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C2-MTL: le visionnaire myope

28/05/2014 10:48 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Je retrouve la même atmosphère qu'à l'édition 2013 de C2-MTL. Riche en stimulus visuels. Décors futuristes sur fond de recyclage industriel. Crowd branchée. Musique électronique et introduction musicale appréciée de Patrick Watson. Malgré le froid et la pluie - adieu balade à bicyclette sur le Canal Lachine - il y a de l'excitation dans l'air.

D'emblée, cette première journée de conférence m'a rassurée sur un point; l'outil essentiel du visionnaire n'est pas Twitter ou Facebook, mais bien le rapport à l'humain et à la collectivité. Dans le sens du contact vrai, en chair et en os. Ouf!

Après avoir dressé un sombre portrait de la situation géopolitique, économique et sociale planétaire actuelle, la guru du futur Noreena Hertz nous donne sa recette secrète pour se tirer d'affaire. Le TTT pour Time To Think. Comment peut-on agir sans réagir si notre pensée est constamment interrompue tant par nos appareils mobiles que par la vie en général.

Logique. Arrêter c'est permettre à une idée d'émerger. C'est être créatif. Le retour à soi comme capteur d'impressions et d'intuitions qui se transforment en décisions éclairées capables de fonctionner dans ce monde en incessants changements. Dur-dur dans notre société hyper active où la réussite ne se calcule normalement pas en heures de méditation. Mais idée dans l'air du temps. J'avais dernièrement commencé à ralentir la course effrénée de mes pensées par une pause, que je n'avais d'ailleurs pas nommée. Simplement un arrêt d'action cérébrale et d'action. J'y pense, elle est là l'utilité de la pause café! Bref, le résultat a été presque immédiat et a ouvert l'espace à une efficacité accrue et à la perception d'opportunités et d'idées. Et tant qu'à marcher sur le terrain risqué de la pensée magique, concevoir que de purs hasards puissent se transformer en d'inspirantes rencontres.

Avec l'entrepreneur inspiré, l'entreprise humaine devrait suivre en droite ligne. Pour l'entreprise éclairée, le profit n'est pas seulement financier, mais humain. Même que le second engendre le premier. Le Prix Nobel de la paix et président de Yunus Center, le professeur Muhammad Yunus, amène le concept plus loin encore avec l'entreprise sociale. Changement de paradigme complet du fonctionnement de la banque conventionnelle puisque l'allocation des prêts, ou microcrédits, suit des principes exactement contraires à ceux des banques. Les prêts sont alloués en majorité à des femmes, qui sont sans le sous, sans taux d'intérêt, pour de petits projets, dans des régions à hauts risques. Le résultat est probant avec un taux de remboursement frôlant les 100%. À priori, ce concept philanthropique est encore plus intéressant que celui de la fondation ou du fonds d'aide puisque le dollar sert infiniment, de prêt en prêt. Où se trouve le profit? Il est humain, local et se calcule sur plusieurs générations.

Ma fibre sociale est nourrie pour un moment encore. Mais une chose me tracasse à savoir si ces penseurs, entrepreneurs, visionnaires savent percevoir le futur. Capteurs ultra-sensibles des tendances actuelles, ne sont-ils pas tout aussi myopes que moi sur l'avenir? L'idée est sans doute de savoir observer le présent. Celui qui sortira du lot aura eu l'intuition de ces mouvements générateurs de l'avenir. Avec tout ça, je me réveille bouddhiste vendredi.

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