Une politique publique peut autant être une action qu'une inaction. Dans les deux cas, il s'agit d'un choix : lorsqu'un sujet « X » arrive à l'agenda public, le gouvernement peut choisir de l'aborder, de ne pas l'aborder ou de promettre de l'aborder à une date ultérieure. Cette dernière option est particulièrement utile pour désamorcer une crise : les médias et la population finissent pratiquement toujours par passer à autre chose après un certain temps et votre inaction passe inaperçue aux yeux de la majorité. Pour le Parti Québécois, la question de l'indépendance fait partie de son ADN et elle reviendra à son agenda tant et aussi longtemps que le Québec sera une province. Il n'est donc pas étonnant que les militants, qui sacrifient beaucoup de temps pour cette cause, souhaitent en retour voir leur parti se diriger vers la souveraineté (Note à Gérard Deltell; ce n'est pas être radical que de souhaiter que les choses bougent!). Mais parfois en politique certaines décisions trahissent votre incapacité d'agir.
Agir ou faire semblant d'agir?
La commission Bouchard-Taylor en est un parfait exemple : en pleine « crise » des accommodements raisonnables, le gouvernement Charest a décidé de créer la commission tout en promettant d'adopter ultérieurement des politiques selon les recommandations des commissaires. Inutile de vous dire que le gouvernement n'a rien fait à ce sujet. Autre exemple : lorsque le gouvernement conservateur a voté contre le projet de loi du député Robert Aubin (application de la loi 101 aux entreprises sous juridiction fédérale), les Conservateurs ont promis un comité consultatif sur la situation de la langue française au Québec. Inutile de vous dire que ce comité n'existe pas et n'était qu'un écran de fumée. Un autre exemple relié à la langue française : le projet de loi 103, présenté par Christine St-Pierre, visait à non seulement permettre les écoles passerelles pour les nantis, mais aussi à renforcer certains articles de la Charte de la langue française. Ceci permettait de réduire la grogne chez les francophones, mais l'ex-ministre a décidé de scinder le projet de loi en deux afin d'éviter de perdre l'appui des anglophones tout en promettant de remettre à plus tard le renforcement de la Charte de la langue française. Bien entendu, ce renforcement n'a jamais eu lieu, mais en promettant d'agir le gouvernement a partiellement réussi sa diversion. La position de la CAQ et du PLQ sur la question nationale trahit également leur désir d'immobilisme : la CAQ promet de ne pas en parler pendant au moins dix ans (mais refuse de se dire fédéraliste) alors que le PLQ n'en parle tout simplement pas (les rares fois où un Libéral en parle, c'est pour dire que le « fruit n'est pas mûr »). Advenant une demande de pouvoirs additionnels par Québec, inutile de vous dire que le gouvernement fédéral n'aura qu'à promettre d'éventuellement former un comité chargé d'étudier la question afin de détruire la stratégie péquiste (et ce, seulement s'il devait y avoir de la grogne face à un refus du fédéral, sans quoi le gouvernement fédéral n'a qu'à choisir de ne rien faire).
Les campagnes publicitaires sont une autre méthode de diversion face à un non-agissement. Si une histoire, par exemple, de joueurs compulsifs fait les manchettes, il suffit de promettre une campagne nationale de sensibilisation aux effets néfastes du jeu pour que la pression sur le gouvernement s'écroule. L'effet d'une telle campagne est limité, et le gouvernement le sait pertinemment, mais ceci démontre malgré tout à la population que vous agissez (bien qu'en réalité cette politique ne règlera pas le problème). Parfois vous n'avez pas intérêt à régler le problème -- les casinos, par exemple, rapportent beaucoup à l'État et des politiques plus musclées (ex. : fermeture des casinos la nuit et le matin) réduiraient les revenus de l'État -- alors que d'autres fois vous êtes simplement incapables de véritablement régler le problème (ex. : intimidation à l'école).
La campagne promotionnelle du PQ
C'est, selon moi, dans cette dernière catégorie que s'inscrit la campagne promotionnelle de la souveraineté annoncée par le Parti Québécois (payée à même les fonds du parti et non avec des fonds publics, soit dit en passant) : bien qu'une telle campagne ne soit pas totalement inutile, elle est incontestablement insuffisante. Elle est un aveu d'impuissance d'un parti qui souhaite l'indépendance, mais où plusieurs membres n'y croient plus vraiment. Pourtant, difficile de blâmer ceux qui ne croient pas qu'ils verront l'indépendance de leur vivant étant donné que le Parti Québécois a combattu pour celle-ci durant plus de 40 ans. Bien que Pauline Marois soit, à mon humble avis, la meilleure gestionnaire pour le Québec parmi les chefs des cinq grands partis politiques du Québec, il suffisait de l'entendre lors des débats télévisés de la dernière campagne électorale pour comprendre que, dans son for intérieur, elle s'est résignée à diriger une province.
