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Les «cannibales» et le projet Quinze40

04/06/2015 11:57 EDT | Actualisé 04/06/2016 05:12 EDT

Dans un récent débat sur La Presse Télé, les chroniqueurs de La Presse Alain Dubuc et François Cardinal discutaient des pour et des contre du projet de centre commercial à ciel ouvert «Quinze40».

Pendant le débat, M. Cardinal, qui semblait de façon générale contre le projet, a utilisé à quelques occasions l'expression «cannibaliser» pour parler de la concurrence entre les nouveaux commerces qui seront situés au carrefour des autoroutes 15 et 40, et ceux déjà existants du boulevard Saint-Laurent et de la rue Sainte-Catherine.

Voilà une vision incroyablement tronquée et fallacieuse du concept de concurrence.

Loin d'être du «cannibalisme», ou même un jeu à somme nulle, la concurrence est quelque chose de positif et d'essentiel dans notre économie. La concurrence favorise l'émulation, stimule la demande et ultimement, force les entreprises et commerçants à mieux satisfaire les besoins des consommateurs, que ce soit en améliorant la qualité de leurs produits, en diminuant les prix, ou justement en offrant leurs services à un endroit plus intéressant et convivial que ce qu'offre le concurrent.

Au final, le consommateur en sort gagnant (et personne ne se fait manger!)

M. Cardinal suggérait que le Ville de Montréal commande une étude indépendante pour savoir si ce futur centre commercial aura un impact sur les commerces de la rue Sainte-Catherine. Afin de déterminer si une «grosse bannière» comme Norstrom, par exemple, allait «cannibaliser l'offre».

Répétons-le encore une fois: la concurrence est un processus de découverte, qui force les entrepreneurs à innover et à s'adapter toujours mieux aux besoins des consommateurs. C'est un processus de création, de raffinement, et non pas de destruction. En fait, c'est tout le contraire du cannibalisme, qui consiste à consommer un individu de sa propre espèce en ne laissant rien derrière.

Ceux qui sont le mieux placés pour prendre ces risques, ce sont justement les entrepreneurs et ceux qui mettent leur propre argent sur la table. Et non pas des fonctionnaires ignorants des réalités du marché, des consultants ou des «planificateurs» urbains. Et encore moins des commentateurs dans les médias, dont la compréhension de la logique économique de base fait souvent défaut.

Laissons ceux qui mettent leur propre argent en jeu décider de la justesse ou non d'un tel investissement. C'est la meilleure façon de découvrir comment organiser le commerce de détail à Montréal de façon à satisfaire le plus grand nombre de consommateurs.

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