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Budget fédéral 2017: miser sur l'innovation

02/03/2017 09:22 EST | Actualisé 02/03/2017 09:26 EST

Le prochain budget du gouvernement fédéral devrait en principe se concentrer sur la croissance, en ciblant certains secteurs de l'économie, ainsi que sur la stimulation de l'innovation, si l'on en croit les recommandations qu'on fait un groupe d'experts au ministre des Finances du Canada.

Bien que la croissance et l'innovation soient toujours bonnes à prendre, il y a néanmoins une bonne et une mauvaise façon de les favoriser. La bonne, c'est de permettre aux entreprises d'investir elles-mêmes et de conserver des règles de jeu équitable pour tous les secteurs de l'économie: aéronautique, mines, agriculture, énergie, sciences de la vie, fabrication, services, et j'en passe, tous doivent être mis sur un pied d'égalité.

La croissance et l'innovation sont des buts très nobles. Par exemple, c'est grâce à la croissance et à l'innovation que l'espérance de vie est passée d'environ 35 ans au début des années 1800 à plus de 80 ans aujourd'hui.

Seulement depuis les années 50, les Canadiens ont gagné une douzaine d'années de vie. Les grands-parents vivent plus vieux et voient leurs petits-enfants grandir.

Que s'est-il passé? Nous sommes mieux soignés dès la naissance et tout au long de notre vie. La mortalité infantile a diminué, le traitement des maladies cardiovasculaires, des cancers, du diabète a aussi été amélioré. On peut vivre avec, ou même guérir, de maladies qui annonçaient une condamnation à mort il y a seulement une ou deux générations.

Ce n'est pas le fruit de la chance, mais le résultat de l'innovation, qui nous a donné accès à de meilleurs traitements et médicaments, et de la croissance, qui nous a donné les moyens de nous les offrir.

C'est aussi entre autres grâce à la croissance et l'innovation que le niveau de vie a augmenté fortement pendant la même période, à un tel point que les statistiques ont du mal à le mesurer. Les estimations vont d'un facteur de 16 à un facteur de 100 ou, autrement dit, de 10 000 % !

Le chiffre lui-même n'est pas tellement important, ce qui compte c'est que les parents voient leurs enfants vivre mieux et plus confortablement qu'ils ont vécu eux-mêmes. Mais cela donne une idée de l'effet de l'innovation et de la croissance sur nos vies, au-delà de l'impact strictement « économique ».

Quand les gouvernements s'en mêlent

Cela étant dit, lorsque les gouvernements tentent de créer la croissance activement, en appuyant certains projets plutôt que d'autres, ou en investissant des deniers publics au lieu de laisser les entreprises investir et innover, ils peuvent causer le résultat inverse. Il y a plusieurs raisons pour cela.

D'une part, il est impossible de prévoir l'avenir. Certaines entreprises investiront malheureusement pendant plusieurs années dans la recherche et le développement, sans grande trouvaille. C'est pourquoi on a besoin de politiques d'innovation et de croissance qui laissent des chances égales à toutes les entreprises et à tous les secteurs d'activité, et qui ne favorisent pas à l'avance de perdants potentiels au détriment d'éventuels gagnants.

Même lorsque le gouvernement ne choisit pas les gagnants et les perdants, il peut être tenté de stimuler la croissance et l'innovation en investissant lui-même. Même si on imagine mal des gouvernements qui sont incapables de simplement s'assurer que leurs employés soient payés correctement prendre en charge les décisions complexes liées à la recherche médicale, pharmaceutique, ou aux télécommunications, pour ne nommer que ces secteurs, les gouvernements se trouvent à prendre de telles décisions lorsqu'ils accordent des subventions.

La dépense publique peut créer des emplois dans le secteur public, mais aucun emploi durable dans le secteur privé.

C'est une erreur. Les études démontrent qu'une augmentation de la dépense publique ne stimule pas la dépense privée et a même pour effet de la réduire de façon importante dans la plupart des cas. La dépense publique peut créer des emplois dans le secteur public, mais aucun emploi durable dans le secteur privé.

Au contraire, lorsque l'État concurrence moins l'économie privée pour recruter les travailleurs et pour utiliser du capital, l'investissement privé prend le relais. Il faut aussi reconnaître que, bien souvent, lorsque les gouvernements se mêlent d'investissement dans les projets innovants, ce n'est pas pour des raisons économiques, mais bien politiques, voire électoralistes.

Si le gouvernement fédéral veut favoriser la croissance et l'innovation dans son prochain budget, il devrait retirer les barrières réglementaires et fiscales qui ralentissent les investissements et laisser les entreprises investir elles-mêmes, plutôt qu'intervenir davantage. Qu'on se le dise, la croissance et l'innovation sont des choses qui arrivent lorsque l'État intervient moins dans l'économie, pas lorsqu'il est plus présent!

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