Le Parti Québécois a tendance, depuis sa création, à être incapable d'aller au-delà de ses paradigmes et à voir au-delà des contraintes qui nous ont été imposées. La gouvernance souverainiste me semblait être un pas dans la bonne direction dans la mesure où elle permettrait justement de donner un certain avant-goût de l'indépendance et de montrer les contradictions et les contraintes du fédéralisme canadien. À entendre les députés, elle semble pourtant n'être qu'une gestion « provincialiste » teintée d'un nationalisme revendicateur peu différente de celle des fédéralistes ayant précédé Jean Charest. Un fédéraliste comme Maurice Duplessis a permis au Québec de (re-)créer l'impôt provincial sur le revenu des particuliers en 1954, et ce, malgré le refus d'Ottawa. Jean Lesage et Paul Gérin-Lajoie ont créé la politique étrangère du Québec malgré l'opposition d'Ottawa (on dit même que la première délégation québécoise à Paris craignait d'être arrêtée pour haute trahison à son retour au Canada). Ils n'ont pas demandé la permission à Ottawa, ils ont simplement agi dans les intérêts du Québec.
Pourquoi diriger le Québec selon les contraintes constitutionnelles? La pire chose qui pourrait arriver est qu'une politique québécoise soit contestée devant les tribunaux, ce à quoi le gouvernement québécois peut -- du moins, dans la plupart des cas -- répondre en faisant usage de la clause dérogatoire! Ceci permettrait de briser le statu quo dans lequel nous sommes prisonniers, condition nécessaire pour espérer l'indépendance.
L'indépendance n'est pas garantie, tout comme la survie du Parti Québécois ne l'est pas. Le mouvement souverainiste préexiste d'ailleurs la Révolution tranquille, bien qu'il n'ait pris son envol qu'avec la fondation du Parti Québécois par René Lévesque. À la suite de la défaite de 1980, Pierre-Elliott Trudeau a profité du moment de faiblesse du souverainisme pour imposer antidémocratiquement sa vision du Canada. Les Conservateurs ont ensuite profité de l'indignation québécoise face à cette constitution pour promettre une réforme constitutionnelle, ce qui a mené au « Beau risque » et aux échecs de Meech et Charlottetown. Ces deux échecs ont largement revigoré l'option souverainiste, ce qui a permis à Jacques Parizeau d'être élu premier ministre du Québec en 1994 et d'enclencher un deuxième référendum sur l'indépendance du Québec en 1995. Mais après cette courte défaite, tant Lucien Bouchard que le PLQ ont refusé d'avoir quelconques revendications face à Ottawa et de mener le combat pour la souveraineté ou l'autonomie. L'initiative a été totalement perdue après 1995 et le gouvernement s'est depuis contenté d'une gestion provinciale tout en intériorisant la constitution de 1982, tant au niveau de ses contraintes que de son multiculturalisme politique. Faut-il s'étonner que l'option indépendantiste stagne depuis le dernier référendum et semble même être accueillie avec indifférence par l'immense majorité de la population? Rien ne se passe, personne ne bouge.
Un nécessaire renouveau
Dans un premier temps, il faut se rendre à l'évidence : le mouvement souverainiste est fragmenté et le PQ, nonobstant le fait qu'il forme aujourd'hui le gouvernement, est plus faible que jamais. Avec un taux d'insatisfaction record, le Parti libéral est malgré tout passé à 500 votes de reformer le gouvernement. Cette insatisfaction a poussé de nombreux Québécois à se déplacer jusqu'aux urnes. La poussière étant retombée, croyons-nous vraiment qu'ils seront aussi nombreux à se déplacer aux prochaines élections? La réponse est tout simplement non, beaucoup sont désillusionnés par rapport aux promesses de changements et n'auront plus leur fort mécontentement comme source de motivation à aller voter. Les libéraux seront donc fortement avantagés grâce à leur fidèle base électorale et pourraient facilement remporter l'élection... à moins que le Parti Québécois ne propose quelque chose de plus ambitieux que de simplement promettre une bonne gestion provinciale.
