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Loi zéro émission: nous aurons le gouvernement à l'œil!

04/11/2016 10:23 EDT | Actualisé 04/11/2016 10:23 EDT

Depuis déjà une semaine, le Québec est officiellement la première province au Canada à s'être dotée d'une loi véhicule zéro émission. Il s'agit d'une avancée importante en matière environnementale, puisqu'elle contribuera à lutter contre la pollution atmosphérique tout en bonifiant la diversité de l'offre de véhicules électriques sur le marché québécois.

Le Québec se doit d'être en marche dans sa lutte soutenue contre les émissions de gaz à effet de serre (GES). À lui seul, le transport routier représente près de 80 % de nos émissions. Il faut donc faire de ce secteur notre principale cible. Il faut s'attaquer à la racine du problème, d'où l'appui de la CAQ au projet de loi VZE.

Toutefois, nous sommes toujours ralentis par les mêmes obstacles : oui, l'électrification des transports est un signal efficace, mais ce n'est pas la panacée. Dès le dépôt de la loi 104, en juin dernier, la CAQ a été le seul parti politique à souligner l'incohérence du ministre de l'Environnement, David Heurtel : un grand déploiement de véhicules zéro émission (VZE), tel que souhaité par le gouvernement libéral, ne réduira en fin de compte que 150 000 tonnes de GES par année. C'est écrit noir sur blanc dans son plan d'action!

Nous sommes bien loin du million de tonnes de GES qu'ajoutera le projet de la cimenterie McInnis en Gaspésie, projet libéralo-péquiste lancé sans aucune consultation environnementale. Je dis «oui» volontiers à la lutte contre les changements climatiques, mais soyons cohérents !

En aucun cas, la mise en place de cette loi ne devra résulter en l'instauration d'une taxe déguisée sur les voitures traditionnelles.

Plusieurs gains obtenus par la CAQ

Certains ont été surpris de voir la CAQ voter en faveur d'une loi zéro émission. Laissez-moi vous exposer tous les gains que nous avons réussi à obtenir, au bénéfice du consommateur. Par exemple, grâce à nous, la loi permet aux constructeurs d'acquérir des crédits à un prix plus juste, plus avantageux, puisqu'ils pourront accumuler des crédits entre eux et non uniquement par la vente de véhicules électriques, tel qu'initialement prévu par les libéraux.

Nous avons également répété qu'il est impératif de créer un marché favorable aux VZE afin de créer de la demande auprès des consommateurs, qui, avouons-le, est plutôt timide pour le moment. Grâce à la CAQ, le gouvernement devra évaluer l'efficacité de son projet de loi tous les 4 ans.

Aussi, nous nous sommes assurés de protéger les Québécois qui, par la faible autonomie des batteries, le temps de recharge aux bornes et le peu de bornes rapides disponibles sur le réseau, choisiront d'acheter un véhicule à essence. Nous avons fait entendre les préoccupations des propriétaires de voiture à essence dès le départ. En aucun cas, la mise en place de cette loi ne devra résulter en l'instauration d'une taxe déguisée sur les voitures traditionnelles. Le ministre David Heurtel a bien entendu ma mise en garde et nous l'aurons à l'œil pour nous en assurer.

Au final, la loi telle qu'adoptée est bien supérieure à sa version originale grâce à nos interventions.

Une loi VZE est une avancée en soi, mais ce n'est pas une raison pour donner carte blanche au gouvernement libéral. Nous les surveillerons de près, soyez-en assurés, afin que l'on vise à atteindre réellement nos cibles de réduction de GES, et en même temps qu'on parvienne à limiter les effets sur le consommateur de l'instauration d'une telle loi.

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