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Cinq minutes avec Phyllis Lambert à C2 Montréal

29/05/2015 04:30 EDT | Actualisé 29/05/2016 05:12 EDT

Je m'apprête à interviewer la grande dame de l'architecture, madame Phyllis Lambert. Des dix minutes promises, on ne m'en accorde que cinq. C'est qu'elle est un personnage important dans le paysage canadien de la philanthropie et de la protection du patrimoine architectural. Fondatrice du Centre d'Architecture du Canada, elle croit qu'il est essentiel à la bonne santé d'une société que les espaces de vie et de travail soient intégrés à leur environnement. C'est à cela que sert l'architecture : une espèce d'enveloppe bienveillante à la vie sociale.

N'étant pas journaliste, mais blogueuse, j'ai le privilège d'adopter n'importe quel angle pour un billet de mon cru. Pour une « entrepreneure culturelle » (mon titre pour le Huffington Post), et productrice de culture pour la télé (mon rôle dans la société), évidemment que je veux discuter de l'importance de l'art dans nos sociétés. Mais n'est-ce pas un peu mince? Ou plutôt trop vaste?

Je m'approche de Phyllis Lambert. Intimidée. Espérant penser à une question qui n'a pas été posée. Mon chum propose que je l'interroge sur « son attachement particulier pour Montréal alors qu'elle pourrait être une citoyenne du monde » (sic) et puisqu'il est de Québec city, ce qu'elle pense de la construction de cet horrible hôtel (Royal?) à côté de la Place d'Youville ou de l'interpeller comme une « activiste de l'environnement bâti » (re-sic). Il est intelligent, mon chum. Politisé. Il a aussi l'approche bulldozer de l'entrepreneur né. C'est lui qui m'a poussée à la rencontrer: « Vas-y, tu en rêves! » Il avait bien raison.

Voilà, je suis assise devant Phyllis Lambert. Une dame à l'âge plus que vénérable, au regard vif et droit. Elle en a vu d'autres, mais elle est généreusement présente. Et je me demande si son long collier composé d'une infinité de petits piments rouges brillants est un avertissement: attention je peux piquer.

Je me lance. Et ça fait du bien de l'entendre me dire que l'essentiel, au-delà de manger et se vêtir, c'est de vivre dans un environnement, des rues et des espaces publics qui touchent l'âme. Parce que lorsqu'elle est touchée, l'esprit se met à penser et à créer des choses plus grandes que soi et à influencer sa vie et son environnement positivement. Et il n'y a pas d'âme sans art. La boucle est bouclée.

« Et que pensez-vous de la destruction des citées antiques au Moyen-Orient? »

Silence pesant et douloureux : « C'est immonde... Immonde.»

« Que pouvons-nous faire nous les Occidentaux? »

« Chérir l'environnement que nous avons. Essayer de l'améliorer, pas de le détruire. »

Un cinq minutes condensé d'intelligence et de sensibilité qui clôt cette édition ma foi presque philosophique de C2 Montréal. Merci.

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