Dans le débat qui fait toujours rage sur la hausse des droits de scolarité, un aspect important de l'enjeu de cette hausse est peu discuté sur la place publique, malgré le fait qu'il semble que cet aspect soit fondamental pour le gouvernement de Jean Charest. En effet, de l'aveu même de notre gouvernement, un des enjeux de cette hausse des droits de scolarité consiste à permettre aux universités québécoises d'atteindre un niveau de ‹‹classe mondiale››. Par contre, notre gouvernement est avare de détails sur ce qu'il entend par là. Il nous semble pourtant indispensable de connaître les objectifs qu'il vise afin de légitimer cette hausse qui semble, à première vue, injustifiable lorsqu'on sait qu'elle affectera l'accessibilité de certains étudiants québécois. Qu'est-ce qu'une université de classe mondiale? Pour qui et pourquoi?
Définition d'une université de rang mondial
Dans un rapport de la Banque mondiale, publié en 2009 (Le défi d'établir des universités de rang mondial), sont définis les piliers fondamentaux devant mener à une nouvelle économie mondiale du savoir et le rôle indispensable que sont appelées à jouer les études supérieures dans cette nouvelle économie. En effet, l'enseignement supérieur a un rôle central à jouer dans les quatre piliers à atteindre, notamment dans la ‹‹formation d'un capital humain fort›› et pour ‹‹contribuer à un système d'innovation national efficient››.
Une université de rang mondial devra pouvoir remplir ces fonctions, notamment en mettant l'accent sur la recherche de pointe et en ‹‹produisant des diplômés hautement qualifiés›› très demandés sur le marché du savoir. Ces scientifiques et ces chercheurs sont ceux qui publient dans les meilleures revues scientifiques. Telle est la définition que donne la Banque mondiale d'une université de rang mondial. Une université de ce calibre met l'accent sur la recherche et non plus sur l'enseignement, car l'objectif est désormais de ‹‹produire un capital humain››, comme des scientifiques et des professionnels jugés indispensables. En somme, il s'agit d'une université au service du développement et de la croissance au sein d'une nouvelle économie du savoir, plutôt qu'un lieu dans lequel le savoir et l'enseignement de la personne humaine sont valorisés. Ce processus dans lequel les professeurs d'université se consacrent de plus en plus à la recherche au détriment de l'enseignement - qui est de plus en plus dispensé par des chargés de cours - est d'ailleurs déjà entamé dans nos universités à l'heure actuelle. Dans son petit ouvrage, Je ne suis pas une PME, Normand Baillargeon explique très bien la mise en place au Québec d'une université où la recherche se fait de plus en plus au service de l'économie et de l'entreprise privée.
Un point à retenir est que ne se proclame pas université de rang mondial qui veut. Comme le souligne le rapport lui-même, ‹‹le statut d'élite est plutôt conféré par le monde extérieur sur la base d'une reconnaissance au niveau international››. À cet égard, ce qui est intéressant mais inquiétant de constater est que parmi les vingt premières universités de classe mondiale telles que classées par THES et SJTU en 2008, toutes sont des universités techniques, technologiques ou économiques de langue anglaise, à l'exception de l'Université de Tokyo, qui dispense toutefois de nombreux programmes en anglais. Ainsi, nous avons un bref aperçu du critère qui définit et détermine l'idéal à atteindre pour qui veut ériger une université de classe mondiale.
Dans un monde qui se mondialise sur la base du marché néolibéral et dans lequel la langue anglaise est la langue uniformisante, les universités de rang mondial sont évidemment des universités qui répondent aux besoins du marché du savoir et qui le font en anglais. Dans ce contexte, une université prestigieuse comme la Sorbonne, qui dispense un enseignement en français et qui se concentre sur les arts et les humanités, ne peut évidemment prétendre appartenir au club sélect des établissements de classe mondiale.
