistes rangent les drapeaux. Mais à gauche, on est surtout perdu et on rate une opportunité de prendre position pour la justice.

2012

En février 2012, les associations étudiantes lancent une mobilisation qui va bien au delà de la question des frais de scolarité. Le Printemps érable propose un rejet fondamental du système lui-même et rapidement, il nourrit la colère des multitudes progressistes qui en retour le lui rendent bien. L'aveuglement de Jean Charest qui refusera de voir la profondeur de ce mouvement achèvera de causer sa perte.

Alors que ces braises sont «encore rouges», l'adoption d'une seconde loi mammouth en moins d'une année qui a notamment des effets catastrophiques sur la protection des voies navigables au Canada «réveille» et rassemble les communautés autochtones contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Ce dernier se positionne «à la Charest », obtus, ce qui ne manque pas déjà de nourrir un mouvement qui a forcément tout le potentiel de s'élargir au delà des seuls autochtones.

Printemps érable et Hiver rouge

Les attaques conservatrices contre tous et toutes dans ce pays vont en grandissant. Lois mammouth antidémocratiques, expansion des pipelines qui fait abstraction des préoccupations environnementales, coupures dans les programmes pour les droits des femmes, dans la coopération internationale, la culture, dans les services publics; ... la liste est trop longue.

Les autochtones de #Idlenomore se demandent au nom de qui Stephen Harper gouverne, et c'est aussi la question fondamentale au Québec.

C'est là l'opportunité !

Nous sommes d'horizons divers, autochtones et non-autochtones au Québec, mais une chose nous unit: nous nous opposons collectivement à ces politiques et à la vision du monde que les conservateurs veulent nous imposer.

Les progressistes du Québec doivent faire le pari de soutenir la révolte autochtone, ici et ailleurs au Canada, car elle est porteuse du même rejet fondamental du système qui a alimenté le Printemps érable. Elle a donc le potentiel de faire à Stephen Harper ce qu'aucun parti politique ne semble en mesure de faire depuis 2005, soit d'imposer une réelle opposition.

Une opposition extraparlementaire!

En parallèle, depuis plusieurs mois, un processus de Forum social Québec/Canada/Peuples autochtones est en marche. Les 26 et 27 janvier, l'Assemblée de fondation de ce forum se tiendra à Ottawa. Autochtones et non-autochtones en feront partie. On parle d'une alliance, large, vaste... c'est maintenant!! Nous n'avons pas le droit de rater cette nouvelle opportunité de faire marche avec nos frères et soeurs autochtones.

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  • 15 choses à craindre de C-10

    Les partis d'opposition, les organisations qui travaillent dans le milieu carcéral, le Barreau du Québec tout comme l'Association du Barreau canadiens: plusieurs groupes ont exprimé leur désaccord face au projet de loi C-10, une loi omnibus qui va modifier la justice criminelle en durcissant les peines et en imposant des peines minimales. Voici une synthèse de leurs objections. (CP/Alamy)

  • 15. Des peines plus lourdes pour les jeunes contrevenants

    Les changements à la loi sur les jeunes criminels imposeront des sentences plus sévères contre les jeunes contrevenants coupables de crimes violents ou les jeunes récidivistes. Il sera plus facile de garder ces jeunes en détention avant le procès. C-10 élargit aussi la définition d'un crime violent en ajoutant la notion de «créer créant une probabilité marquée qu'il en résulte des lésions corporelles» plutôt qu'une infraction dans laquelle l'adolescent « cause des lésions corporelles graves ou tente d'en causer ». La nouvelle législation forcera aussi la Couronne à envisager des peines pour adulte pour les contrevenants coupables de crimes violents, et imposera aux juges d'examiner la possibilité de lever l'interdiction d'identifier les jeunes condamnés, et ce, même s'ils sont jugés comme mineurs. (Alamy)

  • 14. Jeunes contrevenants - La divulgation des noms

    La publication des noms des jeunes contrevenants pourrait leur porter préjudice pour le reste de leur vie. Le Québec a d'ailleurs réclamé que les provinces puissent se retirer de cet aspect de la loi. (Flickr)

  • 13. Jeunes contrevenants - Des peines inutilement longues

    De longs séjours passés derrière les barreaux, en mauvaise compagnie, risquent de transformer les jeunes contrevenants en criminels endurcis et de miner leur potentiel de réhabilitation. (Alamy)

  • 12. Jeunes contrevenants - Les minorités ethniques pénalisées à outrance

    Les Canadiens d'origine autochtone ou de couleur noire risquent de pâtir des nouvelles mesures qui faciliteront leur emprisonnement. Ceux-ci sont déjà surreprésentés au sein de la population carcérale. (Alamy)

