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Le beau risque de 2015

29/08/2013 12:49 EDT | Actualisé 28/10/2013 05:12 EDT

Le débat politique est doublement polarisé et il se concentre par moment autour d'un seul axe, à savoir celui de la souveraineté et du fédéralisme.

Alors que ceux qui ont vécu un ou deux référendums, les Meech ou Victoria ont sur le coeur encore les passes croches du gouvernement fédéral d'alors. D'autres générations, dont la mienne, ont conscience de ces évènements, mais ne peuvent que passer par-dessus. Je le dis tout de suite, je digère mal une constitution dont la principale marque de commerce est la nuit des longs couteaux. Je digère mal aussi les différentes magouilles financières, tactiques et autres de ces mêmes gouvernements fédéraux de l'époque dans les luttes contre la souveraineté.

Ceci étant, je suis convaincu que plusieurs personnes de ma génération, ainsi que bien d'autres sont passées au-dessus. Ils comprennent et se souviennent des évènements mentionnés ci-haut. Par contre, nombreux sont ceux qui croient en un beau risque nouveau genre. Pourquoi? Car ils lèvent le nez de sur leur propre nombril, regardent plus largement et se concentrent sur plus préoccupant.

Le 11 septembre 2011 a marqué l'imaginaire de beaucoup. La Syrie, le Liban, l'Afghanistan, l'Irak, l'Iran, la Chine, l'Inde, le nucléaire, le réchauffement de la planète, la pollution... Nous avons beaucoup plus à nous soucier que l'hypothétique rêve souverainiste du passé. Nous avons levé notre regard vers une dimension plus large. Laissons au provincial la lourde hypothèse référendaire et regardons vers l'avenir au fédéral.

Je suis fédéraliste, me définissant comme partisan du provincialisme. Je reconnais le passé, mais je me soucie de préserver et d'encourager la place du Québec dans une fédération efficace et renouvelée.

Ceci étant, où est mon beau risque dans tout ça? Il se trouve dans un gouvernement fédéral nouveau genre. Jamais je ne voudrais voir un gouvernement mené par le Parti libéral du Canada, même avec ce leader "nouveau genre" qu'est Justin Trudeau. Pourquoi? Parce que ce parti en est un qui est corporatiste, centralisateur et qui ne croit pas aux pouvoirs des provinces. Il m'est impossible de croire en l'honnêteté et la bonne foi de Trudeau et du PLC, malgré son insistance sur la transparence. Rappelons-nous les évènements que j'ai énumérés ci-haut, particulièrement les "belles" années sous les libéraux, la commission Gomery m'ayant trop marqué (elle a trop marqué Infoman aussi!).

Le beau risque réside au NPD. Un parti qui a une idée claire de ce qui adviendra d'un éventuel "Oui", un parti qui reconnait le pouvoir d'autodétermination des provinces et qui, surtout, a les mains plus que blanches. N'avoir jamais gouverné au fédéral n'est pas un manque d'expérience, mais plutôt un sacré avantage en ce qui concerne la transparence, la bonne foi et le renouveau. De plus, souvenons-nous qu'il ne manquera pas de conseillers des NPD provinciaux pour soutenir l'équipe de Tom Mulcair!

Pourquoi devrait-on alors remettre les clés d'Ottawa entre les mains du même PLC, alors qu'il a de nombreuses bévues sur son C.V.? Pourquoi ne donnerait-on pas le trousseau à un parti qui a tout à prouver et au surplus tout à gagner en tentant de réunir les progressistes et de renouveler le fédéralisme canadien? C'est pour moi là un beau risque que de parier sur le NPD, un parti souple dont les principes s'articulent autour du travail de négociation et de discussion. Il s'agit pour moi du nouveau parti pour le Québec et pour les provinces.

Le Parti libéral du Canada dans tout ça fait ce qu'il a toujours fait de mieux, i.e tirer ci et là pour plaire à une partie de l'électorat facile à amadouer, alors que l'on sait bien qu'il a coeur que des intérêts corporatistes.

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THOMAS MULCAIR

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