Le rôle du gouvernement
Un aspect important du rapport de la Banque mondiale met l'accent sur le rôle indispensable des gouvernements nationaux dans la mise en place des universités de rang mondial. Entre autres, le gouvernement doit s'assurer d'un financement public adéquat visant à répondre aux coûts élevés entraînés par ‹‹la mise en place des infrastructures de recherche de pointe››. Ici, le lien entre la hausse des droits de scolarité et le besoin accru de ressources afin de répondre aux exigences mondiales est flagrant. Dans un contexte où notre gouvernement est lourdement endetté et n'est pas en mesure de financer nos universités, les hausses des droits aux étudiants québécois visent à répondre aux besoins financiers accrus pour la ‹‹recherche de pointe›› et pour favoriser le recrutement des meilleurs étudiants étrangers au sein de la concurrence qui se met en place entre les universités du monde. Tout ce processus vise ensuite à faciliter l'accréditation de la ‹‹prestigieuse›› appellation d'‹‹université de classe mondiale››.
La question est de savoir si les étudiants québécois sont prêts à payer davantage uniquement pour que leurs universités soient reconnues internationalement par une minorité d'individus se basant sur les critères d'un marché mondial néolibéral et pour répondre aux besoins des entreprises privées. Dans le débat actuel sur la hausse des droits de scolarité, cet enjeu fondamental mérite d'être davantage discuté.
Plusieurs intervenants et commentateurs se sont récemment demandés comment il se faisait que notre gouvernement renonce aussi sèchement aux objectifs qu'avait fixé le rapport Parent en 1964, objectifs qui visaient éventuellement à rendre l'éducation gratuite pour les étudiants québécois du primaire à l'universitaire. La réponse à cette question est simple : si le système d'éducation préconisé par le rapport Parent visait, lui aussi, à répondre aux exigences du monde du travail de la société moderne, il visait également et surtout à répondre à des critères philosophiques humanistes inspirés, notamment, du personnalisme dans lequel l'épanouissement de la personne humaine devait se faire au sein du système éducatif. C'est ce qui motivait les commissaires à préconiser la gratuité pour tous afin que chaque personne puisse avoir accès à ce système perçu comme le lieu de prédilection pour lui permettre de s'épanouir. Les études supérieures telles que préconisées par les grandes instances mondiales à l'heure actuelle sont influencées uniquement par une philosophie néolibérale mettant l'accent sur le marché mondial, la concurrence et l'économie comme voies du progrès. C'est évidemment cette dernière voie que préconise le gouvernement Charest.
Le problème qui se pose lorsqu'on veut connaître le bien-fondé de la hausse des droits de scolarité, c'est de savoir si la population québécoise est en accord avec l'orientation donnée à sa société et à son système d'éducation par notre gouvernement, orientation qui n'émane visiblement pas d'elle, mais plutôt d'une élite mondialisée qui poursuit ses propres objectifs.
Ainsi, TOUS CEUX qui le veulent obtiendront un diplôme de premier cycle, dans la spécialité de leur choix. Leurs performances aux études, pour le premier cycle, détermineront qui pourra continuer vers les niveaux de maîtrise et doctorat; ceux qui auront choisi la voie de la facilité, en prenant, par exemple, 1-2 années de plus pour compléter le premier cycle, se verront désavantagés quand viendra le temps de déterminer où les subventions de recherche et d'études supérieures.
Décidément, vous avez la paranoïa du PQ, du Bloc, ou de tout ce qui porte le flambeau de l'indépendance, m'enfin ! Ça se soigne ! Faites-le vite ou déménager car l'indépendance viendra un jour, c'est M. Ignatief qui l'a dit, un de vos grands prêtres !
Moi aussi, je me suis questionné du pour qui et le pourquoi des universités de classe mondiale ! J'ai appris dans mes quelques cours universitaires que les recherches universitaires, le plus souvent anglo-saxonnes même si la production se fait au Québec, Laval ou UdeMontréal, ne servent à pas grand-chose. Comme disait le Général de Gaule: « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche.»
Alors, vouloir se comparer à Harvard, Princeton, McGill, ou autres ne sert à rien ! Il n'y a que la psyché politique qui y trouve son compte, mais cela n’ajoute rien à la valeur sociale de l'éducation.
Alors, M. Réflexion, que pensez-vous de l'éducation dans l'organisme social ? À quoi sert-il ? Est-il important ou non ? Fait-il partie de la branche économique ou culturelle ? Est-ce qu'il doit être inféodé par la branche politique et/ou économique ? En fait, est-ce que l’on prépare des personnes capables de penser et de réfléchir ou bien veut-on simplement préparer des robots pour le marché du travail ?
