Mon directeur de maîtrise, humaniste au savoir encyclopédique, nous disait avec un petit sourire en coin : «Les Anglais font des réformes et les Français font des révolutions.» Et les Québécois font des révolutions tranquilles, ai-je pensé.
J'ai passé deux des plus belles années de ma vie au XVIIIe siècle et je m'y réfugie encore parfois, au milieu d'une rêverie révolutionnaire anachronique.
Ottawa, début du XXIe siècle, le gouvernement conservateur entiché de la tradition monarchique anglaise, propose des « réformes » intolérables : Loi C-10 sur la justice criminelle, projet de loi C-32 sur les droits d'auteurs, projet d'abolition du registre des armes à feu, retrait de droits de grève, retrait du protocole de Kyoto et j'en passe. Il devient coutume d'adopter des lois à grands coups de bâillon.
Dans quelques années, les historiens pourraient parler des Lois intolérables du gouvernement Harper en référence aux Actes intolérables qui ont mené à la Révolution américaine. Quel sera le point de rupture? Qui prendra la Bastille?
Sans être devins ou futurologues, nous savons bien que nous ne pourrons pas continuer à vivre comme nos parents. Nous devinons à peine les sacrifices que nous devrons faire au cours des prochaines années
Quand on évoque les révolutions, plusieurs voient l'image d'une foule enragée brandissant des têtes coupées au bout d'une fourche. Même si nous gardons nos têtes bien vissées sur nos épaules, les affrontements risquent de se multiplier, et la révolution d'être beaucoup moins tranquille si personne n'écoute.
Et si nous convoquions des « États Généraux » pour repenser en profondeur nos priorités et la distribution des richesses? Est-ce que les jeunes, les boomers, les riches, la classe moyenne et les pauvres défendront leurs privilèges chacun dans leur coin? Est-ce qu'on arrivera au contraire à s'unir devant des ennemis communs? Que ces ennemis se nomment Harper, le réchauffement climatique, la vente à rabais de nos ressources ou la contre-révolution!
L'étincelle ne s'allumera peut-être pas dans notre ancienne colonie française, mais mon espoir d'assister à de profonds changements sociaux au cours de mon existence semble de plus en plus réaliste.
Dans ma rêverie anachronique, le mouvement des indignés me rappelait la marche des femmes de Paris à Versailles pour réclamer du pain à Louis XVI en octobre 1789.
Enfant de la classe moyenne née au milieu des années 70, je n'ai jamais manqué de pain ni de Nutella. Je suis de cette génération qui a marché pour la Loi 101 au Cégep, qui a nourri de grands espoirs en 1995 et qui s'est réfugiée dans le travail, les nouvelles bébelles « révolutionnaires » et un mini baby boom bercé par nos rêves fragiles de famille fonctionnelle.
Je n'étais pas à Berlin quand on a démoli le mur, mais j'étais à San Francisco le soir de l'élection de Barack Obama. C'est là que j'ai senti pour la première fois l'extase collective, la joie qui éclate à chaque coin de rue, les larmes qui coulaient malgré moi. C'est si bon de gagner quelque chose de plus grand qu'une coupe Stanley! Je me suis permis de croire à de grands changements, même si tout le monde savait que les obstacles seraient de taille.
Nous sommes de véritables cancres quand il s'agit d'apprendre les leçons de l'histoire. La lecture de la « Brève histoire du progrès » de Ronald Wright devrait finir de vous en convaincre. N'empêche que j'espère contribuer à un nouveau point sur la ligne du temps au XXIe siècle. Un gros point sans taches de sang, sous lequel il sera inscrit « Adoption d'un nouveau système mondial de distribution des ressources et de la richesse. »
Et non, Internet n'est pas la Révolution, c'est un moyen de communication, un moteur à propulsion rapide de l'information. Quand les jeunes sont dans les rues, Jean Charest ne peut pas écrire dans son journal : « Aujourd'hui, rien » comme Louis XVI, le 14 juillet 1789. Quoique...
Au XXIe siècle, on s'intéresse tellement à la technologie et si peu à l'Homme que je n'ai pas pu suivre les traces de mon professeur, le dernier humaniste qui a pris sa retraite peu après ma graduation.
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Quitte à vous surprendre, Chuck Guitté exprimait la vérité et la perception d’Ottawa, lorsqu’il parlait des commandites, lors de la commission Gomery : « Nous étions en guerre! ».
http://www.ledevoir.com/politique/canada/73173/commission-gomery-charles-guite-un-modele-a-suivre
Quand René Lévesque prit le pouvoir le 15 novembre 1976, Roméo Leblanc était ministre de Trudeau et il avait dit que face aux séparatistes que le Conseil des ministres du Canada devenait un ''war room''.
Etes-vous donc en train de dire qu'au lieu du discours sur l'impératif de la création de la richesse, une façon élégante de parler de croissance économique, on pourrait aller vers un discours sur la croissance de l'être humain? Éducation, ouverture d'esprit, partage, effort collectif pour assainir notre environnement, réinsertion sociale des exclus en fonction de leurs talents, libération de la créativité, protection de toute forme de vie? Bien, moi j'embarque!
Et bien voilà tout est là ! L'intelligence n'est pas le fait de ne pas faire d'erreurs mais bien de ne pas refaire les mêmes. Il y a longtemps que j'ai conclu que, finalement, l'homme n'est pas intelligent.
Ensuite, bien sûr l'humain a fait quelques pas en avant mais, un grand pas en arrière avec la surconsommation. Le monde économique dans lequel nous vivons est tout simplement impossible et ridicule. Il reste en vie que grâce au surendettement. Le facteur humain n'est absolument jamais prit en compte dans les décisions des grands manitous de la finance. Effectivement, ils manient tout. Il ont réussi à détruire la synergie naturelle qui a permit à la société d'évoluer. Par exemple, avant, c'est la communauté locale qui éduquait les enfants. Aujourd'hui, c'est les entreprises.
Selon moi, l'argent est l'outil qui a servit à détruire la valeur réel du travail. Par exemple, les agriculteur qui travail 7 jours semaines, 12 heures et plus par jour et qui arrivent à peine à faire 30k$ par année mais, un spéculateur en bourse qui ne vend rien, ne produits aucun bien ou service, se fait des millions avec du vide...
Pour finir, et là je vais y aller avec mon légendaire sarcasme, effectivement l'histoire du progrès a été brève. ;-)
Blague à part, notez que votre article permet de voir qu'il y a encore une petite flamme qui veille dans ce qui reste de l'humain et, justement, nous voilà peut être rendu à redécouvrir son feu sacré... merci à vous.
Ces 'lois intolérables' ont été clairement annoncées lors de la dernière élection. Harper a fait ce qu'il a promis. Est-ce que je suis d'accord? Non. Est-ce que je juge les lois intolérables? Oui.
Mais à force de pointer du doigt Harper comme 'l'ennemi', on oublie que ce sont beaucoup de citoyens qui aspirent à ces lois intolérables. Sinon, Harper n'aurait pas été élu. Harper reflète de plus en plus l'esprit de la nation - comme Dumont au Québec quand l'ADQ voguait dans les sondages à 40%.
Finalement, la plupart des activistes sont préoccupés à renier le choix de la majorité qui est en faveur du Canada. Résultat? Personne ne porte attention à Harper (Le Halal est bien plus important!). Le Canada stagne et la contribution du Québec au Canada est diluée.
Pour en revenir à la raison pourquoi Harper a été élu: avez-vous vu le taux de participation aux élections? C'est bien beau de râler, mais si on ne vote pas, on n'a que nous à blâmer...