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Emploi-Québec et Badoo: même combat!

14/08/2014 09:16 EDT | Actualisé 03/03/2015 11:30 EST

La recherche d'emploi et celle de l'âme sœur se ressemblent à plusieurs niveaux. Dans les deux cas, chacun traine son bagage d'expérience avec ses bons moments, mais aussi ses moments moins glorieux. Dans un cas comme dans l'autre, il est préférable d'omettre la mention des moments les moins illustres, sans quoi vous pourriez être jugés injustement, pour une ou des erreurs de parcours ne représentant pas qui vous êtes vraiment, ainsi que votre réelle valeur sur le marché.

Autant pour le travail que pour la recherche d'une âme libre esseulée compatible, on y retrouve deux types de marchés : le marché ouvert et le marché caché.

Le marché ouvert désigne les gens ou les entreprises qui recherchent activement. Soit par l'entremise d'un site web, d'affichage public ou encore, de petites annonces classées.

Les sites de rencontres et de recherche d'emploi abondent de nos jours. Les emplois et les relations amoureuses sont à un tel point éphémères qu'il est nécessaire d'avoir des outils de recherche rapides et efficaces, pour pouvoir «se revirer sur un dix cennes» après un échec.

Quand je pense à «outil de recherche rapide», je ne peux m'empêcher de faire des comparatifs entre Badoo et Emploi-Québec. À eux deux, ce sont probablement les deux pires sites existants dans leur vocation respective.

Loin d'offrir «la crème de la crème» à leurs utilisateurs, on y retrouve des employeurs et des candidats qui demandent la lune et qui pourtant, ont bien peu à offrir.

Avec des annonces comme :

« Mère monoparentale de 3 enfants de 4 pères différents sur le BS recherche bel homme ambitieux ayant fait la couverture du Magazine Forbes à multiples reprises pour amitié d'abord... et on verra par la suite. ;) »

Avec des milliers d'annonces du genre, Badoo ne nous apparait pas comme un outil de drague très sérieux...

« Doctorat en inspection sanitaire, minimum 15 ans d'expérience. Salaire offert : 11$ de l'heure. »

Voilà le style d'offres d'emploi que nous pouvons régulièrement voir sur le site d'Emploi-Québec. C'est pourquoi dans mon livre à moi, Emploi-Québec, c'est le Badoo des sites de recherche d'emploi. Je ne crois pas me tromper en affirmant que très peu de gens pourront un jour affirmer avoir trouvé leur carrière de rêve ou la personne idéale grâce à ces outils «de base».

Il y a certes plusieurs bons sites pour la recherche d'emploi tel que le «Facebook professionnel» qu'est LinkedIn, car il t'offre la possibilité d'être directement en contact avec des employeurs potentiels, grâce à l'établissement d'un réseau de contacts en ligne via ce site de réseautage social.

On pourrait croire que Facebook offre le même genre d'opportunité au niveau des rencontres, car il est possible d'être mis en contact avec quelqu'un et d'en faire la connaissance via ton réseau d'amis. Sauf que Facebook affirme lui-même ne pas être un site de rencontre et encourage fortement de ne pas ajouter les gens que l'on ne connait pas déjà en personne. D'ailleurs, bien des femmes ayant reçu des images ou des messages choquants abonderont dans le même sens. Sauf que l'ironie de la chose, c'est qu'un réseau social doit servir à socialiser, alors vous comprendrez que c'est un peu contradictoire.

Sans avoir trouvé la perle rare, je dirais que Facebook m'a souvent permis de mieux connaître certaines personnes, ainsi que de faire des merveilleuses rencontres, tout en développant de nouveaux liens avec des gens avec lesquels je ne croyais même ne pas avoir d'affinités.

On a beau dire ce qu'on voudra sur le fait que Facebook n'est pas l'endroit pour se chercher un emploi ou une blonde/chum. Mais s'il est possible de vendre un cossin qu'on a acheté en 1997 et dont on ne s'est jamais servi pour à peu près le même prix en 2014, pourquoi ne pourrions-nous pas tenter de s'y vendre nous-mêmes? Après tout, Facebook regroupe les mêmes gens qu'il est possible de croiser à l'extérieur, puisque la quasi-totalité de la planète s'y retrouve.

L'affichage public peut bien fonctionner pour la recherche d'un candidat spécifique pour un poste particulier ou pour retrouver son chat. Je ne le conseillerais pas par contre dans la quête de l'âme sœur, bien qu'on ne sache jamais vraiment...