Je poursuis mes réflexions !
« L'université de Liverpool est également sur le point de fermer plusieurs départements où la qualité de la recherche est jugé insuffisante, selon les critères de l'AERES locale (Research Assessment Exercise). Il s'agit des départements de philo, statistiques, sciences politiques et communication, et il y a également des menaces sur la socio, études américaines et plusieurs départements de recherche médicale. Il faut bien "restructurer" quand ça ne va pas, c'est de la bonne gestion... Les présidents d'universités britanniques ne se plaignaient-ils par récemment de ne pas être payés à la hauteur des "autres chefs d'entreprise » ?
http://www.journal-online.co.uk/article/5631-staff-threaten-to-strike-as-liverpool-university-plans-to-close-departments
Charest prend la population pour des analphabètes fonctionnels
Veut-on une université de classe mondiale au Québec, peut-on se le permettre? Si l'université ne sert qu'à fabriquer des travailleurs très qualifiés, alors a-t-on réellement besoin de tous ces étudiants? Si l'université sert aussi à fabriquer des citoyens épanouis parce qu'elle considère que ces mieux pour elle, alors c'est la société qui est l'utilisateur et non l'étudiant et dans ce cas le rapport Parent avait raison.
L’individu se trouve relégué au statut d’entrepreneur, responsable de lui-même et de lui seul et doit gérer sa vie comme s’il était une entreprise. Les étudiants doivent intérioriser les règles du marché et se transformer en entrepreneurs d’eux-mêmes. Cette réduction de l’humanité aux fonctions d’une calculatrice est une forme de dérèglement de l’esprit, une pathologie nocive.
Moins de 1% du budget total des universités provient de la commercialisation de la recherche. Ces revenus sont faibles parce que les licences sont cédées trop tôt. On assiste ainsi à une appropriation de la recherche financée en très grande partie par le public par le secteur privé. Une autre PPP qui ne favorise que les riches. Cette activité commerciale ne rapporte rien aux universités et équivaut à financer publiquement de la recherche pour les entreprises privées qui en récoltent tous les fruits.
Le prétendu sous-financement est en fait un prétexte pour rendre socialement acceptable le fait de financer l’outillage des universités pour la concurrence en recherche au bénéfice des entreprises.
Autrefois, ce qui avait de la valeur n’avait pas de prix; aujourd’hui ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur.
Alors les sociologues...
Oui a une culture generale, plus poussee au primaire, au secondaire, et meme dans les colleges, mais poussons une specialisation bien encadree dans nos universites?
Un souhait:
Souhaitons leur un 'effort en adequation avec les niches de devellopement les plus prometteuses, en accord avec les entreprises de haut niveau. Est ce une marchandisation? Non je crois que le model Allemand qui fait succes en Europe demontre le succes de cet etat d'esprit.
De plus on ne parle jamais assez des colleges professionnels techniques, qui peuvent former des travailleurs hautement demandes... La encore le model Allemand devrait etre examine, ou l'on voit une imbrication formelle entre les entreprises et les futurs ouvriers specialises.
Etudier , philosopher pendant X annees sur le sexe des anges en sciences dites sociales? n'a pas nourri grand monde, mais quoique pour certains peut etre? ,
C'est pourquoi j'affirme que l'action du PQ, exclusivement orientée pour nous faire passer tout ce qui vient d'ailleurs comme mauvais, pour forcer une issue par réaction émotive genre "ras-le-bol" échoue naturellement à chaque tentative et nous fait reculer.
Imaginez si ces derniers 39 ans ont avait fonctionné en harmonie avec notre Pays, on serait non seulement la Première Province du Canada mais on aurait continué à inover et la qualité de notre Français se serait améliorer sans freiner le développement bilingue.
Il faudra bien que le Québec se libère du PQ comme il l'a fait sans hésiter avec le Bloc pour nous donner un futur réellement actif, non basé sur des rêves et des slogans vides n'en déplaise aux petits amis de Radio Canada.