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Avez-vous un profil anxieux?

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Comme être humain, nous avons accès à un large répertoire d'émotions. C'est un privilège, car les émotions nous permettent de goûter à une variété de moments délicieux. Comment les comédiens pourraient-ils travailler sans cette boîte à outils extraordinaire leur permettant de moduler ce qu'ils visent à communiquer. Comment saurions-nous apprendre à devenir humains sans jamais avoir ressenti la paix, l'amour, la joie.

L'anxiété de contexte

La vie est ponctuée d'émotions qui la rendent parfois facile et tantôt difficile. Tout le monde a éprouvé des palpitations, maux de tête, sudation, serrements de la poitrine ou des difficultés d'attention ou des inquiétudes. La plupart des gens vivront de l'inconfort lors d'une entrevue de sélection, d'une épreuve sportive, la veille d'un examen, lors d'un changement d'emploi ou face à une situation menaçante. Ces sources de stress sont liées à des événements précis et disparaîtront en souvenir. Il s'agit d'anxiété de contexte, un mécanisme d'adaptation naturel qui participe à la survie de l'individu. À petites doses, l'anxiété nous protège, mais à doses massives, elle nous rend prisonniers de nous-mêmes.

Quand les symptômes restent

Parfois, les symptômes de l'anxiété ne se résorbent pas même si la situation préoccupante est passée. Il arrive que l'anxiété se manifeste sans raison et que son niveau d'intensité envahisse l'existence. Il peut alors s'agir d'un trouble anxieux. Plusieurs facteurs contribuent au développement des troubles anxieux, dont un déséquilibre chimique des neurotransmetteurs du cerveau, le tempérament, l'environnement dans lequel nous avons grandi, la génétique ou un événement traumatisant. Les problématiques d'anxiété peuvent affecter les enfants, jeunes et plus vieux. Les femmes ont deux fois plus de risque d'être atteintes que les hommes. S'il existe plusieurs formes de problématiques anxieuses, elles présentent toutes des sentiments d'inconfort physique ou mental présents la majeure partie du temps et ont des conséquences sur la capacité de l'individu à accomplir ses fonctions familiales, professionnelles ou sociales.

Le trouble panique

Le trouble panique se déclenche à la manière d'un système d'alarme. Il entraîne une décharge d'adrénaline alors qu'aucune manifestation de danger réel n'est présente dans l'environnement. Cela a pour effet d'accélérer le rythme cardiaque et engendrer des difficultés respiratoires, tremblements, serrements au niveau de la poitrine. Les gens sont alors vivement assaillis par la peur de mourir. Le niveau de stress vécu est alors très élevé.

L'agoraphobie

On peut être affecté par l'agoraphobie lorsqu'on craint de se retrouver dans des lieux ou situations d'où il pourrait être difficile de s'échapper ou de trouver du secours advenant un problème. La personne peut se sentir incapable de sortir de chez elle ou évite les lieux où sont rassemblées plusieurs personnes. Sans aucune raison, elle peut se voir incapable de faire la file d'attente à l'épicerie, au guichet automatique ou de prendre le métro.

La phobie spécifique

Cette phobie cultive une peur importante et irrationnelle à l'égard d'une situation, d'une chose ou d'animaux qui ne représentent pas un danger réel dans l'instant. On pense par exemple à la peur des ascenseurs, peur de voyager en avion, peur des couleuvres, des armes, de l'obscurité, du sang, des orages, de traverser un pont, etc.

La phobie sociale

Il s'agit d'une peur envahissante et incapacitante devant certaines activités sociales non menaçantes telles que prendre la parole devant un groupe, fréquenter les toilettes publiques, être exposé au regard d'autrui, se rendre à une entrevue de sélection, engager une conversation avec quelqu'un. Cette phobie très incapacitante a des répercussions importantes sur la qualité de vie personnelle et professionnelle, car la peur d'être jugé, évalué ou critiqué est omniprésente.

