Mathilde Mercier

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J'aurais dû mettre ma chemise à carreaux

Publication: 18/04/2012 09:21

Quand tu tapes cabane à sucre dans Google, la première proposition que le moteur de recherche suggère est « cabane à sucre constantin » alias Constantin-Grégoire. Apparemment, c'est la crème de la crème de la cabane à sucre pour tout Montréalais qui se respecte et tout maudit français qui n'a pas peur d'être cliché.

Je me retrouve donc à faire mon chemin de croix alimentaire en soupant des oreilles de criss au fin fond du Saint-Esprit, dans la région de Lanaudière, un vendredi 13. Végétariens, s'abstenir.

Cliché 1 : l'autobus scolaire jaune

Le périple commence sur les chapeaux de roues. Notre moyen de transport est énorme, jaune, nord-américain et conduit par un anglophone. La population estudiantine avec qui je migre vers des contrées lointaines est davantage armée pour aller faire des concours de chemises mouillées au Spring Break que pour aller souper tranquillement avec grand-mère et les petits cousins.

Le nombre important de filles et l'infime chiffre de gars avec qui nous voyageons entreprennent un joyeux karaoké-yaourt. Des demoiselles vident des bouteilles de coke qui ne contiennent pas que du coke. Le party commence à pogner.

Cliché 2 : la cabane à sucre

Après une heure de champs qui sentent bon la rose, de paysages industrialisés et de petits hameaux enclavés, on arrive à la fameuse cabane à sucre qui a plus la taille d'un hangar à avion que d'une cabane. Ça brasse pas mal.

Ambiance imitation chalet en bois, petite vaisselle de porcelaine et nappe à carreaux rouges et blancs en plastique. Sur la table, les rillettes me font déjà de l'œil. Juste après la soupe aux pois et au lard, je commence déjà à me dire que celui qui a dit que « plus c'est gros, mieux ça passe », n'est jamais allé à la cabane à sucre. Arrivé au jambon fumé à l'érable, mon estomac est en grève. Non aux 1625 calories!

Cliché 3 : fermette et jeux pour enfants

Je ne suis pas loin du coma hyperglycémique quand un ami, aussi hyperglycémiqué que moi, lance un « Allons prendre l'air! ». Ni une, ni deux, la petite bande roule vers l'extérieur (croyez-moi, à ce moment du repas plus personne ne marche).

Une fois dehors, le choc olfactif est intense. « Hmmm, j'adore respirer l'odeur du crottin de cheval après un souper gras et sucré! », poussais-je. Sans oublier celles des lapins nains, moutons et autres lamas.

Ca plus la bière et la nourriture qui font la samba dans mon ventre, les nausées ne tardent pas. Il devrait écrire sur une pancarte à l'entrée de la cabane à sucre que l'abus de sirop d'érable est dangereux pour la santé. Il peut vous faire prendre des décisions que vous ne prendriez pas en temps normal comme faire de la balançoire pour se « rafraichir » alors que vous avez la nausée...

Cliché 4 : La danse en ligne

« LIFE IS LIFE, LA, LA, LA, LA, LA !», chante tout le monde en chœur. Je ne soupçonnais pas que c'était aussi « hype» de danser sur des chansons quétaines. En face de moi, ça se cruise ouvertement.

Le DJ, qui doit surement animer tous les mariages du coin, envoie du lourd. Mais où se cache la boule à facettes pardi? Forcément, la Macarena et I got a feeling (digne d'un lipdup uqamien en live!) y passent.

Mais, mais... Coudonc! C'est-tu moi où tout le monde a une chemise à carreaux. Ouin, la prochaine fois, je ne viens pas sans. Parce que oui, il y aura une prochaine fois. La cabane à sucre c'est trop hot!

 

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