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Justin Trudeau veut nous endetter davantage

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Le programme économique du Parti libéral du Canada s'est précisé à l'occasion du congrès du parti à Montréal. L'un de ses points centraux est celui-ci: les déficits budgétaires sont un bon moyen de faire croître l'économie et il ne faut pas craindre de s'endetter davantage.

Dans une vidéo lancée il y a quelques jours, Justin Trudeau explique que les ménages canadiens sont fortement endettés, que les provinces le sont également, alors que le gouvernement fédéral a, lui, fortement réduit son niveau d'endettement comparé aux autres pays développés depuis les années 1990. Sa conclusion? Ottawa est seul à avoir de l'espace pour dépenser et s'endetter. Ottawa doit donc prendre la relève et dépenser pour les autres.

Lors du congrès de Montréal, les délégués libéraux ont pu entendre Larry Summers, un économiste américain, expliquer qu'il faut des «politiques non conventionnelles d'appui à l'économie» du jargon d'économiste pour dire «dépenser sans compter». Selon lui, s'endetter davantage est une bonne chose si cela stimule l'économie.

Est-on en récession? La situation actuelle justifie-t-elle de replonger le gouvernement dans le rouge?

On se croirait en fait durant les années 1970, quand le père de Justin Trudeau faisait exploser une dette fédérale jusque-là relativement modeste en lançant un nouveau programme après l'autre, la plupart du temps en s'immisçant dans les compétences des provinces. On a vu où cela a mené, autant sur le plan des finances fédérales que celui des relations fédérale-provinciale.

Le congrès libéral a discuté de toute une panoplie de «stratégies nationales» sur le transport, l'énergie, la santé mentale, les enfants, l'eau, les médicaments, les jeunes au travail, la science, et j'en passe. C'est ce type de gouvernement fédéral dépensier, interventionniste et plus centralisé que son fils nous propose de nouveau aujourd'hui.

Même s'ils prétendent s'engager «d'abord à être responsables», les libéraux s'engagent en fait sur une pente raide en adoptant ce genre de politique.

Le poids de la dette a diminué considérablement durant les trois premières années de notre gouvernement, de 34 % à 28 % du PIB. Il est remonté à 33 % ces dernières années à cause des mesures prises pour combattre la crise. Selon nos projections, il devrait être ramené à 25 % du PIB d'ici 2021.

Cette dette n'est pas une abstraction. Le service de la dette coûte environ 30 milliards de dollars par année aux contribuables canadiens. C'est autant que ce que rapporte la TPS. Plus la dette va diminuer, moins nous aurons à consacrer de ressources au service de la dette, et plus nous pourrons nous permettre de réduire les impôts des contribuables.

Justin Trudeau et son conseiller américain croient encore à la vieille théorie keynésienne selon laquelle le gouvernement crée de la richesse en dépensant davantage.

La réalité, c'est que chaque fois que le gouvernement prend un dollar additionnel dans la poche de quelqu'un, c'est un dollar que cette personne ne pourra pas dépenser ou investir. Les dépenses publiques augmentent; les dépenses privées diminuent. Il n'y a aucun effet net. Aucune création de richesse.

Les emprunts du gouvernement ont le même effet. Les investisseurs privés qui prêtent l'argent au gouvernement auront moins d'argent à prêter à des entrepreneurs du secteur privé. Les emprunts et les dépenses publics augmentent; les emprunts et les dépenses privés diminuent. Il n'y a aucun effet net. Aucune création de richesse. C'est comme prendre une chaudière d'eau dans le coin de la piscine où l'eau est profonde pour la jeter dans le coin où c'est moins creux.

C'est ce genre de politique trudeauiste qui nous a mis dans le trou dans les années 1970. Ce n'est pas de ça dont le Canada a besoin aujourd'hui.

Pour relancer l'économie, il faut donner aux entrepreneurs les moyens de créer de la richesse. Nous devons mettre en place les meilleures conditions possibles pour que le secteur privé devienne plus productif: en contenant les dépenses publiques, en réduisant les impôts et en signant des ententes de libre-échange. La croissance et le progrès passent par plus de liberté économique.

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