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Le gym, pour une perte de poids et d'intérêt tout aussi rapide

18/02/2015 11:26 EST | Actualisé 20/04/2015 05:12 EDT

Le 12 février 2013, j'étais un petit baquet de 5'10 et 205 livres qui en avait assez. J'en avais assez de ne rien faire à la maison. J'en avais assez d'accumuler des frustrations et d'avoir trop d'énergie disponible pour l'extérioriser.

C'est pourquoi j'ai pris la sage décision, avec la recommandation d'un ami qui y était abonné, de finalement m'inscrire au gym. N'étant pas trop convaincu d'aimer le concept de m'entraîner avec des machines, j'ai cru que de m'abonner dans un gym « Multisports », m'offrirait plusieurs possibilités. Au cas où le fait de courir comme un cave sur un tapis roulant en suintant à grosses gouttes et de beugler comme un homme des cavernes en soulevant des poids de 15 livres ne m'allumerait pas tant que ça.

Comme toute personne incertaine de fréquenter une salle de sport assidûment, je me suis embarqué pour un an, à 63,24$/mois, plus frais d'adhésion de 85$ à la signature. Non, ce montant orbitant n'était pas mon salaire de joueur dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais bien le prix que j'allais payer pour fréquenter l'un des gyms les plus dispendieux des environs. Avec la piscine, les terrains de tennis, de badminton et de squash, le sauna, le spa, les cours de groupe, le parcours de cross-fit, une clinique, des magasins, un resto et même une agence de voyage, je me suis convaincu que j'allais en avoir pour mon argent. Et je ne me suis pas trompé.

J'ai joué une fois au badminton, activité qui a occasionné des frais supplémentaires, même avec ma carte de membre et je n'ai jamais utilisé la piscine, parce que je devais mettre un casque de bain pour le visage à cause de ma barbe. J'ai souvent fait usage du sauna à vapeur en compagnie d'hommes âgés et nus qui s'adonnaient à toutes sortes d'activités, allant du commérage à haut volume, jusqu'aux étirements post-entrainement très rigoureux.

N'ayant jamais eu la chance de jouer au hockey étant jeune, je n'avais jamais connu avant le vestiaire de gym, la liberté d'expression de la zoune, dans un milieu de boys. Jamais auparavant un homme ne m'avait fait l'analyse complète du système de jeu du Canadien, le moineau à l'air, bien écarté, avec le séchoir entre les jambes. On s'y habitue, tout en ne s'y habituant jamais.

Durant ma première année, j'ai fait beaucoup de sacrifices. J'étais au gym parfois le matin vers 6h et plus souvent qu'autrement de 18h30 à 20h30, le soir après le travail. Alors il m'arrivait souvent de manquer les matchs de hockey et les activités de semaine entre amis. Une des raisons principales pourquoi je manquais les soupers avec les amis, par contre, c'était parce qu'afin de perdre du poids et de me maintenir après, j'ai du m'en tenir à un régime de gruau/poulet/salade/riz/carottes/brocolis/Crispy Minis. Pas le genre de trucs que t'as envie de manger, quand ton ami(e) se goinfre d'une poutine au bacon devant tes yeux affamés.

En allant au gym de trois à quatre fois par semaine et en mangeant peu calorique, j'ai réussi à perdre 30 livres en l'espace de trois ou quatre mois. Parce que oui, au début, ca va vite, vite, vite, vite, vite! De 205 à 175 livres en si peu de temps, je me croyais dans une annonce de Bowflex, so I gave all my fat clothes to my fat friends!

Très surpris par cette perte de poids rapide, j'ai repris goût aux aliments qui ont du goût. Ces mêmes aliments caloriques, qui ne m'allumaient presque plus, tellement ils étaient consommés en quantité industrielle. C'était comme de retrouver sa femme avec une libido renouvelée après une infidélité de plusieurs mois. Le goût d'interdit était décuplé. Le gym me tentait un peu moins, mais je continuais d'y aller assidûment, car j'avais une motivation inébranlable ; le 63,24$ qui passait sur ma carte de crédit chaque mois.