C'est pourquoi il me semble primordial pour le Parti Québécois de se renouveler. Ceci implique notamment de négocier et de trouver un terrain d'entente avec Option nationale. Le combat d'égos entre ces deux partis ne fait que nuire au mouvement souverainiste alors que chacun des deux partis détient une piste de solution pour le mouvement indépendantiste. Par exemple, la proposition d'ON de faire le « L-I-T » est-elle complètement incompatible avec une vision autonomiste de la gouvernance souverainiste? ON pourrait-elle accepter la vision du PQ, c'est-à-dire que le fait de promettre un référendum dans un premier mandat empêcherait un parti d'accéder au pouvoir et que, conséquemment, il serait peut-être plus opportun de préparer l'indépendance lors de ce premier mandant pour ensuite chercher à la réaliser dans un deuxième?
À ce stade-ci, je crois que Québec Solidaire et le Parti Québécois sont irréconciliables, le PQ s'étant incontestablement réaligné vers le centre. Ceci n'est pas nécessairement une mauvaise chose étant donné que le centre est habituellement politiquement plus payant et que QS attire des électeurs non souverainistes tout en faisant la promotion de cette option (un avantage pour la cause). Par contre, un mélange du nationalisme décomplexé du PQ et de la ferveur souverainiste (et la fraicheur) d'ON pourraient donner de bonnes raisons aux électeurs indépendantistes de se déplacer. La forme de cette collaboration est un tout autre débat qui méritera d'être longuement débattu, mais le statu quo mènera au désastre.
Bref, une campagne publicitaire ne sauvera pas le Parti Québécois et ne remettra pas l'indépendance sur les rails. Il faut se rendre à l'évidence : un changement de paradigme s'impose. Je crois que sans une stratégie souverainiste plus ambitieuse et sans un rapprochement entre ON et le PQ, ce dernier pourrait imploser advenant une victoire du PLQ en 2013 ou 2014. Il n'y a pas qu'un chemin qui mène à l'indépendance, mais encore faudrait-il finalement en choisir un et commencer à marcher!
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Quand on veut accéder à un projet de société comme la gestion souveraine de l`État et de son territoire, il me semble que la cause doit passer en priorité et les différends idéologiques personnels relégués au second plan car il s`agit d`un luxe que seuls les opposants peuvent se payer dans le confort du statu quo.
Tous ceux qui se retrouvent à gauche du spectre politique sont mûrs pour une grande réflexion. La mobilisation est notre seule planche de salut… Sinon c`est l`éternel «diviser pour mieux régner» qui nous aura à l`usure.
De plus, plusieurs se tournent vers le multipartisme au lieu du bipartisme. Les priorités de la population sont diverses et évoluent dans le temps. C’est tout un défi pour les politiciens.
Donc, regarder en avant ne veut rien dire. Il s'agit seulement de regarder dans une direction différente. Fédéralistes comme souverainistes regardent dans des directions différentes, chacun en se disant qu'«en avant», c'est par là.
C'est tout.
Les souverainistes sont des urluberlus de la souveraineté ..
Le canada-des-anglos est urluberlu de la souveraineté ..
Tout les pays du monde sont urluberlus de la souveraineté ..
De tous les habitants de la terre, 'y a juste les soumissionistes colonisés du Québec qui sont pas des urluberlus de la souveraineté. Ils sont tellement plus fins que les autres, ceux-là ..
Présentez ça à Aussant et au PQ. Pour moi, c'est la seule avenue possible.
Si je me trompe, veillez accepter mes excuses.
Non..... vraiment pas.
Je vais vous expliquer les choses autrement. M. Aussant a paniqué lorsque les sondages étaient catastrophiques pour le PQ. Il a pensé que tous le suivraient. Quelques uns l'ont fait pas mais pas tous. Curzi, Lapointe, Beaudoin (avec réserves). Rebello a aussi quitté pour les mêmes raisons. Tous ces gens là, aujourd'hui réalisent leur bêtise. Ils seraient tous probablement ministres aujourd'hui et travailleraient concrètement à la réalisation de la souveraineté.
