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Parlons hockey... de chez nous!

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L'idée n'est pas nouvelle, mais parlons-en encore une fois. L'humiliation publique de la ville de Québec lors des assises de la LNH à Las Vegas, la folie collective qui a suivi l'échange de P.K. Subban, et tellement d'autres décisions de cette même ligue dite «nationale» de hockey par le passé font en sorte qu'il est temps de réfléchir en dehors des cadres habituels ou, comme disent les Anglais ou les Américains, «to think outside the box».

Le sport lui-même

Notre sport dit «national» a changé au cours des années en raison de la multiplication des équipes et des exigences de plus en plus démentes de la télévision. De sport, le hockey est devenu un spectacle. Pour que ce spectacle attire à la fois les spectateurs et les téléspectateurs, la Ligue nationale de hockey a en quelque sorte «aplani» la valeur sportive des équipes par le contrôle du repêchage.

Après quelques décennies, on voit le résultat. Année après année, la coupe Stanley se promène d'une équipe à une autre. Les dynasties d'équipes fortes et victorieuses durant plusieurs années consécutives comme celles du Canadien ou des Red Wings il y a 40 ou 50 ans n'existent plus, et ne reviendront plus. Cela, c'est positif. Peut-être.

Québec peut toujours espérer, assise le derrière sur son banc de neige, mais ce n'est pas demain la veille que la LNH va lui accorder une franchise.

Mais pour que le «spectacle» attire les spectateurs et les téléspectateurs, le hockey est aussi devenu brutal et violent. Les coups vicieux, les charges physiques insensées par derrière, les commotions cérébrales conséquentes ont transformé ce sport pour le pire. À la finesse, au jeu de passes, au maniement habile du bâton ont succédé des agressions et des transgressions de toutes sortes.

Pour se protéger, les joueurs se sont mieux équipés. Mais plus les joueurs se protègent avec de l'équipement, plus la violence se développe. Cette situation est tellement réelle que les autorités des ligues plus junior doivent prendre des mesures pour interdire l'imitation par les jeunes du comportement de leurs «vedettes» de la LNH.

Enfin, comme la LNH est à cheval sur deux pays, c'est toujours la devise américaine qui prévaut dans les transactions et dans les contrats pharaoniques des joueurs. Rien ne semble se pointer pour freiner la surenchère des salaires dans le hockey et personne ne se scandalise plus de l'indécence hallucinante de la rémunération de ceux qui sont souvent appelés des «pousseux de pucks».

Les franchises

Pour la LNH, les franchises sont avant tout des machines à fric. Que la population du lieu soit une fanatique de sport ou non, cela importe peu: ce sont les revenus de la télévision qui comptent.

Dans cette logique, on ignore la ville de Québec et on accorde une franchise à Las Vegas.

Québec peut toujours espérer, assise le derrière sur son banc de neige, mais ce n'est pas demain la veille que la LNH va lui accorder une franchise, son amphithéâtre neuf nonobstant, comme disent les pédants. Le Canada n'est évidemment pas en tête de liste de préoccupations dans le bureau de Gary Bettman à New York.

De tout cela, il se dégage une odeur malsaine, en tout cas pour un vieux comme moi qui a vu neiger et qui a vu également jouer les Richard, Moore, Howe, Hull, Béliveau, Geoffrion, etc. Ainsi, sortons du cadre.

Pour une ligue canadienne de hockey

Le temps est probablement venu de démarrer une vraie ligue nationale canadienne de hockey. Le hockey est, dit-on, le sport national du Canada, comme le baseball est celui des États-Unis. Or, aujourd'hui dans la LNH, il y a seulement 7 équipes de hockey au Canada contre 23 aux États-Unis. Sport national, dites-vous?

Seules les équipes canadiennes doivent absorber les contrecoups coûteux des fluctuations du taux de change avec le dollar américain. Sport national, dites-vous ?

Les horaires de diffusion des réseaux américains déterminent fréquemment l'heure des joutes de ce côté-ci de la frontière. Sport national, dites-vous ?

En 1971, deux Californiens ont créé l'Association mondiale de hockey (AMH) pour casser le monopole de la LNH. Cette ligue a existé de 1971 à 1979. Elle n'a pas eu tout le succès escompté, mais en 1979, quatre de ses équipes ont joint la LNH: les Oilers d'Edmonton, les Jets de Winnipeg, les Nordiques de Québec et les Whalers de la Nouvelle-Angleterre.

Il est plus que temps de brasser la cage du hockey professionnel. Il faut réinventer un hockey sportif plus élégant et moins brutal, plus canadien et moins américain. Il serait bon de revoir des joueurs évoluer sans casques ou visières (sauf pour les gardiens de buts). Il faut ouvrir les portes aux jeunes de ce pays dans ce sport qui recrute trop facilement dans les pays européens. Il faut redonner à notre sport national une présence canadienne plus marquante, plus accentuée.

Victoria, Regina, Hamilton, Laval, Québec, Halifax: voilà quelques villes qui, au point de départ, pourraient décider de jeter les bases d'une ligue professionnelle de hockey authentiquement canadienne et de bon niveau.

Pourquoi pas? Pourquoi ne pas se sortir du magma nord américain de la LNH? Il est temps que ça se fasse. Qui prendra l'initiative?

Bien sûr, c'est idéaliste. Mais idéaliste ou non, l'idée est relancée.

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