L'originalité attire la convoitise, donc mettre sa photo sur un poteau de téléphone avec son numéro de téléphone pourrait peut-être rapporter d'étonnants dividendes, mais personnellement, je miserais tous mes sous sur le «coup au téléphone», comme résultat potentiel le plus positif.

Les petites annonces classées dans le journal ont longtemps fait le travail dans les deux cas qui nous intéressent. Mais puisque la plupart des gens ne se servent désormais de la presse écrite que comme napperon au Tim Hortons pendant qu'ils pitonnent sur leur téléphone intelligent, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que cette stratégie est de plus en plus désuète. Surtout au niveau de la quête d'amour, puisque trois lignes qui nous décrivent Manon et ses passions ne suffisent pas pour attirer la curiosité. En 2014, «Fuck les blind date!» On souhaite voir à qui on a affaire, avant de prendre la peine de se préparer et de se déplacer pour une rencontre.

Le marché caché est fort probablement le concept le plus intéressant pour l'un et l'autre des cas exposés. Par marché caché je ne veux pas parler d'individus qui font comme s'ils n'étaient pas en couple ou encore d'un employeur qui recherche secrètement un employé pour remplacer un employé fort efficace, mais avec lequel il pourrait avoir certaines divergences d'opinions.

Je parle du bouche-à-oreille, je parle des opportunités qui ne sont pas clairement affichées sur le marché. Un ami, une connaissance qui t'informe de l'ouverture d'un poste à son travail ou encore de sa copine célibataire qui a un peu plus à offrir que le simple fait d'être «fine, fine, fine».

«Ce travail semble fait sur mesure pour toi!»

«Cette personne et toi avez les mêmes intérêts, je vous verrais tellement ensemble.»

Sont des choses que l'on aime bien entendre, lorsqu'elles nous semblent crédibles. Qui de mieux placé pour nous informer de la qualité de vie au sein d'une compagnie qu'une personne proche de soi qui y travaille? Le travail étant souvent l'un des sujets de discussion principaux des 25 à 45 ans, il est très facile de voir si quelqu'un se plait où non à l'endroit où il/elle travaille. Donc, c'est beaucoup plus simple pour nous de se faire une idée à savoir si ce lieu de travail nous conviendrait dans la perspective d'une potentielle embauche.

Un ou une ami(e) qui a quelqu'un à te présenter dans le but de vous matcher, ne te présente pratiquement jamais ce qu'il/elle à de mieux visuellement dans son cercle d'amis, car en général, des gens plus opportunistes ont déjà mis le grappin dessus. Mais ce qu'il y a de bien avec cette technique, c'est quand les gens n'essayent pas de te refiler les « restants » de la gang. Un ami commun qui vous connait très bien tous les deux connait vos préférences physiques et psychologiques. Il risque donc, s'il/elle est bien intentionné, de vous mettre en contact avec quelqu'un qui risque de vous plaire.

Ce qu'il y a d'intéressant, avec les moyens dont on dispose aujourd'hui, c'est qu'il vous est au moins possible de confirmer que le côté look vous plait vraiment, grâce à votre entremetteur/entremetteuse qui vous offre une visite guidée du Facebook de la personne proposée. Ses 10 dernières publications vous donnent également une bonne idée de sa personnalité, à savoir si elle est une personne négative/positive, chialeuse/enthousiaste, drabe/drôle, instruite/pas le crayon le plus aiguisé de la boîte.

Être mis en contact avec quelqu'un qui nous plait par un ami n'est pas toujours un gage de succès, car il y a plusieurs impondérables, mais c'est quand même beaucoup mieux que de prendre le risque un soir donné d'aller dater quelqu'un qui n'est pas à la hauteur de la marchandise qu'il/elle vend sur les zinternettes.

Comme c'est le cas pour la distribution de curriculum vitae en personne, l'approche directe fonctionne toujours, mais elle est de moins en moins prisée, car avouons-le en 2014, on a souvent peur de déranger, tout en ayant encore plus peur de se faire déranger dans les moments les plus inopportuns.

Somme toute, il y a plusieurs moyens mis à notre disposition pour trouver ce que l'on cherche dans la vie. La méthode étant souvent moins primordiale que le résultat, libre à chacun d'utiliser la recette qui lui convient. Comme ce sont deux domaines où la seule garantie offerte est l'incertitude, il est toujours plus favorable d'avoir un plan d'attaque bien précis.

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