Mélanie Joly

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Montréal doit changer d'attitude

Publication: 8/02/2012 04:30

Montréal a un problème d'attitude. Depuis des années, sur de nombreuses tribunes, on dénonce son manque de leadership. Nombreux sont ceux qui, nostalgiques, référent au Montréal des belles années, celles du défunt maire Jean Drapeau. Homme ambitieux et de grandeur, il voulait révéler Montréal à la face du monde. Bien sûr, Drapeau n'avait pas que des qualités. Mauvais gestionnaire de projets et quasi-dictatorial, il a imposé à ses citoyens ses dérapages budgétaires et les a fait payer pendant des années. Néanmoins, sous son règne, Montréal s'est fait connaître comme étant une grande ville nord-américaine, une des capitales de la Francophonie mondiale.

Une ville revêt directement la personnalité de son maire. Tout au long des années Drapeau, Montréal a été influencée directement par sa personnalité. On l'a alors perçue comme étant grande, visionnaire, à l'avant-garde. Le maire Drapeau et sa ville avaient du cran. Or, c'est cette absence d'attitude que l'on reproche aujourd'hui à la métropole du Québec. On la veut confiante alors qu'elle agit en victime. On la veut innovatrice alors qu'elle est aux prises avec ses infrastructures vieillissantes et ses vieilles méthodes de penser. Quand je regarde Montréal, je suis profondément frustrée de voir à quel point on la méprise, à quel point on ne parle que de ses points faibles.

Or, les maux de Montréal ne diffèrent pas de ceux des grandes villes nord-américaines. Problèmes d'entretien d'infrastructures, allégations de collusion, sous-financement, difficultés liées aux régimes de pensions, désintérêt de ses citoyens, etc. À la différence des cités du continent, Montréal se distingue par sa mauvaise réputation, tant chez elle qu'ailleurs.

Montréal doit se refaire une fierté. Puisqu'il s'agit du poumon économique du Québec, elle doit se faire respecter par Québec et Ottawa. Elle doit oser se tailler une place auprès des grands de ce monde.

Comment y parvenir?

Avant de parler de moyens concrets (ce dont nous aurons l'occasion de discuter au cours des prochains mois, Montréal doit prendre la place qui lui revient, être fière et confiante. Son maire doit se faire respecter des citoyens, de la communauté des affaires et de la classe politique. Il doit communiquer et faire connaître les succès de sa ville. Il doit également être innovateur dans ses grands projets d'infrastructures (développement des rives du St-Laurent, investissements en transport en commun, investissements au Musée d'art contemporain de Montréal, organisation de grands rassemblements gastronomiques, etc.) et s'assurer d'avoir une bonne équipe pour les mener à terme. Tout au long du processus, il doit écouter attentivement, communiquer fièrement ses points forts et réseauter efficacement. La ville du maire est la plus grande, la plus visionnaire et la plus à l'avant-garde. Elle s'adapte intelligemment aux réalités d'aujourd'hui et voit à la pérennité de ses projets.

Drapeau y allait par projets. L'accumulation de ses initiatives a fait de lui un visionnaire. Il avait avant tout de grandes aspirations pour Montréal et les communiquait fièrement. C'est ainsi qu'il positionnait sa ville ici, au pays et à l'étranger.

C'est en ayant un maire qui nous rend fiers que l'on sera fier de Montréal. Qu'on pourra lire et entendre, ici comme ailleurs, dans les journaux et les cafés, le fait que notre ville vaut la peine d'être visitée, d'y vivre et d'y investir.

Soyons fiers. Osons. Il nous faut développer l'attitude Montréal.

 

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