Le trouble obsessionnel compulsif (TOC)

Ce trouble s'exprime par le sentiment d'être envahi de pensées récurrentes et obsessives, tout en sachant que celles-ci n'ont pas de sens. Par exemple, on peut craindre que le rond de la cuisinière soit allumé alors qu'on sait qu'il ne l'est pas. On peut appréhender d'attraper des maladies au contact d'objets usuels ou se sentir obligé de faire des gestes, souvent répétitifs, afin de réduire l'anxiété provoquée par des idées obsédantes. Par exemple, se laver les mains à répétition pour éviter d'attraper des maladies, procéder à des vérifications excessives pour s'assurer que les portes sont verrouillées.

Le trouble d'anxiété généralisée (TAG)

Ici, la personne s'inquiète constamment pour elle-même ou pour son entourage en lien avec des événements réels ou appréhendés, peu probables, et hors de proportion. Par exemple, une personne peut craindre que ses enfants subissent un accident de la route à chaque fois qu'ils quittent pour l'école. Une autre peut s'inquiéter outre mesure à l'égard de ses responsabilités professionnelles ou anticiper des problèmes financiers improbables. La personne généralement anxieuse vit en imaginant le pire et son imagination entraîne énormément d'angoisse, car plusieurs situations au quotidien peuvent être propices à l'anxiété. On dit qu'un tiers de la population en serait affecté et qu'un très grand nombre de ces troubles ne sont pas traités.

La conscience de soi: une alliée incontestable

La conscience de soi est très importante dans la maîtrise de l'anxiété. Par exemple, dès que l'anxiété s'installe, on prendra un instant pour observer les pensées, les images et les sensations physiques associées aux pensées et images. Plus on devient un vigilant observateur de ses pensées et sensations, plus il devient facile de désamorcer le sentiment d'anxiété et ainsi, l'empêcher de nous envahir et faire de nous une victime impuissante. Des activités favorables au lâcher-prise, à la pleine conscience, au détachement personnel ou qui permettent de s'engager activement et de gagner confiance face à la vie sont définitivement à préconiser.

Traitement de désamorçage

Les personnes anxieuses se font souvent dire : «Prend des cours de relaxation, apprend à respirer, calme-toi!» Malheureusement, la relaxation ne sera vraiment pas suffisante. L'important est de créer une saine distance face au discours mental. Je suggère souvent à mes clients de recourir aux trois questions suivantes pour apprendre à créer l'espace mental permettant d'adopter la position d'un observateur critique :

  1. Est-ce que cette pensée est véridique?
  2. Est-ce que cette pensée est bonne (bienveillante) pour moi?
  3. Est-ce qu'elle est utile?

Il est rare qu'une pensée anxiogène puisse survivre à ces trois questions posées successivement. Ensuite, aussitôt le désamorçage réussi, on complète la démarche avec une mise en action (changement de tâche, déplacement, etc.), afin de passer à autre chose. La conscience de soi, l'attention à son activité mentale et le questionnement constructif freinent les stimuli neuronaux qui conditionnent l'anxiété. En se posant des questions qui remettent en question nos pensées, on se trouve à inhiber l'excitation du cerveau limbique d'où provient l'anxiété.

Les manifestations de l'anxiété grandissent, s'amplifient et deviennent de plus en plus persuasives si on laisse une préoccupation s'installer de manière répétée, sans la combattre. Plus on observe attentivement ses pensées, sans les juger et sans réagir émotivement, moins elles surgissent. Plus on leur donne raison, plus elles vivent et survivent. N'hésitez pas à mieux comprendre les divers symptômes associés à l'anxiété et les moyens visant à la maîtriser.

> Institut de pleine conscience appliquée de Montréal
> Le Douglas, institut universitaire en santé mentale
> Institut universitaire en santé mentale de Montréal
> Association canadienne pour la santé mentale, chapitre de Montréal
> La fondation des maladies mentales

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