Curzi, Lapointe, Beaudoin et Rebello ont compris. Aussant a décidé de s'entêter. Maintenant il veut faire du chantage politique. Comme QS. Ces partis là s'en prennent uniquement au PQ, d'où ils tirent l'essentiel de leurs membres. Ils pensent avoir un effet de levier sur le PQ. Avec un ou deux députés ils pensent contrôler le gouvernement en le menaçant de le faire chuter.
C'est un mauvais calcul. Ça ne marche pas.
Excellent! Parlons projet: et mettons le Québec avant tout. Avant ON, avant le PQ, avant la gauche, avant la droite.
Tant que les gens du PQ verront ON comme un problème et non une solution ils resteront cantonnés dans leurs vieilles habitudes et disparaitront peu à peu. C'est quand même incroyable de voir comme un ennemi un parti qui se dit prêt à disparaitre pour la cause.
Vus vous définissez peut-être trop par rapport au PQ, en opposition ou en réaction au PQ.
Aussant s'est peinturé dans le coin. Il doit abandonner sa position.
Il y a très longtemps que le PQ n'est plus ce qu'il était: depuis 95. Si Parizeau n'avait pas démissionné, baissé les bras le soir ou le lendemain de la presque victoire, je pense qu'on n'en serait pas là aujourd'hui. Fallait battre le fer pendant qu'il était chaud, pas s'éclipser. Bouchard a pris la relève mais il n'était plus le Lucien Bouchard de la campagne électorale. La souveraineté n'était plus dans ses priorités. Le PQ a perdu énormément de militants dans les années qui ont suivi ce référendum. Parce qu'il n'y avait plus personne pour entretenir l'espoir que la prochaine fois serait la bonne.
Vous prônez un rapprochement du PQ et ON. Si M. Aussant croyait accélérer l'indépendance en se dissociant du PQ et en formant son propre parti, il s'est carrément mis le doigt dans l'oeil. Tout ça ne fait que nuire et retarder l'accès à l'indépendance. Je m'inquiète plutôt de la stratégie de QS qui veut s'associer avec ON. Contre le PQ? Faudrait que QS et ON oublient leur égo respectif. QS n'est pas un parti souverainiste, il ne veut que gagner quelques députés de plus. Aussant devrait retourner au PQ s'il veut atteindre son objectif, un jour.
Moi je milite pour ON parce que ce sont mes convictions: en prenant le temps de s'expliquer, en étant honnête avec les gens et en ne se basant pas toujours sur des "focus groups", des boites de pub etc.
Alors... vous...votre égo? Vous êtes vraiment certain que c'est ON qui a un problème d'égo?
Vous dites que madame Marois semble résignée à diriger une province. Vous semblez oublier que c'est le mandat qu'elle a reçu alors que plus ou moins 60% des Québécois ne veulent pas entendre parler de souveraineté. Si M. Aussant était PM, n'aurait-il pas comme objectif d'être élu majoritairement à la prochaine élection? Afin d'être en position de force, cette fois, pour AGIR, comme vous dites? Madame Marois va faire tout ce qui lui est possible pour rappeler aux Québécois que le PQ veut un pays, mais il est irréaliste d'espérer atteindre l'indépendance durant ce mandat.
Avec moins d'1/3 des votes, le PQ a accédé au pouvoir. Or, même après près de deux décennies sans véhicule de promotion, l'option souverainiste joue continuellement autour des 40%. Donc, avec une campagne décomplexée, non seulement sur la souveraineté, mais, surtout, sur la multitude d'avantages d'être réellement maitre chez nous, je (et des dizaines de milliers d'autres) sommes convaincu qu'en promettant avec vigueur l'indépendance du Québec, il encore possible de prendre le pouvoir.
En fait, ce que le PQ fait présentement, c'est de démontrer qu'il est possible de gouverner et de maintenir le Québec en santé tout en étant la confédération. Désolant venant des fédéralistes, horrible et sans précédent venant du PQ (je préfère dire PQ que péquistes, car, ceux-ci, sont majoritairement composés de militants de bonne foi).
Je suis bien contant d'avoir laissé tombé ce parti inutile!
Aussant est un politicien fini. Les prochaines élections seront ses dernières. Il aurait dû rester au PQ. Il serait aujourd.hui un ministre influent et pourrait faire la promotion de la souveraineté au sein du PQ. Au lieu de ça, il a choisi de détruire le seul véhicule crédible auprès de la population.
Jamais je ne voterai pour votre parti.
En gros ce sont le pire représentant de la cause que l'ont peu avoir!