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La ministre Maltais doit faire machine arrière

14/03/2013 02:28 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT
PC

Dès ses premiers jours au pouvoir, le Parti québécois reculait sur l'augmentation des impôts des plus riches et n'abolissait pas la taxe santé. Puis il refusait de remettre la taxe sur le capital financier et de geler les droits de scolarité. Et maintenant, le PQ coupe chez les plus démunis pour équilibrer son budget ou...«en prévision» des coupures dans l'assurance-emploi. On se croirait en politique-fiction, dans un téléroman ou...chez Harper! Les libéraux n'auraient même pas osé aller aussi loin dans la discrimination, pour ne pas parler d'écrasement de ceux et celles qui ne peuvent se payer des lobbyistes...

Odieux, pour paraphraser Charest! Réduire le traitement des «dépendants» (narcomanes surtout) pour les mettre à l'emploi? Le comble de l'irréalisme ou du décrochage de la réalité. Espérer qu'une femme monoparentale va trouver une place dans une garderie alors que celles qui sont prêtes à «acheter une place» ne le peuvent même pas? Avec quelques dix dollars en réserve après avoir payer le loyer, Hydro, le téléphone, le câble et nourri (!) la famille (parfois en ayant recours aux banques alimentaires, quand il y a de la nourriture...), ces gens vont payer 5,50 $ en transport pour chaque rencontre d'emploi quand les témoignages fusent du refus des employeurs à engager des BS!

Pire, le directeur de la santé publique de Montréal se dit «vraiment inquiet» sur les conséquences de ces coupures sur la santé des assistés sociaux, dont un bon nombre sont déjà fragilisés par la pauvreté si ce n'est sur l'assistance sociale à cause d'incapacités «invisibles» comme la fatigue chronique, la dépression, etc.

Je suis de ceux qui souhaitent que tous et toutes puissent avoir accès à un emploi valorisant et ne traînent pas avec eux le stigmate du «BS», trop souvent synonyme de paresseux et d'abuseurs. Mais ce n'est pas en forçant des épargnes exigées par l'équilibre budgétaire que nous y arriverons. Nous allons tout bêtement augmenter les coûts de la santé et de l'itinérance, mais probablement aussi pousser une minorité dans la criminalité (travail au noir, vol, prostitution, drogue).

Et si au lieu de couper la ministre exigeait que les hommes qui ont largué la gentille petite femme qui a eu le malheur de tomber enceinte paient la facture? Que les ex-employeurs qui ont poussé certains employés au bout de leur force paient la facture? Que le fédéral cesse de couper dans ses transferts, notamment dans l'assurance-emploi, et assume ses responsabilités plutôt que d'engranger pour acheter ses avions de guerre et subventionner les riches pétrolières?

Le PQ atteint un sommet d'irresponsabilité, pour ne pas parler de mépris, avec ses coupures «surprises» dans l'aide sociale, au moment même où le fédéral annonce les siennes dans l'assurance-emploi. D'autant que le gouvernement ne cesse de flirter avec les chambres de commerce (pétrole, plan nord...) et les agences de notation en répétant «déficit zéro» comme un mantra (rappelons-nous la catastrophe de Bouchard en santé et éducation).

Quand la ministre Maltais avait tendu la main (selon son expression) à la ministre Finley de l'assurance-emploi, j'avais dit qu'elle avait serré la main du diable. Je n'en doute plus!

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