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Quand le bonheur des uns fait le bonheur des autres

31/08/2012 11:45 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT
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Happy woman laughing against white background

Deux sujets ont attiré mon attention au cours de la dernière semaine : les référendums d'initiative populaire qui autorisent les citoyens à se mobiliser pour proposer des avenues de changement et le manifeste de Dominic Champagne. Vous allez peut-être me demander en quoi l'un rime avec l'autre. Je vous explique.

Dans son livre, Champagne fait référence au droit au bonheur, concept qui n'a en soi rien de nouveau puisque nos voisins du Sud l'ont spécifiquement inscrit dans leur Déclaration d'indépendance il y a plus de 200 ans. D'ailleurs, à travers l'Occident, les sociétés cherchent à comprendre comment améliorer le bien-être des citoyens au moment même où des choix difficiles se dessinent. Bien que les intentions de reconnaître l'importance du bonheur dans nos sociétés soient louables, comment peut-on réellement s'y prendre?

Afin d'augmenter le bonheur collectif, il faut comprendre comment ce bonheur se crée, se développe et s'entretient chez les citoyens. Bien entendu, nos gouvernements ne sont pas là pour règlementer les affaires de cœur des uns, ni les chicanes de familles des autres. Ceci dit, ils ont une influence directe sur des aspects importants qui participent au bien-être : à titre d'exemple, la qualité d'éducation à laquelle nous avons accès, l'égalité des chances dans l'obtention de notre emploi et la qualité de l'environnement dans lequel on vit. Bref, le travail de nos politiciens a un impact direct sur notre bonheur quotidien.

Dans le cadre de leur travail, les hommes et femmes politiques font face à un problème de taille bien connu : nos besoins sont plus grands que les ressources dont ils disposent. Plus notre société offre des services aux citoyens et plus de nouvelles technologies se développent, plus il est difficile pour nos gouvernements de répondre à tout un chacun sans endetter les générations futures. Il faut donc faire des choix. Notre système démocratique fait en sorte que ce sont nos élus qui nous proposent ces choix.

Nos élus ne connaissent cependant pas les réelles aspirations des citoyens et leurs souhaits quant aux manières d'améliorer leur qualité de vie. Ils les présument. Or, les citoyens ne sont pas dupes : ils savent que nos droits et services fondamentaux font face à des contraintes importantes et qu'à tout vouloir en même temps, nous risquons de n'avoir rien du tout. Il est donc grand temps de leur poser les vraies questions qui tiennent compte des contraintes associées aux choix offerts afin de révéler ce que les citoyens veulent vraiment. Voulez-vous que soit offert de meilleurs régimes de retraite aux employés municipaux même si cela suppose une augmentation du revenu des municipalités (augmentation des taxes et des impôts fonciers)? Voulez-vous obtenir de meilleurs transports collectifs sachant qu'il faudra continuer de soutenir les infrastructures routières existantes et de ce fait, collecter plus de revenus auprès des automobilistes? Bref, il y a mille façons de poser les enjeux. Les citoyens peuvent y répondre.

Notre population a accès à plus d'information et est plus éduquée que jamais. Nos gouvernements font quant à eux face à une importante crise de confiance. La qualité de vie des citoyens et la confiance en leurs institutions pourraient véritablement être influencées par leur participation accrue aux décisions collectives. N'ayons donc pas peur de faire parler nos gens. En ce sens, les référendums d'initiative populaire ou toute autre forme de consultation populaire qui permettraient aux élus de comprendre l'acceptabilité de leurs politiques publiques sont non seulement souhaitables, mais à mon avis, nécessaires. Il est grand temps que nos politiciens le comprennent et n'aient pas peur de poser les questions difficiles : il en a va de la poursuite de notre bonheur collectif.

Portraits des chefs