  • 11. Jeunes contrevenants - Oubliez la réhabilitation

    Les changements apportés à la loi mettront l'accent sur la « protection de la société ». Mais selon les critiques, faciliter l'emprisonnement des adolescents n'aidera en rien à les éloigner d'un mode de vie criminel. Le Québec a tenté sans succès d'obtenir des amendements, afin de poursuivre ses programmes de réhabilitation dont le succès a été démontré au fil du temps. (Alamy)

  • 10. Moins de libérations conditionnelles

    Les modifications au Code criminel vont éliminer la possibilité de libérations conditionnelles et de peines avec sursis (purgées dans la communauté ou à domicile) pour une panoplie de crimes incluant l'agression sexuelle, l'incendie criminel, le trafic de stupéfiants, le meurtre, le kidnapping, ainsi que toute fraude ou vol de plus de 5000 $. Le double crédit pour le temps passé en détention avant le procès sera éliminé lui aussi. (Getty)

  • 9. Moins de libérations conditionnelles - Hausse des coûts d'incarcération

    Les différentes mesures qui seront bientôt adoptées coûteront plusieurs millions de dollars par année. Selon le directeur parlementaire du budget Kevin Page, l'abolition des libérations conditionnelles fera grimper les coûts d'incarcération de 2600 $ à 41 000 $ par contrevenant. (Alamy)

  • 8. Moins de libérations conditionnelles - Engorgement du système judiciaire

    Les accusés choisiront de subir un procès en plus grand nombre. En effet, peu d'entre eux plaideront coupable, sachant que les libérations conditionnelles sont abolies. Le système judiciaire, déjà passablement engorgé, le deviendra encore plus. Dans les cas où les libérations conditionnelles sont encore possibles, le nombre d'audiences est voué à augmenter. Un nombre plus élevé d'incarcérations résultera en un nombre record de personnes éligibles. La Commission des libérations conditionnelles du Canada, la Commission québécoise et les autres organismes provinciaux équivalents devront obtenir des budgets plus élevés. Selon Kevin Page, une demande de libération conditionnelle coûte actuellement 4289 $ par personne. (Alamy)

  • 7. Peines minimales obligatoires

    Les peines minimales obligatoires sont l'aspect le plus décrié des nouvelles mesures imposées par le gouvernement conservateur. Elles seront appliquées en matière d'agression sexuelle, de trafic de drogue, de crimes violents et de violence envers les enfants. Toutefois, les statistiques en provenance des États-Unis démontrent qu'elles ont créé plus de problèmes qu'elles n'en ont réglé. Jumelées avec des peines plus longues et l'abolition des libérations conditionnelles, elles risquent de congestionner les systèmes judiciaire et carcéral d'une manière insoutenable à long terme. (Jupiter Images)

  • 6. Peines minimales obligatoires - Hausse des coûts d'incarcération

    Le coût des poursuites et de l'incarcération est voué à augmenter, ce qui fera diminuer le budget disponible pour les mesures de réhabilitation. (Alamy)

  • 5. Peines minimales obligatoires - Surpopulation des pénitenciers

    Les pénitenciers existants sont déjà remplis à pleine capacité. Les nouvelles mesures entraîneront leur surpeuplement, à moins que de nouveaux établissements soient construits rapidement. (Alamy)

  • 4. Peines minimales obligatoires - Les juges privés de leur pouvoir discrétionnaire

    Les juges ne pourront plus tenir compte du profil de l'accusé et des circonstances du crime. Ils devront imposer des peines identiques, peu importe la situation. Par conséquent, les autochtones ne pourront plus bénéficier de mesures disciplinaires alternatives. (Alamy)

  • 3. Peines minimales obligatoires - Des sanctions démesurées pour les délits mineurs en matière de drogues

    Les petits trafiquants de drogue seront pénalisés durement. Cependant, la loi aura peu d'effet sur les producteurs et les chefs de réseau liés au crime organisé. (Alamy)

  • 2. Peines minimales obligatoires - Des résultats mitigés

    Les prisonniers auront peu de chances d'être réhabilités et risqueront de récidiver davantage. De nombreuses études démontrent que des peines plus sévères n'ont pas l'effet dissuasif escompté et n'entraînent pas une baisse du taux de criminalité. Par conséquent, les changements apportés à la loi n'atteindront pas leurs objectifs. (Alamy)

  • 1. Peines minimales obligatoires - La Charte? Quelle Charte?

    La nouvelle législation en matière de criminalité risque de susciter une vague de contestation judiciaire s'appuyant sur la Charte canadienne des droits et libertés. De manière générale, certains articles menacent la liberté et la sécurité de la personne. D'autres menacent plus particulièrement « la protection contre tous traitements ou peines cruels et inusités », ainsi que « le droit à la même protection de la loi, indépendamment de toute discrimination ». (Alamy)

 

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