J'ai eu beaucoup de fous rires au gym. Bien que mon ami aille au même gym que moi pendant un moment, il est arrivé très peu souvent qu'on y aille à deux. Je préférais y aller seul car je ne voulais pas y passer mon temps à jaser et à me déconcentrer de l'objectif. En plus, lui essayait de prendre du poids et moi, d'en perdre. Les objectifs étaient complémentaires, mais à la fois complètement différents. Pas comme si j'aurais juste pu lui donner mon gras superflu.

L'endroit où j'allais n'était pas peuplé que de douchebags. Il y avait beaucoup de personnes âgées, d'ethnies différentes, de toothpicks mâles ou femelles, de madames enrobées, de monsieurs enrobés, de jeunes, de beaux, de belles, de laids et de laides. Puis, il y avait moi. Je me mets dans une classe à part parce que je suis l'auteur de ce texte et je n'ai pas à me catégoriser ainsi.

Je n'avais pas et je n'ai toujours pas de connaissances en ce qui attrait aux programmes de gyms et aux exercices favorisant telle perte de poids ou tel gain de muscle. Sauf qu'en ayant eu une formation de base au secondaire et au CEGEP en musculation, je ne suis pas inadapté au point de faire les frais d'un « Awkward Gym Moment ». Malheureusement, pour certains utilisateurs de ce gym, expérience ne veut pas nécessairement dire connaissance. Des moments particuliers où l'utilisateur d'une machine ne semblait pas exactement savoir ce qu'il faisait, il y'en a eu des tonnes. C'est pourquoi j'aimais mieux aller au gym seul et prendre le temps de les observer. Car, ce sont des moments que je n'aurais pas voulu manquer pour tout l'or du monde, en jasant de choses futiles avec un ami qui monopoliserait la machine à leg press, tout en regardant des vidéos de chat sur le wifi du gym.

Quand l'abonnement de mon ami a échu, je n'ai pas cessé d'y aller. J'ai baissé la cadence de mes visites, vers la fin de ma première année d'abonnement, à deux fois par semaine. Puis, plus vite que je n'ai jamais pu l'imaginer, est venu le temps de mon renouvellement. C'est là, que la question qui tue a fait son apparition soudaine dans la conversation.

J'ai dix jours pour me décider si je renouvelle ou pas, sans quoi je devrai repayer les frais d'adhésion de 85$, payable une seule fois, BONS À VIE... selon le conseiller rondelet pas du tout en forme, qui m'a vendu mon abonnement en 2013.

« Qu'est-ce-que j'fais, calisse? », me suis-je écrié à la réception. Ce à quoi la gentille réceptionniste, fort peu souriante, m'a suggéré de me calmer le ponpon. Ce débordement m'ayant fait croire que j'avais possiblement d'autres frustrations à évacuer durant la prochaine année, m'a convaincu de tomber dans le piège et j'ai resigné pour un an.

Nous sommes en février 2015. Et après avoir fait moins bon usage de ma deuxième année (à peine 60-80 visites sur 365 jours), j'en tire finalement des leçons.

Et comme à trente ans, la bedaine est un accessoire dont on ne peut se départir facilement, aussi bien l'entretenir et assumer qu'elle devienne maintenant un atout, dans la recherche d'une compagne, qui y verra certes, un beau coussin confortable sur lequel s'endormir lors de soirées cinéma maison.

D'autant plus que tout plein d'articles qui circulent sur le net stipulent que les « p'tits gros » baisent beaucoup mieux. Faque, faudrait être cave en sacré fesse pour ne plus vouloir bénéficier de ce préjugé très favorable.

J'avais de nombreux préjugés envers le gym justement et plusieurs d'entre eux se sont avérés vrais. Surtout celui où tu paies pour un an et que t'en profite pendant 10 jours.

C'est pourquoi lorsque l'on m'a téléphoné la semaine dernière au sujet de mon abonnement, je leur ai dit que ma santé financière était plus importante que ma santé physique et étant donné que ma fréquence de visites dans les trois derniers mois était tombée à 0 sous le mercure, je testerai donc le marché des douchebags autonomes, jusqu'à ce que l'on m'offre un abonnement gratuit.

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